Ils sont 16 millions en France et représentent la moitié de la population active de notre pays. Les Digital Natives a.k.a Millennials sont le futur des entreprises ! Nés avec le numérique, ils vivent avec un ordi depuis tout petit et ne conçoivent plus leur travail sans écran, nouvelles technologies et pluie de data. Geek depuis le biberon, les jeunes diplômés sont les collaborateurs qui permettent aux entreprises d’insuffler du digital dans tous leurs moindres recoins. Mais qui sont les employeurs qu’il leur faut ? Numérique : quelles tendances les entreprises doivent-elles prendre au vol pour matcher avec les attentes des jeunes dip’ en 2021 ?

 

SOMMAIRE

Numérique & Covid… et après ?
Le numérique nous sauvera-t-il de la crise ?
Les GAFAM sont-ils toujours les rois du monde ?
Et si on n’allait plus au bureau grâce au numérique ?
Zoom, Teams… ces applis qui révolutionnent l’interaction professionnelle

Pros du numérique : les tendances 2021
Wanted : Top 5 des métiers les plus recherchés dans le numérique
Toutes les tendances numériques en un clic
Cybersécurité : profils experts recherchés !
Deeptech : quand les scientifiques innovent
IA, droit et éthique, quel cadre ?

Réseaux sociaux, au tableau !
Les réseaux sociaux à la Une
Réseaux sociaux et médias traditionnels : concurrents ou complémentaires ?
Média sociaux en entreprise : quelle tendance ?

 

Numérique et Covid… et après ?

 

Dans le passage du « monde d’avant » au « monde d’après », le digital s’est illustré, pour l’économie mondiale, comme LE pont à emprunter. E-commerce, télétravail, nouveaux échanges et nouveaux usages : digital & Covid… et après ?

 

Le numérique nous sauvera-t-il de la crise ?

« Les technologies numériques ont aidé nos économies et nos sociétés à éviter un arrêt complet pendant la crise de la Covid et nous ont permis d’en savoir plus sur le virus, d’accélérer la recherche d’un vaccin et de suivre l’évolution de la pandémie », déclarait Ulrik Vestergaard Knudsen, Secrétaire général adjoint de l’OCDE, lors du lancement de l’étude Perspectives de l’économie numérique. Mais le numérique est-il vraiment un remède miracle à la crise ?

La crise a en tout cas renforcé notre dépendance à l’égard des technologies numériques et révélé des disparités entre les pays. Alors que certains fournisseurs d’accès à Internet annoncent une hausse du trafic de 60 % depuis mars 2020, l’étude Perspectives de l’économie numérique fait en effet état des disparités d’accès à un internet rapide et fiable. Dans la zone OCDE, la part de la fibre dans les abonnements au haut débit fixe atteint 82 % en Corée et 79 % au Japon, mais est inférieure à 5 % en Allemagne, Autriche, Belgique, Israël ou UK. Les pays de l’OCDE comptent aussi deux fois plus d’abonnements à Internet haut débit mobile par habitant et trois fois plus d’abonnements au haut débit fixe que les pays non membres.

Le digital au secours de la Covid

Disparités donc, mais vraie utilité en temps de crise, ou plus exactement de crises. « Si on parle de crise sanitaire, le numérique aide à accélérer la recherche dans la création de vaccins grâce à des systèmes et un ensemble d’outils liés à l’IA. Il peut aussi accompagner le suivi des personnes malades, si tant est qu’on évite les dérives pouvant tenter certains pays. En termes économiques enfin, les fonctionnalités du télétravail rendues possibles grâce au digital ont limité les dégâts, même si on estime entre 40 et 60 % le nombre d’emplois indématéralisables » indique Loïc Plé, professeur et directeur de la pédagogie à l’IESEG School of Management.

Relocaliser : une tendance numérique à suivre pour les entreprises en 2021

Le numérique étant à même de « créer de nouveau modèles, de nouveaux métiers, de nouvelles façons de travailler et un meilleur équilibre des échanges sur la planète », ne faudrait-il pas alors relocaliser ces compétences trustées par les US et l’Asie pour prendre pleinement part à ce renouveau ? « C’est un faux débat car on ne peut pas se battre sur des secteurs d’activité où on ne sera jamais assez compétitifs sur le facteur prix. En revanche, on peut (voire même, on doit) plus penser aménagement du territoire. Avec la constitution de « hubs » sur un continuum recherche / enseignement / formation / industrialisation, à même de favoriser l’émergence de nouveaux métiers au croisement du management, de la technologie et de la transition écologique, comme nous le faisons par exemple à Grenoble » précise Jean-François Fiorina, DGA de Grenoble Ecole de Management (GEM).

 

Les GAFAM sont-ils toujours les rois du monde ?

+ 35 % pour Amazon, + 17 % pour Facebook, + 13 % pour Microsoft, + 9 % pour Alphabet et + 4 % pour Apple : les 9 premiers mois de 2020 ont marqué, pour tous les GAFAM, une hausse sans précédent de leur CA. Mais ces blockbusters made in USA sont-ils seuls à régner en maître ?

« La scalabilité de leurs modèles qui touchent beaucoup de monde très vite, et leurs outils d’utilisation simples et performants, jouent à plein sur les effets de réseaux et leur confèrent une force de frappe phénoménale » introduit Loïc Plé. Cela s’accompagne d’un phénomène d’auto-renforcement. « Les GAFAM se renforcent parce qu’on les utilise et, de fait, enferment le consommateur dans certains schémas : quand on a acquis un savoir-faire sur Google ou sur Apple on n’arrive plus à arrêter de les utiliser » note Piere Dal Zotto, coordinateur de la Chaire Digital Organization & Society de GEM.

Demain, j’arrête ?

Et pourtant, des alternatives existent, à l’image de Framasoft, à l’origine de la campagne Dégooglisons Internet en 2020. « Elles n’ont pas vocation à pousser à la surconsommation mais plutôt à consommer autrement. A former les citoyens à s’émanciper et prendre en compte les limites des produits et services proposés par les GAFAM, en termes de sécurité et de confidentialité notamment. Car utiliser Gmail, c’est comme si le facteur ouvrait votre courrier avant vous pour y glisser une pub à l’intérieur ! Bien sûr, le process est automatisé mais il faut avoir conscience de l’étendue de l’utilisation et du degré d’hyper intrusion de ces outils » prévient l’expert de GEM.

GAFAM : tout est sous contrôle ?

Il faudrait alors mieux / plus contrôler les informations diffusées par les GAFAM ? « Le numérique est devenu une commodité comme l’eau potable et l’électricité. A la seule différence que des normes, des moyens de contrôle et d’évaluation ont été créés pour sécuriser la consommation de l’eau et de l’électricité. Serait-ce pertinent de faire pareil avec la consommation d’informations permise par les GAFAM ? Non ! Il serait même très grave d’empêcher la circulation de cette forme d’émancipation qu’est l’accès à l’information » rappelle Piere Dal Zotto.

Il n’y pas qu’Amazon dans la vie !

Des enjeux d’autant plus cruciaux que les confinements successifs ont accru le nombre d’utilisateurs du numérique, que ce soit pour travailler à distance, ou pour consommer. Une utilisation plus massive et plus diverse qui a parallèlement permis de « mettre en lumière les limites des GAFAM et de faire naitre des alternatives. Des market places plus durables, adaptées à des consommateurs qui ne consommaient pas sur le digital avant la crise et qui veulent  porter des solutions nouvelles » indique Mathilde Aubry, professeur à EM Normandie. Si les grosses structures dominent encore largement le marché, « l’occasion se présente donc aujourd’hui de faire émerger un digital 2.0, plus humain, plus petit, plus adapté et plus individualisé, orienté sur les valeurs de chacun et proposant des offres moins monopolistique. Le digital ne se limite pas aux Big Five ! » insiste-t-elle.

 

Et si on n’allait plus au bureau grâce au numérique : la tendance incontournable pour l’entreprise de 2021 ?

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?

Attention au choc des cultures ! A l’origine ponctuel et choisi, la crise Covid a fait passer le télétravail du jour au lendemain en mode full time et imposé. Est-ce le signe qu’un jour nous n’irons plus jamais au bureau grâce (ou à cause) du digital ?

Améliorer les outils IT est en tout cas une priorité pour 39 % des dirigeants selon la dernière étude Future of Work de Wakefield Research. D’autant plus  que 72 % des dirigeants français déclarent faire davantage confiance au télétravail. 78 % d’entre eux pensent même qu’il sera davantage accordé dans leur entreprise à l’avenir, selon la récente une étude de Bodet Software. Même si les salariés français ne plébiscitent pas un télétravail à 100 %. « Avant la Covid, le télétravail était encadré par des accords impliquant que le salarié, demandeur de plus de flexibilité, était déjà équipé et organisé pour travailler chez lui. D’où un degré de satisfaction assez important. Mais en 2020, il a été généralisé pour certaines fonctions alors même que les conditions matérielles (équipement, connexion…) n’étaient pas forcément réunies pour travailler efficacement » rappelle Caroline Cuny, professeur à GEM.

 

>>>> A l’heure du télétravail généralisé, le groupe leader des magasins de bricolage et de décoration (Leroy Merlin, Weldom, Zôdio, Bricoman…) contribue chaque jour à l’amélioration de l’habitat. Et la  technologie est un de ses alliés pour mener à bien cette mission quotidienne ! Matthieu Grymonprez (Télécom Lille 99), Global Leader Digital Data vous dit pourquoi et comment dans son interview.

 

 Digital et empathie

Sans compter que travailler à distance prive les collaborateurs d’une dimension essentielle en milieu professionnel : l’empathie. « Les outils numériques sont un plus pour éviter de perdre du temps. Mais lorsqu’il s’agit de créer une relation de confiance, partenariale ou éducative, ces outils en déficit d’empathie ne permettent pas au cerveau de capter tous les messages non verbaux facilitant cette relation » insiste Karim Benameur, professeur à GEM.

Et la culture d’entreprise ?

Le full télétravail est-il alors vraiment souhaitable ? « Conserver des moments de contact informel (autour de la machine à café par exemple) est important car ils nous rendent aussi plus performants. Si le télétravail permet une structuration du temps engendrant souvent une plus grande performance sur les activités de travail pures, il ne prévoit pas de créneau pour l’informel. Un risque majeur est alors à craindre, notamment pour les jeunes recrues : l’impossibilité d’observer « l’exemplarité des managers » et donc de comprendre la culture de l’entreprise, ses valeurs et son fonctionnement » prévient Caroline Cuny. Autre risque : déliter l’esprit d’équipe. «  En 100 % à distance le maillot n’a plus de sens et on ne fait plus partie de l’équipe. Ce qui fait naitre chez certains salariés le sentiment d’un droit à l’autodétermination de leur poste. Mais quand tout le monde doit travailler dans une logique de système et que chacun développe, en parallèle, son sentiment d’un droit à l’autodétermination de son poste, impossible de faire aller tout le monde dans le même sens » ajoute Karim Benameur.

Sens vs confort

Et le sens justement, si cher aux jeunes générations, que devient-il dans un monde du travail 100 % digitalisé ? « Nombre de cadres et de managers ont pu se réapproprier une vie de famille. Même si leur charge de travail n’a pas baissé pour autant, cela a nourri une quête de confort. Et en situation de crise, un job pérenne et le confort économique et social qu’il engendre peuvent passer avant la quête de sens, même si celle-ci reste une revendication des jeunes », rappelle-t-il.

Télétravail ou travail à distance ?

Une situation complexe qui aura toutefois permis de bien différencier le télétravail du travail à distance.  « Le télétravail, c’est le moyen de réduire, grâce à la technologie, la distance entre deux personnes éloignées : on peut télétravailler au bureau avec un collaborateur à l’étranger par exemple. Le travail à distance est au contraire le moyen d’accroitre l’éloignement entre des acteurs pour travailler tranquillement » définit Karim Benameur. De fait, pour pérenniser cette démarche de façon vertueuse, il faudrait « permettre aux gens de choisir par eux-mêmes entre travail, télétravail et travail à distance pour redéfinir l’autonomie au travail à travers trois dimensions. Les objectifs à atteindre (donnés par l’entreprise), la connaissance de ses limites (en termes de pouvoir de décision et de compétences), sans jamais perdre de vue la nécessité de devoir rendre des comptes, afin de concrétiser son appartenance à un système. Pas de droit à l’autodétermination de son poste mais la possibilité pour chacun de servir la raison commune de l’entreprise, dans son coin… ou pas ! » conclut Karim Benameur.

 

Tendance entreprise 2021 : Zoom, Teams… quand le numérique révolutionne l’interaction professionnelle

« On se fait une visio ? » officiellement élue question professionnelle N°1 de 2020. Zoom, Teams et autres Google Meets : ces outils de visioconférence numérique auraient en moins d’un an révolutionné le monde du travail. Pour le meilleur… ou pour le pire ?

Avantage premier et indéniable, ils ont permis de minorer l’isolement et de conserver un lien entre les salariés, leurs managers et leurs entreprises. Mais aussi d’imaginer et tester différentes formes de collaborations, malgré des disparités dans l’appréhension et la maîtrise de ces outils. « On observe dans la littérature académique un débat entre exploration et exploitation des outils technologiques. A mon sens, lors du premier confinement, la grande majorité des salariés s’inscrivait dans l’exploitation. Mais petit à petit, ils en ont découvert les avantages et les limites. Le niveau de maturité collective que nous nourrissons aujourd’hui va permettre de mieux développer des usages pour rendre ces visios plus naturelles. Même si elles ne pourront jamais remplacer une rencontre physique ! » affirme Loïc Plé.

Remède miracle ou produit de substitution ?

Car ils manquent encore cruellement d’interactions. Les chercheurs sont unanimes : « lors d’un échange, il est important de voir le visage de l’autre pour capter plus facilement les émotions et prendre conscience de soi » rappelle Xavier Philippe, professeur à EM Normandie. S’il est trop tôt pour parler de révolution, ces outils ont aussi « permis aux entreprises de prendre conscience que les télétravailleurs n’étaient pas forcément des passagers clandestins des organisations qui se mettaient à l’abri pour ne rien faire ». Mais ce n’est pas pour autant que leurs envies de contrôle ont été freinées. « Des collaborateurs peuvent se sentir surveillés si on enregistre une réunion sans leur demander, si on contrôle leur temps de connexion ou si on les oblige à allumer leur caméra. Une manière aussi de repousser les frontières de l’intime. Notamment lors du premier confinement où les espaces professionnels, personnels, ceux des parents, ceux des enfants se percutaient » ajoute Xavier Philippe.

Cette tendance numérique 2021 marque-t-elle le début de la fin en entreprise ?

Autre risque : la dilution des rapports sociaux liée à la pérennisation de leur utilisation. « Transformer ces réunions visios en pratique pourrait s’avérer dramatique. Si on regarde les travaux menés autour de la science-fiction, on voit que l’isolement des individus est récurrent dans l’émergence  de contextes totalitaires. Avec le travail 100 % à distance, les mouvements sociaux ne peuvent plus se créer, alors même que le collectif a besoin de corps pour exister » insiste l’expert d’EM Normandie.

 

Pros du numérique : ils vous veulent !

 

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?

 

Qui sont les nouveaux acteurs du numérique ? Quelles sont les opportunités d’emploi ? Quelles tendances se dessinent pour 2021 ? Besoins, métiers et compétences-clés, la filière du numérique décryptée. 

 

Industrie, finance, santé, commerce… Le numérique a un impact profond et durable sur tous les secteurs d’activités. Repérer les technologies émergentes, comprendre l’évolution des métiers en lien avec la transformation digitale et recruter de nouveaux talents dans le domaine sont des enjeux primordiaux pour toutes les entreprises.

Le numérique VS la crise

Et c’était sans compter sur la pandémie de Covid-19 qui a intensifié et accéléré la transition numérique des organisations. Celles-ci ont été obligées de s’adapter rapidement pour garantir la continuité de leurs activités. Si l’économie française et le marché de l’emploi ont été durement impactés par la crise sanitaire, le secteur du numérique semble ainsi avoir été épargné par les derniers évènements. « Le marché du numérique résiste mieux que la moyenne des secteurs en France, car il est stimulé par la transformation digitale des organisations », confirme Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique. L’organisation professionnelle des acteurs du numérique a révélé dans son bilan de l’année 2020 que le secteur du numérique s’avère moins impacté par la Covid-19 que prévu, avec une baisse de chiffre d’affaires estimée à -4,6 % en 2020.

 

>>>> « Nous recherchons des products owners, des data-scientists, des business analysts avec une appétence forte pour notre métier (assurance, santé, finance) et les enjeux business » – La MACIF c’est the place to be pour les jeunes fans de numérique. Découvrez toutes les opportunités de stage et premier emploi dans l’interview de Didier Fleury (NEOMA BS 11), Directeur du Digital et des Systèmes d’Information de la MACIF

 

En 2021, tout ira bien ?

En 2021, le secteur du numérique anticipe une croissance de +1 % au global, même si ce rebond reste dépendant de l’évolution de la crise sanitaire et de la situation économique des clients. Hymane Ben Aoun, fondatrice du cabinet Aravati, abondait en ce sens lors de la sortie de l’enquête sur les impacts de la crise sanitaire sur le marché du digital, les organisations, les métiers et les salaires. « Bien que les impacts de la crise sanitaire soient inégaux selon les secteurs et les entreprises, nous constatons une évolution accélérée des usages, des outils, des modèles. La crise aurait permis à la France de faire un bond de 6 à 7 années dans la transformation digitale ! Par ailleurs, 1 entreprise sur 3 annonce avoir augmenté son budget consacré à la transformation numérique. Les métiers du numérique devraient donc continuer de recruter avec une augmentation plus modérée des salaires. »

Les pôles métiers du numérique boostés par la crise : Expérience client + 6 % / e-commerce + 12 % / Data + 11 % / Product + 3 % / IT + 18 % (Source : Enquête Aravati)

Une pénurie de talents… plus pour longtemps !

Face à cet impératif, les compétences numériques sont devenues plus importantes que jamais pour les employeurs. La plupart des prévisions indiquent en effet qu’au cours de la prochaine décennie, les compétences les plus recherchées auront trait à la technologie, à la programmation et à la maîtrise de l’informatique pour apporter les nouveaux leviers d’innovation indispensables à l’économie mondiale. S’entourer de professionnels du numérique n’est plus une option. Et pourtant, les évolutions technologiques sont plus rapides que le recrutement des spécialistes du numérique ! Ces profils indispensables se font rares. C’est pourquoi, le président de Syntec Numérique estime que « la formation doit rester une des priorités pour l’année 2021 afin de continuer à miser sur le développement des compétences et préparer l’avenir. » Actuellement, l’ensemble du secteur numérique représente plus de 530 000 emplois, dont 80 % de cadres et 93 % de CDI.

 

>>>> « Le numérique, c’est bien plus que d’apporter des outils techniques, matériels, logistiques pour simplifier des tâches ou gagner en productivité. Cela devient un véritable facteur de socialisation, créateur de bien-être, de culture, etc. Réussir un projet de transformation numérique, c’est surtout réussir un subtil équilibre entre business de l’entreprise, humain et technologies » Retrouvez l’interview de Mohamed Karouia (Sciences Po 17) CIO pour la Société du Grand Paris

 

Numérique : ces tendances métiers qui boostent l’entreprise en 2021

Ces métiers sont apparus il y a à peine quelques années mais ils font déjà partie des métiers les plus trendy du moment. Focus sur les pros du numérique dont on ne plus se passer en 2021.

Data Scientist

A l’ère du Big Data, le Data Scientist est chargé de la gestion, de l’analyse et de l’exploitation des données massives au sein d’une entreprise afin d’en extraire les informations utiles selon le secteur : la détection de fraudes et le trading haute fréquence dans le milieu bancaire, les aides au diagnostic et les anticipations de pathologies dans le médical, les prédictions de comportements clients dans le marketing… Grâce à ses compétences en statistiques, programmation et mathématiques appliqués, il conçoit les modèles et les algorithmes pour collecter, stocker, traiter et restituer ces données. Une valeur ajoutée dans la prise de décision.

Ingénieur.e en cybersécurité

Ses missions ? Détecter les failles des systèmes informatiques, les sécuriser et les protéger contre les cyberattaques. Avec la recrudescence des attaques en ligne et les conséquences catastrophiques en temps de crise, le marché mondial de la sécurité de l’information devrait atteindre 170,4 milliards de dollars en 2022 selon Gartner. C’est autant d’opportunités d’emplois ! Plusieurs milliers de postes sont et seront à pouvoir dans cette filière d’avenir.

L’œil de l’expert – David Pichardie, Responsable scientifique du projet CyberSchool. « La cybersécurité est une compétence-clé dont toutes les entreprises doivent se doter pour se protéger et se développer. Or, peu de formations existent, et donc peu d’étudiants bien formés peuvent répondre aux forts besoins du marché en France et dans le monde. C’est pourquoi, j’invite tous ceux qui ont une appétence pour les mathématiques et l’informatique a songé fortement à la cybersécurité qui leur assurera un avenir solide au service d’enjeux sociétaux et militaires mondiaux. »

 

>>>> « La DSI est partout en interne via le cloud, l’intelligence artificielle, le Big data et elle permet d’accompagner les utilisateurs sur des nouveaux services notamment les chatbot, des robots logiciels qui dialoguent avec les consommateurs ». Zappez vos clichés sur les Ursaaf et découvrez toutes les opportuités qu’elles offrent aux jeunes diplômés dans le numérique grâce à l’interview de Jean-Baptiste Courouble, (École Nationale de la Marine Marchande 88), Directeur des Systèmes d’informations de la Caisse nationale des Urssaf (ACOSS).

 

Manager de l’innovation numérique

Ce chargé de gestion de projets numériques interconnecte trois grandes compétences : Tech, marketing et design. Un profil polyvalent, à la fois stratège et « doer », avec une vision globale, qui peut proposer des solutions numériques aux problématiques transversales de n’importe quelle entreprise.

L’œil de l’experte – Caroline Vlaeminck, Directrice adjointe de la Web School Factory. « A la Web School Factory, nous formons les étudiants à devenir des managers de l’innovation numérique : des esprits critiques, agiles, autonomes, capables de gérer une équipe. Ils sont des atouts convoités par les entreprises, tous secteurs confondus, car ils gèrent des problématiques complexes intéressantes et challengeantes qui permettent de rebondir et d’innover grâce au numérique. »

Traffic Manager

Le spécialiste de la publicité et de l’analyse statistique du comportement des internautes devient l’élément-clé des stratégies web de communication et de marketing. Il donne le précieux coup de main dont les marques ont besoin pour coller aux nouveaux usages et aux nouvelles attentes des utilisateurs et consommateurs. Il étudie le trafic de l’audience selon les canaux et supports (nombre de visiteurs uniques, clics, pages vues…), définit les cibles commerciales et supervise les campagnes promotionnelles en ligne pour s’assurer qu’elles fonctionnent selon les objectifs établis.

L’œil de l’expert – Assaël Adary, coateur du Communicator, Président et cofondateur du cabinet d’études Occurrence « La communication se « dataise » de plus en plus. La preuve : les métiers de la data s’intègrent aux services de communication. Des traffic managers analysent par exemple les données des audiences pour mieux capter leur attention. »

UI / UX Designer

Il crée des interfaces et simplifie les systèmes informatiques (sites, applications, logiciels…) pour offrir aux utilisateurs une expérience intuitive et personnalisée. Alors que l’UX (User eXperience) est plutôt lié à l’expérience utilisateur, l’UI (User Interface) fait référence au design et à la conception de l’interface produit. Un métier deux en un, issu de la spécialisation récente du métier de web designer, l’expérience utilisateur étant au cœur de toutes stratégies digitales qui se veut performante.

Le métier bonus – Développeur en solutions home office

C’est le petit nouveau de la famille des développeurs ! Encore timide, le développeur en solutions home office pourrait bien connaître un boom en 2021 suite à la démocratisation du télétravail. Pour faire face aux nouvelles contraintes imposées par la crise sanitaire, de plus en plus de développeurs devront effectivement proposer un modèle d’exploitation informatique adapté à la dispersion des effectifs avec un accès à distance sécurisé, des services cloud, des outils de collaboration… Une nouvelle spécialisation ?

 

Besoin de recruter des développeurs ?

Dans l’enquête 2020 menée par CodinGame, 20 000 développeurs ont confié les cinq bons points des offres d’emploi qui attirent leur attention et leur donnent envie de postuler.

#1 Les défis techniques : les candidats écument les offres d’emploi à la recherche des technologies qui leur plaisent et des problèmes qu’ils auront à résoudre une fois en poste, afin d’avoir une vision claire de la finalité de leur travail.

#2 Des horaires flexibles : souvent en horaires décalés, les développeurs ont besoin de trouver un équilibre vie privée / vie professionnelle, leur préoccupation n°1 selon l’enquête.

#3 Le salaire : la rémunération reste bien évidemment un point clé, mais les RH surestiment parfois l’importance du salaire aux yeux des développeurs qui sont seulement 15 % à le placer à la première place de leurs exigences.

#4 Une culture d’entreprise : leurs exigences se portent plutôt sur des valeurs clairement communiquées et appliquées, comme un leadership tolérant et ouvert.

#5 L’évolution de carrière : sur les trois principales raisons pour lesquelles ils décideraient de changer d’emploi, plus de 58 % des répondants ont choisi « pour de meilleures opportunités de carrière ».

 

>>>> « Chez Pôle Emploi, nous sommes au service de populations en difficulté. Ce sens du service est indispensable. Bien que la dimension technologique soit elle aussi essentielle, nous sommes très attentifs à l’éthique dans l’usage du numérique.  Une grande partie des sujets IT relève des relations humaines. C’est plus par votre savoir-être que vous ferez la différence, donc la curiosité, la communication et la compréhension des autres métiers sont clés ». Dans son interview, Franck Denié (DESS Génie logiciel, Université de Nantes 91), directeur général adjoint en charge des systèmes d’information (SI) de Pôle emploi vous en dit plus sur les killers skills qu’il attend d’un jeune pro du digital. Découvrez son témoignage.

 

Podium des métiers du numérique les mieux payés

Web Analyst : 50 125 € / Directeur Technique : 57 181 € / Responsable CRM : 67 500 €

Source : Etude sur les emplois dans le secteur du digital

Où sont les Tech Hubs ?

Si Paris compte toujours la plus grande population de pros du numérique en France, la capitale n’est toutefois pas seule. De nombreux pôles technologiques denses et actifs se développent dans tout le pays. Paris est ainsi suivi de Marseille (7,74 %), Lyon (7,52 %), Bordeaux (7,17 %), Toulouse (6,87 %), Lille (5,77 %) et Nantes (5,71 %) d’après les Malt Tech Trends.

Le saviez-vous ? Si le numérique était un pays, il aurait 2 à 3 fois l’empreinte de la France !

Play

L’EPITA, école d’ingénieurs en intelligence informatique, a créé une web-série composée de 7 épisodes sur le numérique intitulée « En vrai, le numérique décrypté par l’EPITA ». 10 experts, enseignants-chercheurs, professionnels et responsables de majeures ou intervenants ont partagé leurs connaissances sur les actualités de l’IA, de la cybersécurité, de l’IoT, de la VR et de l’AR, des robots et drones, de l’imagerie médicale et de la transformation numérique. A regarder pour se tenir informé et pourquoi pas, trouver sa vocation !

 

Entreprise : toutes les tendances numériques 2021 en un clic

 

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?

Intelligence artificielle, cybersécurité, deeptech… Synonyme de progrès, ces tendances numériques font aussi l’objet de réflexion pour les inclure au mieux à la société. Décryptage.

 

Cybersécurité : profils experts recherchés !

« 210 000 postes d’experts sécurité sont à pourvoir en Europe dans un contexte de forte tension », assure Max Agueh, responsable du pôle Sécurité, Réseaux et Systèmes Embarqués à l’Efrei Paris. Tour d’horizon des formations, métiers et enjeux d’un secteur qui a le vent en poupe.

Les experts en cybersécurité sont très recherchés par les entreprises et les étudiants convoités avant même la fin de leurs études. Une augmentation de la demande qui s’explique de plusieurs manières. Avec la numérisation des organisations tout d’abord et l’augmentation des cyber-attaques. « Les entreprises qui n’ont pas de service informatique ou d’application numérique sont rares. Il faut donc protéger ces systèmes d’information et pour cela faire appel à des personnes formées », explique Max Agueh.

La nature des menaces a également évolué, passant d’attaques réalisées par des personnes isolées à de véritables organisations. « L’un des enjeux pour l’avenir est d’ailleurs le développement d’outils d’intelligence artificielle qui va entrainer des cyberattaques encore plus massives, prévient Max Agueh. L’IA soutient le développement de certaines technologies mais est aussi utilisée pour commettre des attaques sourdes très difficiles à gérer. »

Deux majeures à la pointe

A l’Efrei Paris, on forme d’ailleurs des experts en cybersécurité depuis une dizaine d’années. L’école d’ingénieurs propose en effet une Majeure historique, « Cybersécurité Infrastructure et Logiciels », rejointe en septembre 2020 par la Majeure « Sécurité des systèmes d’information et de gouvernance ». « La formation historique couvre tous les champs de la cybersécurité avec une dimension très technique, expose Max Agueh. Mais avec l’évolution des métiers en cybersécurité et la demande des entreprises, la deuxième majeure a été créée pour se focaliser davantage sur les besoins de gouvernance de la sécurité informatique. »

Où suivre une formation en cybersécurité ?

A CESI : spécialisation en cybersécurité

A l’ECE : formation Systèmes d’information & Cybersécurité défensive

Aux Mines Nancy : parcours cybersécurité orienté sur les attaques malwares

A l’ESIEA : majeure cybersécurité et mastère spécialisé en cybersécurité (Bac +6)

A l’Institut Mines-Télécom : formation Ingénieur généraliste parcours cybersécurité

 

Deeptech : la tendance numérique 2021 à ne pas rater pour les entreprises

Deeptech Founders en est déjà à sa 6e promotion ! Ce programme d’accompagnement à l’entreprenariat deeptech pour des scientifiques a été lancé en 2018 par Xavier Duportet, fondateur  d’Eligo Biosciences et d’Hello Tomorrow et Robert Marino, ingénieur chimiste, en partenariat avec Bpifrance. Rencontre avec Robert Marino.

La deeptech en quelques mots ?

On utilise ce mot en France depuis 3 ou 4 ans. Avant, on parlait d’entrepreneuriat scientifique. Il se caractérise par un fort contenu technologique, dans la santé, la biotechnologie, les mathématiques, la physique quantique, etc. Les startups deeptech sont souvent basées sur une innovation de rupture car le coût du développement du produit est très significatif, d’au moins 3 à 10 millions d’euros. Quand vous investissez autant, il faut être sûr de créer un nouveau marché. Ce sont ensuite des produits qui ont des cycles de développement long de 4 à 7 ans voir plus.

Ce qui pousse un chercheur à lancer sa startup deeptech ?

La volonté de répondre à des problématiques sociétales majeures qui leur donnent une énergie folle !

Comment se positionne la France en matière de deeptech ?

Plutôt pas mal. La France est un pays technophile, qui a toujours fait de la deeptech… même si on ne s’en rend compte que maintenant. Néanmoins, il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. D’autres pays sont très bons, en Asie notamment, qui a les financements pour et les talents.

L’atout français est véritablement l’excellence des profils, grâce, entre autres, aux formations dans les universités et dans les grandes écoles. De plus, l’écosystème est très favorable à la création des entreprises grâce au Crédit Impôt Recherche et au soutien de l’état via le plan Deeptech opéré par Bpifrance par exemple. Le souci est que nous oublions souvent de vendre. Les Anglais vendent très tôt des choses qui ne sont pas finies. Nous nous avons un déficit sur la vente et la communication. Il faut apprendre à le faire beaucoup mieux.

Comment est né Deeptech Founders ?

Du constat fait avec Xavier Duportet que beaucoup de scientifiques souhaitaient créer leur startup mais ne savait pas comment démarrer. Nous avons donc décidé de lancer le programme pour donner concrètement les bonnes clés à ceux qui voulaient monter leur boîte, grâce à des retours d’expérience terrain.

Parlez-nous du programme.

Il y a deux flux de participants : des chercheurs issus de la recherche publique, étudiants en master, doctorants, post-doc ou titulaires qui veulent créer leur startup à partir de leurs travaux de recherche et des chercheurs issus de la recherche privée ou des startups déjà créées qui préparent une levée de fonds.

Chaque programme dure 6 mois et inclut 20 à 30 équipes. Pour les équipes anté-création, le but est de réfléchir au lancement d’une startup, faire un travail sur soi pour savoir si on en a vraiment envie, si cela est fait pour nous. Avoir accès aux retours d’expérience de CEO ou fondateurs de startups facilite grandement ce travail en ce qu’il donne à voir l’ensemble des défis à relever et chemins possibles dans l’entrepreneuriat deeptech. Le but est aussi de constituer un réseau pour que les futurs entrepreneurs ne soient jamais seuls.

Et après ?

Au bout de ces 6 mois, ils peuvent prendre une décision pour la suite. La moitié des équipes qui intègrent le programme anté-création décident d’ailleurs finalement de ne pas créer leur startup. Et on est fiers de ce résultat ! Une startup deeptech c’est 5 à 10 ans pour savoir si le produit va pouvoir être développé à l’échelle industrielle. C’est du long terme, il faut réfléchir avant de se lancer. Certains se rendent compte que ce n’est pas pour eux, d’autres se révèlent. Et quand ça marche, cela crée des emplois non délocalisables et permet de résoudre des problématiques de société.

 

Intelligence Artificielle, droit et éthique, quel cadre ?

 

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?

 

Des enceintes connectées à l’application Tous anti-Covid jusqu’à la reconnaissance faciale… L’intelligence artificielle fait partie de notre quotidien et entre dans notre intimité. Et si elle peut nous faciliter la vie, elle peut également être à l’origine de dérives. Intelligence artificielle, droit et éthique… On en parle avec nos experts.

Encore faut-il savoir ce qu’on entend par « intelligence artificielle éthique » ?  « La recherche fondamentale EthicAa, qui a travaillé sur la question et qui a bénéficié d’un financement de l’ANR, est arrivée à la conclusion qu’il n’y a pas d’éthique en soi mais en contexte, introduit Thibault de Swarte, enseignant-chercheur à IMT-Atlantique et directeur adjoint du l’Idea Lab LASCO (Laboratoire Sens et Compréhension du monde contemporain). La technologie va être éthique selon l’usage que l’on en fait : si elle est politique comme en Chine, elle n’est pas éthique. Si elle est sous contrôle d’un juge des libertés par exemple, dans ce cas, on peut considérer qu’elle va au moins être en partie éthique ».

Libertés individuelles

C’est au milieu des années 2010 que grand public et politiques commencent à réfléchir sur la liberté individuelle par rapport aux algorithmes. « Une réflexion de la société civile qui ne va pas s’arrêter là et c’est tant mieux. Les scientifiques ont aussi pris conscience du fait que l’on ne pouvait pas négliger les questions éthiques. Aujourd’hui, il faut faire des travaux interdisciplinaires avec, à chaque programme de recherche significatif qui intègre de l’intelligence artificielle, un groupe de recherche qui se constitue avec des philosophes, des sociologues et des citoyens éclairés pour réfléchir aux questions éthiques », propose Thibault de Swarte.

Un nouveau débat ?

Les questions d’éthique et de droit se posent en effet de plus en plus pour l‘intelligence artificielle avec l’utilisation massives des données. « Les débats récents sur les applications de traçage numérique pour lutter contre la Covid-19 par exemple ont suscité de nombreux débats. Non seulement sur l’efficacité de ces applications (l’aspect technique), mais également sur des questions légales et éthiques de confidentialité des données et de respect de la vie privée. Est-il éthique de demander à la population de partager des données privées si cela peut effectivement aider à ralentir la dissémination du virus ? », explique Thierry Foucault, professeur de finance à HEC Paris et co-directeur scientifique d’Hi !Paris.  « Le  débat philosophique est important mais doit se traduire par des normes juridiques. En France, nous ne sommes pas mauvais sur les débats philosophiques mais nous sommes en retard sur sa déclinaison en texte juridique », note Thibault de Swarte.

Et du côté du droit ?

En droit justement, le terme « d’intelligence artificielle » n’existe pas dans les textes légaux applicables en France pour le moment. C’est la notion d’algorithme qui est utilisée. Néanmoins, les réflexions sur intelligence artificielle et droit remontent à son déploiement en informatique et ont été considérablement amplifiées et renouvelées à compter des années 2006-2007 avec la promotion des nouveaux systèmes algorithmiques et d’IA de type deep learning et les potentialités qu’ils représentent.

« Plus récemment, un rapport sur l’IA a été publié par la mission pilotée par Cédric Villani en mars 2018. LA CNIL a également impulsé en 2017 un débat sur l’éthique des systèmes algorithmes, expose Célia Zolynski, professeure de droit à Paris I. Ce sont les premiers travaux de réflexions transversales et d’ampleur au niveau national qui questionnent le droit : comment peser la responsabilité et la responsabilisation des acteurs qui interviennent ? Comment promouvoir une IA responsable, au sens éthique ? Comment porter la conception éthique sur le plan juridique ? ».

De la nécessité de créer des normes spécifiques ?

Autre question en réflexion depuis des années : est-il nécessaire d’établir des règles spécifiques à l’intelligence artificielle ? « Des questions se posent par exemple autour des enjeux de responsabilité d’un véhicule autonome qui cause un accident du fait de son système autonome. Dans ce cas, nos règles de responsabilité civile et les règles relatives à la loi Bandinter qui régit les accidents de circulation sont-elles suffisantes ? », illustre Célia Zolynski. De même pour les systèmes d’interactions humain/machine et la protection des personnes vulnérables. Le code civil qui protège l’humain est-il suffisant dans ce cas-là ? « En France, plutôt que d’avoir une réglementation extrêmement précise pour chaque nouveau usage, on va plutôt poser des règles transversales pouvant s’adapter aux nouvelles technologies. Le droit prend en effet du temps à être élaboré sur le plan réglementaire alors que les technologies évoluent vite. Cette façon de faire est donc plus agile ».

Vers une stratégie commune

Si des réflexions sont menées à l’échelle des nations, elles sont aussi communes au sein de l’Europe et même au niveau international. Depuis quelques années, la commission européenne a commencé à définir une stratégie commune sur l’intelligence artificielle. En février 2020, elle a publié son livre blanc pour définir sa feuille de route sur les actions à mener. Et le 20 octobre 2020, le Parlement européen a publié ses recommandations, préconisant d’adopter des règlements européens en matière de responsabilité, de promotion de l’éthique de l’IA.

« Il est nécessaire de légiférer au niveau européen et mondial car les technologies peuvent être déployées dans plusieurs zones géographiques. Mais les aspects culturels sont importants à prendre en compte car les valeurs éthiques ne sont pas communément partagées, explique la professeure de droit. Tous les pays n’ont pas forcément la même conception de la liberté d’expression par exemple. De ce fait, l’Europe a pour stratégie, tout comme les Etats-Unis, de pousser ses modèles par le droit pour les exporter dans d’autres pays. »

 

Réseaux sociaux, au tableau !

 

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?

3,96 milliards. C’est le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux dans le monde en 2020. Sources d’information pour le public, must-have pour les entreprises mais aussi relais de fake news. On fait le tour de la question avec nos experts. 

 

Les réseaux sociaux à la Une

Les réseaux sociaux sont devenus une source à part entière d’informations pour une partie des  Français, à tel point qu’on parle aujourd’hui de « médias sociaux ». Tour d’horizon de cette tendance avec Karolina Koc-Michalska, Professeure au sein du Département Communication & Culture d’Audencia.

Aujourd’hui, le grand public s’informe-t-il massivement grâce aux réseaux sociaux ?

Oui, les médias sociaux sont une source d’informations importante et croissante. C’est une tendance générale dans le monde entier, également visible en France. En 2020, 39 % des Français ont déclaré utiliser quotidiennement les médias sociaux comme source d’information. C’est dix points de plus qu’en 2017.

Quelle catégorie de la population plus particulièrement ?

Comme on peut s’y attendre, les médias sociaux sont les plus populaires parmi les plus jeunes (62 % des 18-24 ans les utilisent quotidiennement, contre 58 % des 25-34 ans, 43 % des 35-44 ans, 32 % des 45-55 ans) mais ils sont aussi une source d’information non négligeable pour la population plus âgée (30 % des 56 ans et plus).

Les réseaux sociaux les plus utilisés ?

La plateforme de médias sociaux la plus importante comme source d’information est Facebook (pour 73 % des répondants), suivie de YouTube (28 %) et de Twitter (22 %), puis Instagram (17 %), WhatsApp (11 %) et Snapchat (8 %).

Tendance numérique durable ou d’un effet de mode ?

Les médias sociaux sont la réalité dans laquelle nous fonctionnons et nous devons accepter le fait qu’ils vont durer, qu’ils évolueront, changeront, mais ne disparaîtront pas de l’environnement médiatique contemporain.
Cependant, chacun des réseaux sociaux a ses particularités et offre différentes fonctions. Par exemple, Facebook est décrit comme une plateforme « strong ties » (basée sur des « liens forts »), censée offrir plus de confort à ses utilisateurs, et qui peut donc encourager certains groupes à exprimer leurs opinions politiques (femmes, minorités ethniques, etc.). Ces groupes resteraient probablement silencieux dans un environnement plus ouvert ou basé sur des « liens faibles » (comme Twitter par exemple), où ils sont davantage confrontés au public anonyme, donc plus exposés à l’incivilité, à l’agressivité ou même au harcèlement.

 

4 conseils pour détecter les fake news sur les réseaux sociaux

Soyez sceptique : vérifiez toujours les informations que vous lisez, surtout si vous n’en connaissez pas la source. Il faut également utiliser les sites web de vérification des faits (fact checking) ou suivre leurs comptes.

Appuyez-vous sur des sources établies : médias traditionnels, médias bien établis, médias internationaux. Bien sûr, ces médias peuvent aussi fournir des informations erronées ou imprécises – la question étant toujours de savoir s’ils l’ont fait consciemment et comment ils ont géré ces erreurs (modifications, corrections, etc.).

Discutez de l’actualité avec d’autres personnes et exposez-vous à des informations contre-intuitives.

Instruisez-vous ! Les personnes ayant un niveau d’éducation supérieur, mais surtout une bonne connaissance des médias, sont généralement moins tentées de croire facilement des informations falsifiées. Il est donc essentiel que les systèmes éducatifs incluent, dans leurs programmes, des éléments sur les médias et l’information.

 

Réseaux sociaux et médias traditionnels : concurrents ou complémentaires ?

Numérique : quelles tendances en entreprise en 2021 ?Faire de la veille, connaître les tendances du moment, faire rapidement le tour de l’actualité du jour… Les réseaux sociaux ont pris une place importante comme moyen d’information. Au point de prendre la place des médias traditionnels ?

« Les réseaux sociaux sont devenus une source d’informations, mais pas la même que celles qu’on peut avoir dans la presse, dans les journaux à grosse audience etc, nuance Valérie Jeanne-Perrier, enseignante-chercheure, responsable de l’école de journalisme du Celsa. Sur les réseaux sociaux, on trouve plus de militance, d’informations engagées mais aussi plus parcellaires. On est beaucoup moins dans l’idée d’une sélection d’informations peaufinée et vérifiée ».

Un vecteur plutôt qu’un producteur d’information

Et chaque réseau social va avoir ses caractéristiques et normes d’usage. « Sur Twitter par exemple, il y a une forte communauté de journalistes, notamment en France, qui relaient leurs papiers mais qui viennent aussi y faire leur veille, échanger avec leur pairs, etc ». Autre exemple, chez les jeunes, les réseaux sociaux vont surtout être, selon Valérie Jeanne-Perrier, un outils pour se relier les uns aux autres, commenter, etc.

« Les médias sociaux ne sont donc pas voués à remplacer les médias classiques. Ils vont plutôt être une machine à classer et à faire circuler les informations que l’on n’a pas produit soi-même. Les médias sociaux se nourrissent du travail de production d’information fait par les médias traditionnels », conclut l’enseignante.

 

Numérique et média sociaux en entreprise : quelle tendance en 2021 ?

De la multinationale au commerce de proximité, la majorité des entreprises intègrent aujourd’hui les médias sociaux dans leur stratégie marketing et communication. Décryptage avec Jessie Pallud, Responsable du Master 2 e-marketing et stratégie à l’EM Strasbourg.

« L’utilisation des médias sociaux est un phénomène mondial, introduit Jessie Pallud. La majeure partie des entreprises, petites ou grandes, mais également des associations, hôpitaux, et du monde universitaire les utilisent ». S’il y a 10 ans, une minorité des étudiants de Jessie Pallud avaient des missions en entreprise en lien avec les médias sociaux, aujourd’hui le marché est devenu mature et a prouvé son efficacité grâce à des outils adaptés. En tête, Facebook avec ses 2,7 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois mais également Twitter, Instagram ou encore Youtube, qui font partie des grands acteurs historiques. « Le choix de tel ou tel média social se fait en fonction de la stratégie social média de l’entreprise, du public que l’on souhaite toucher et de ses objectifs, expose Jessie Pallud.  Aujourd’hui, Snapchat et Tik Tok ont le vent en poupe chez les jeunes adolescents. Dans le secteur B2B, LinkedIn demeure le média privilégié. »

Une tendance durable

Une chose est sure, l’utilisation des médias sociaux dans la stratégie marketing et de communication est une tendance durable dans les entreprises. « Elle vient conforter les nouvelles stratégies marketing : auparavant on allait chercher le client, maintenant on aimerait qu’il vienne à nous grâce à un contenu attractif. On est passé d‘une stratégie marketing outbound à inbound », explique la responsable du Master 2 e-marketing et stratégie. Et avec la crise de la Covid-19, la tendance s’est encore accentuée. « On a assisté en 2020 à un véritable boom de la communication digitale qui a permis à beaucoup d’enseignes de garder un lien fort avec leurs clients. Exemple, le Louvre qui a vu le nombre de visites sur son site web exploser ».

Le challenge pour les entreprises ? Se distinguer !  « Les internautes sont inondés d’informations diffusées par les médias de communication. Il faut donc chercher l’interaction, la communication avec les clients, faire des campagnes qui vont permettre aux potentiels clients de se retrouver dans les valeurs de l’entreprise » suggère Jessie Pallud.

Créer un lien avec le public

Pour cela, les entreprises ne peuvent plus être sur les réseaux sociaux uniquement pour vendre. « Il faut à minima que la marque soit capable de parler d’autres choses que d’elle et produise alors des contenus sur son secteur d’activité, ses valeurs, l’actualité économique. Etre réellement dans une relation avec le public ». Sondages, concours, partage de photos mettant en scène les différents produits de la marque… Autant d’opportunités qui permettent cette relation. Entreprises à vos smartphones !