S’il y a un projet qui va faciliter la vie des Franciliens dans les dix prochaines années, c’est bien celui du Grand Paris Express. Et pour les jeunes diplômés, c’est l’opportunité de travailler sur un projet qui donne une place centrale à l’humain, comme nous l’explique Mohamed Karouia (Sciences Po 17), CIO pour la Société du Grand Paris qui dirige le chantier. Interview.

 

L’essentiel à connaître sur la Société du Grand Paris ?

La Société du Grand Paris est l’entreprise à laquelle l’Etat a confié la mission de réaliser le Grand Paris Express depuis 2010 et qui regroupe aujourd’hui plus de 800 collaborateurs.

Pour relever ce grand défi, nous collaborons avec de nombreux acteurs internes mais également externes (spécialistes, scientifiques, économistes, géographes…) qui apportent leur expertise et contribuent à la réussite du projet. Nous avons la conviction que le Grand Paris Express est un projet d’avenir pour les Franciliens et pour cela nous travaillons de manière collaborative via une organisation matricielle, innovante et apprenante.

Expliquez-nous ce qu’est ce Grand Paris Express ?

 C’est la création de quatre nouvelles lignes de métros (15, 16, 17, 18) et le prolongement de la ligne 14 au sud vers Orly et au nord vers Saint-Denis-Pleyel qui permettront de connecter les territoires de la région Ile-de-France.

C’est aussi la création de 68 gares et l’aménagement des espaces environnants de vie, de culture… Le tout en respectant l’environnement.  Cela représente 140 km2 d’espaces aménagés autour des gares, soit une fois et demi Paris intramuros ! Ce chantier, qui sera livré entre 2024 et 2030 constitue une vision ambitieuse de la région Ile-de-France avec un vrai développement économique durable dont l’intérêt dépasse les frontières franciliennes.

Les enjeux autour de ce projet de la Société du Grand Paris qui va changer la vie des Franciliens ?

Il faut organiser « la ville en chantier ». Lorsqu’on lance un tel projet structurant, il est important de respecter la ville et de faire en sorte de réduire les nuisances : sonores, visuelles, de pollution. Nous mettons en place un ensemble d’indications pour nous insérer au mieux dans la ville. Nous veillons aussi à être proches des riverains avec des agents engagés sur le terrain pour être à leur écoute. Enfin, il est important d’associer tous les acteurs économiques au projet. Le Grand Paris Express est une formidable opportunité de développement économique autour de cette belle réalisation.

Votre rôle en tant que CIO ?

D’abord, d’apporter les leviers technologiques et digitaux permettant l’empowerment du travail collectif, la cohésion et l’efficacité opérationnelle de ce collectif qu’est le Grand Paris Express.

Ensuite, réaliser ce projet en 20 ans : une véritable course contre la montre. Le CIO et ses équipes doivent alors répondre à un enjeu d’agilité pour livrer des solutions au service de l’entreprise de manière extrêmement rapide.

Enfin, il est nécessaire de se préparer, dès maintenant, à passer le relai à ceux qui vont exploiter et entretenir le réseau. En tant que CIO, je dois apporter les moyens et les compétences pour répondre aux enjeux de sécurisation des activités et la mise sous contrôle de ce que l’on va délivrer demain.

Qu’est-ce qui vous stimule au quotidien ?

Le challenge que ce projet représente : travailler au sein de la Société du Grand Paris, c’est servir un projet responsable, citoyen, avec des enjeux de développement humain, de durabilité écologique. Pour ce faire, il est nécessaire de disrupter nos process et méthodes de travail. Je conçois vraiment ma mission comme une transformation autour, avec et pour l’humain.

Pour cela, de quels profils avez-vous besoin dans vos équipes ?

 La DSI est pour moi un « business relevant partner » c’est-à-dire un partenaire pertinent de l’entreprise et des directions métiers mais aussi de l’ensemble de l’écosystème de la société. Il y a 10 ou 15 ans, on attendait le besoin puis on apportait une solution. Aujourd’hui, il faut anticiper ce besoin. Et c’est pour cela que j’encourage et développe la culture entrepreneuriale dans mes équipes.

 

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Le fil rouge de votre carrière ?

 L’humain. Le numérique, c’est bien plus que d’apporter des outils techniques, matériels, logistiques pour simplifier des tâches ou gagner en productivité. Cela devient un véritable facteur de socialisation, créateur de bien-être, de culture, etc. Réussir un projet de transformation numérique, c’est surtout réussir un subtil équilibre entre business de l’entreprise, humain et technologies.

 Si vous deviez identifier LE grand défi des CIO dans les prochaines années ?

Mais le rôle d’un CIO consiste aussi à attirer les talents car le marché est très tendu, constituer une équipe cohérente, mais aussi passer de l’intelligence individuelle à l’intelligence collective et créer une culture commune qui intègre la recherche de cette alchimie entre business, humain et technologie.

L’humain est vraiment primordial car un collaborateur qui se sent bien sur son poste de travail réalisera nettement mieux sa mission. Il y a quelques années on parlait de « customers first ». Demain il faudra parler d’« employees first ». C’est fondamental. On ne peut servir un client sans des collaborateurs qui embarquent les cultures et les enjeux de l’entreprise.

Votre mot de bienvenue à un jeune collaborateur ?

Bienvenue à la DSI qui murmure à l’oreille des directions métiers et bienvenue à bord d’une expérience humaine exceptionnelle !

#JobBoard

 C’est le moment de postuler !

 La direction des Systèmes d’information de la Société du Grand Paris compte recruter 20 personnes d’ici fin 2021. Pour cela, elle cherche :

– des experts fonctionnels en finance, achats, gestion de marché, patrimoine immobilier et foncier

– des experts en ingénierie des systèmes de transports

– des architectes

– des experts techniques sur la partie réseaux et sécurité

– des experts en intelligence artificielle.

Au-delà des compétences techniques, les soft skills sont-elles importantes pour vous ?

 Oui. Mes collaborateurs doivent être autonomes pour gérer leurs missions, ouverts d’esprit, capables de s’adapter. Il faut bien comprendre que la vitesse et l’accélération de la transformation, deux des caractéristiques du projet, deviennent une vraie opportunité d’accélérer également sa carrière.

Les jeunes talents, un atout pour la Société du Grand Paris ?

 Oui, car un tel projet urbain, social et économique ne peut voir le jour que grâce à la convergence d’une intelligence collective. Sortir de terre 200 km de métro demande beaucoup de créativité, de talent, d’intelligence. Les jeunes talents sont donc un vrai atout pour la Société de Grand Paris et nous encourageons d’ailleurs leur intégration via l’alternance ou l’embauche de jeunes diplômés.

Un véritable accélérateur de carrière

Travailler pour la Société du Grand Paris c’est :

– Apprendre l’agilité

– Se réinventer chaque jour

– Se créer une belle carte de visite

Chiffres clés : 2 millions de voyageurs quotidiens / 35,6 millions de voyageurs quotidiens / 80 % de gares connectées aux RER, métros et tramway / 90 % du réseau en souterrain

Contact : mohamed.karouia@societedugrandparis.fr