Numérique et vivant riment à plus d’un titre comme nous l’explique Gilles Trystram, directeur d’AgroParisTech.

 

Le numérique est-il utile quand on s’intéresse au vivant ?

La complexité du vivant est telle que la seule réflexion humaine ne suffit pas à le considérer dans son ensemble et dans le détail. Il marie échelles temporelles et échelles organiques complexes et de tailles variables. Les outils numériques sont précieux pour son étude.

Comment intégrez-vous le numérique à AgroParisTech ?

  • Après avoir considéré sa dimension technologique nous basculons vers un regard guidé par le service. Ainsi, notre plateforme numérique sert aussi bien les enseignants-chercheurs que les élèves et l’administration pour la mise à disposition de ressources, le suivi et l’interaction
  • Nous n’avons pas encore pesé toutes ses implications dans la dimension organisationnelle, pour la prise de décision. Je suis très attentif à ne pas tomber dans l’un des pièges du numérique : l’instantanéité
  • Enfin, La dimension humaine est un des piliers d’une stratégie numérique. Il ne faut pas brusquer les gens, mais organiser l’usage du numérique pour que chacun se l’approprie.

Comment évolue votre pédagogie grâce au numérique ?

Nos professeurs versés dans la création de supports innovants ont naturellement créé des supports numériques de cours. Certains s’en sont aussi saisis pour répondre aux besoins de leurs étudiants : pour la mise à niveau pour les élèves entrés en AST ; pour permettre à d’autres de suivre des cours qui ne sont pas dans leur cursus. D’autres encore utilisent des outils collaboratifs, d’auto-évaluation. Ils s’appuient sur des serious game, des MOOC, des podcasts, pour créer des ruptures dans le cours, susciter une approche inductive. Il faut varier les techniques pédagogiques pour capter l’attention des élèves. C’est pourquoi il ne faut pas confondre innovation numérique et innovation pédagogique à laquelle nous réfléchissons en permanence.

Ma vie d’étudiant à AgroParisTech

Et côté contenu des cours ?

Il est impensable de former de futurs ingénieurs ignorants des enjeux du numérique. Nous les dotons d’une base commune, puis spécifique à chaque dominante. Par exemple : en quoi la big data change l’appréhension de l’épidémiologie en nutrition/santé ? Ils ont également accès à de plus en plus de ressources, banques de modèles, via la numérisation de la documentation de l’école, de son musée ou le projet numérique d’Agreenium.

Utile aussi pour la recherche ?

Une partie du travail de nos 24 unités de recherche consiste à acquérir des données, les consolider, les interpréter. Elles s’appuient sur le data mining, l’IA, utilisent des outils de simulation, des capteurs. Le numérique leur permet aussi d’échanger des données entre programmes de recherche, par exemple pour l’étude de données satellitaires ayant trait aux terres agricoles. Pouvoir partager largement ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche au service des territoires/entreprises.

Ma vie de prof à AgroParisTech

Le saviez-vous ? Gilles Trystram, spécialiste des procédés des industries alimentaires est aussi automaticien et a réalisé une partie de sa carrière dans le numérique.

La digitale valeur-ajoutée des AgroParisTech

  • Formés à appréhender l’impact du digital dans leurs futurs métiers
  • Connaissance de secteurs d’application du numérique : agriculture, alimentation environnement, santé
  • Rapidité de compréhension, d’adaptation, force de proposition
  • Forte culture de la donnée
  • Capacité à interconnecter leurs expertises en s’appuyant sur leur culture digitale, leur dimension humaine, leur conscience de ce qu’ils peuvent apporter et savent faire

« Nos élèves entrent dans le numérique, très carré, par le vivant ; donc en prenant en compte l’aléatoire, l’incertain, des échelles multiples »