Trouver et retenir les talents qui construiront la société de demain : un défi d’autant plus important dans la période d’incertitudes que nous traversons aujourd’hui. Mais comment matcher avec les jeunes ingés ? Quels sont les secteurs et les entreprises qui les font vibrer ? Eléments de réponse.

 

Une chose est sûre : être ingénieur est une situation enviable ! C’est la conclusion que dresse Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF) après la publication en juin 2020 de sa 31e enquête socio-professionnelle menée auprès des ingénieurs et scientifiques diplômés. Une communauté toujours plus nombreuse. Estimée à 1 113 000 fin 2019, la population des ingénieurs est ainsi plus que jamais dans la place. Un dynamisme qui va de pair avec un taux de chômage toujours très bas (3.5 %) et une hausse des recrutements (131 000 en 2019 soit + 6 000 par rapport à 2018), dans l’industrie notamment.

Côté salaire, on est aussi dans le vert. Avec une rémunération brute de 35 K€ pour les débutants (pouvant aller jusqu’à 100 K€ en fin de carrière) et un salaire médian de 57.5 K€ brut, les ingénieurs ont le vent en poupe.

 

La boite idéale ?

Et parce qu’ils sont devenus des must-have pour les entreprises qui performent, la concurrence fait rage pour  attirer ces jeunes talents. Selon l’enquête Universum 2020 (publiée juste avant le confinement), les ingénieurs conservent d’ailleurs des valeurs sûres dans leur Top 5. Airbus détient ainsi toujours la palme de l’entreprise qui les fait le plus rêver, devançant Google, Thalès, Safran et Dassault Aviation. Mais la crise sanitaire impactant durement le secteur aéronautique rebattra-t-elle les cartes du classement 2021 ?

Du côté des ingénieurs IT, comptant parmi les plus recherchés, on commence à se désengager peu à peu de la tech, même si les Gafam tiennent encore le haut du panier. Moins plébiscité, Google conserve malgré tout la tête du classement des entreprises préférées des ingénieurs IT (37,35 % en 2020 vs 46 % en 2016), suivi de Microsoft, Apple et Thalès, juste devant Amazon, désormais relégué à la 5e place par le géant de la défense.

 

Les secteurs au top

Covid-19 oblige, le secteur pharmaceutique semble être plus attractif cette année. Comme en atteste le classement Universum avec les bons de Johnson & Johnson (+ 33 places), Sanofi (+ 12 places) et Biomérieux (+ 5 places). Après une chute régulière depuis 10 ans, le secteur de l’énergie séduit à nouveau les ingénieurs, tout comme le secteur bancaire, qui continue sa progression depuis 2018.

Et l’industrie ? Selon le 8ème baromètre annuel sur les jeunes et l’industrie réalisé par Arts et Métiers ParisTech, la GenZ conserve cette année encore une bonne opinion de l’industrie. Elle estime même qu’elle a joué un rôle majeur pour limiter les conséquences de l’épidémie en France. De fait les jeunes souhaitent de plus en plus travailler dans ce secteur. Mieux encore, pour eux, la crise représente une opportunité pour (re)dynamiser l’industrie française, secteur dans lequel ils sont nombreux à s’imaginer travailler un jour.

 

Les métiers à ne pas rater

Recherche ingénieur désespérément. Quel que soit le secteur, c’est le constat dressé par le premier rapport sur les métiers les plus recherchés publiés par LinkedIn début 2020. Parmi les 15 emplois connaissant la croissance la plus importante, on retrouve ainsi en première place la fonction de délégué à la protection des données suivie, d’ingénieur en fiabilité de site, spécialiste en cyber sécurité, ingénieur DevOps, ingénieur data, data scientist ou encore développeur big data. Les pros de la tech ont définitivement de beaux jours devant eux !

Où sont les ingés ? Partout ! Ils évoluent aussi bien dans les TPE (23 %) que dans les grands groupes (11 %) ou les PME (20 %) et les ETI (18 %). Ils sont aussi de plus en plus nombreux à être tentés par l’entrepreneuriat. On compte ainsi 134 300 ingénieurs entrepreneurs en 2019, dont 88 000 en activité principale – Chiffres : 31e Enquête IESF 2020.