POLITIQUE D’OUVERTURE, SOLIDARITÉ, DIALOGUE AVEC LES JEUNES, PROXIMITÉ MÉDIATIQUE ET PHILOSOPHIE MAÇONNIQUE SONT AUTANT DE SUJETS PASSIONNANTS QU’ABORDE PHILIPPE CHARRUEL, GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE.

 

PHILIPPE CHARRUEL, GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE © Grande Loge de France

PHILIPPE CHARRUEL, GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE © Grande Loge de France

 

Nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France, quelle est votre priorité ?
Ma priorité consiste à mener une politique d’ouverture vers les autres obédiences dans le respect de la diversité et de la spécificité de chacun, avec la volonté de travailler en harmonie sur certains projets. Ce rapprochement, notamment avec la Grande Loge Féminine de France, repose sur l’idée que nous avons les mêmes aspirations : être tout à la fois humanistes et spiritualistes. En accord avec Marie-Thérèse Besson, Grande Maîtresse de la GLFF, nous allons nous impliquer en direction de la jeunesse sans idée de prosélytisme, l’objectif premier étant de rencontrer ce public où qu’il se trouve (grandes écoles, universités, centres d’apprentissage…). Nous partons du constat que le jeune d’aujourd’hui manque de repères et a du mal à se poser la question du sens. Nous vivons dans le monde du « tout-à-l’égo » (que l’on peut écrire avec les deux orthographes – égocentrisme et égalitaire -.), et de la consommation à outrance. De même, la communication, la liaison et la communion entre les êtres se distendent.

 

De quelle manière allez-vous mettre en oeuvre ce projet ?
Nous allons dialoguer avec les jeunes et les entendre pour mieux percevoir la nature de leurs doutes, de leurs angoisses, de leurs attentes et de leurs difficultés à se projeter dans l’avenir. Cela va se traduire par l’organisation de rencontres, de conférences et de colloques. Le premier colloque, qui aura lieu à Paris le 2 avril au palais Brongniart, sera suivi d’autres réunions dans les grandes villes de province, notamment à Lille, Lyon et Marseille. Lors de ces colloques, nous organiserons des tables rondes où interviendront des francs-maçons des spécialistes « sachant » ainsi que de jeunes profanes.

 

Comment traitez-vous le problème de la solidarité à la GLDF ?
Nous allons rassembler les efforts de nos différentes structures d’entraide maçonniques pour en faire bénéficier les autres obédiences et le monde profane afin de nous sentir en conformité avec notre volonté d’universalisme. Nous menons également un travail sur le handicap en essayant de le considérer non pas comme un état réducteur des personnes mais en le positivant. Nous souhaitons montrer que, dans certains domaines, les handicapés peuvent être perçus comme des êtres d’excellence. De même, nous nous pencherons sur le problème du malvivre des banlieues en nous adressant d’abord à ceux qui ont réussi pour redescendre, strate après strate, jusqu’à la jeunesse déstabilisée et en état d’échec.

 

Quel est votre rapport à l’information médiatique ?
Dans les loges, nous menons nos réflexions de façon intemporelle en essayant de s’abstraire de l’actualité afin de poser les vrais problèmes et de réfléchir sans être sous l’emprise d’une multiplicité de messages dont la fiabilité peut se révéler tout à fait relative ou partiale. D’autre part, il est important que la Grande Loge de France communique et soit proche des journalistes pour expliquer ce qu’elle entreprend et réalise, de façon que les retours médiatiques puissent être fidèles à la réalité.

 

L’entrée à la Grande Loge de France de jeunes étudiants de grandes écoles et d’universités peut-elle les aider à donner un sens à leur vie et à leur carrière professionnelle ?
Un étudiant qui recherche la diplomation dans une grande école ou une université veut d’abord assurer son devenir professionnel et sa carrière. Cependant, un grand nombre d’entre eux va se rendre compte qu’au-delà de la réussite professionnelle, il manque une dimension essentielle qui relève d’une approche humaniste et spirituelle. En cela, la Grande Loge de France leur propose des chemins parallèles afin de leur apporter cette dimension quelle que soit la place qu’ils occupent dans la société.

 

Patrick Simon