La gestion des risques financiers : un métier en pleine évolution qui ne connaît pas la crise

© Groupe Léonard de Vinci - Bernard Langenstein
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Qui ne tente rien n’a rien : cet adage séculaire est un principe fondamental des marchés financiers. Comme les investisseurs exigent une rémunération pour le risque, les marchés réagissent en rémunérant le risque. Mais combien de risques veut-on assumer ? Et est-ce que le rendement est optimal ?

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Devenir Risk Manager. Manager clé dans toute organisation financière, le Risk Manager a comme responsabilité de quantifier et gérer la prise de risque de l’organisation. La gestion des risques est en soi une pratique très ancienne. Grace à des tablettes d’argile qui nous sont parvenues, nous savons que déjà dans l’ancienne Mésopotamie (3200 av. JC) les hommes avaient adopté une approche quantitative pour mesurer le risque à des fins de prise de décision. Mais la profession de gestion de risque, comme il est exercé aujourd’hui, est relativement récente: elle exige la capacité de gérer d’énormes quantités de données, une connaissance des statistiques et mathématiques, combinées avec une connaissance des instruments financiers et la capacité de communiquer, de convaincre.
Quelles sont les tâches d’un Risk Manager ? Tout d’abord, le Risk Manager quantifie le risque financier, tel le risque de marché, le risque de crédit ou le risque de liquidité. Il existe un risque chaque fois que nous sommes incertains de l’avenir. Le Risk Manager évalue la probabilité que les événements négatifs, généralement des pertes financières, peuvent se produire et tente de quantifier leur importance. Pour ce faire, le gestionnaire des risques analyse les données en utilisant des programmes statistiques sophistiqués. Ces programmes fournissent la mesure des risques, généralement un numéro comme la valeur à risque (VaR) largement utilisé aujourd’hui. Mais le risque ne peut pas être réduit à un seul numéro : le Risk Manager doit étudier le risque des différents points de vue pour créer une vue globale du risque, par exemple, coupler le risque de marché et le risque de liquidité. Le travail du Risk Manager ne s’arrête pas à la quantification du risque. Une fois mesuré, le risque doit être géré, donc communiqué aux responsables afin de déterminer le montant du risque que l’entreprise est prête à assumer pour atteindre ses objectifs de rentabilité. Le Risk Manager doit être un bon communicant, capable de présenter et discuter les risques et toutes les subtilités techniques de manière concise mais précise, afin de ne pas sacrifier la compréhension des faits essentiels. Et parce que le « risk appetite » de toute organisation a ses limites, le Risk Manager doit être en mesure de proposer des stratégies pour atténuer les risques et optimiser le rendement-risque. Pour ce faire, le Risk Manager doit être familier avec les nombreux instruments financiers par lesquels le risque peut être acheté et vendu. La capacité d’acheter, de vendre, de transférer le risque est une innovation financière majeure rendue possible par les outils qui quantifient le risque et les instruments qui ont été créés pour le transférer. En outre, le Risk Manager a la responsabilité d’assurer qu’il n’y a pas de sources de risque à l’intérieur même de l’organisation, telles les positions prises par les traders. Il s’agit de veiller à ce que l’organisation ait les outils adéquats pour empêcher que cela ne se produise. À l’ESILV (Ecole Supérieure d’ingénieurs Léonard de Vinci), où j’enseigne la gestion des risques, nous avons divisé l’enseignement entre cours théoriques et travaux dirigés où les étudiants ont à résoudre les problèmes concrets de gestion des risques, créer des stratégies de gestion des risques et discuter les résultats. L’objectif : donner aux étudiants une vision globale des risques et la capacité de modifier le profil de risque de l’entreprise et enfin de communiquer sur le risque.
Quelles sont les possibilités de carrières dans la gestion des risques ? Innombrables : les entreprises financières, y compris les banques, les sociétés de valeurs mobilières, les gestionnaires d’investissement, les entreprises d’assurance, mais aussi les services financiers à l’intérieur des grandes sociétés continuent à renforcer leurs équipes de gestion des risques.
Quels sont les avantages ? Là encore, ils sont nombreux : au-delà des récompenses intellectuelles (la gestion des risques est à la pointe de la recherche en finance et en économie), il y a des atouts financiers. Les salaires varient en fonction de la responsabilité, l’ancienneté, et le type et la taille de l’entreprise. On ne démarre pas comme un Risk Manager, mais plutôt comme un technicien du risque (salaire de départ moyen 30 000€), pour devenir ensuite un analyste des risques (salaire moyen 40 000-60 000 e) et finalement Risk Manager (salaire de 70 000-100 000 e et au-delà). Les postes les mieux rémunérés se trouvent dans le secteur finance proprement dit, dans des villes comme New York, Londres, Zurich et Paris.

 

Par Sergio Focardi,
enseignant-chercheur au sein du De Vinci Finance Lab à l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard De Vinci et Professeur de finance à Stony Brook University, New York

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