Depuis une quinzaine d’années, des plans de développement ambitieux ne cessent de se déployer sur le continent africain. Nous voyons naître les uns après les autres de très grands projets d’infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires tels que le TGV Maroc-Lybie, l’aéroport international et les autoroutes au Sénégal ou encore la construction du port en eau profonde de Kribi au Cameroun… pour n’en citer que quelques-uns. Et ce dynamisme n’est pas prêt de s’essouffler ! Ce d’autant plus que la Banque Mondiale table sur le maintien de la croissance en Afrique sur le long terme. Conséquence : les besoins en termes de formation professionnelle ne cessent de croître et, faute d’enseignants et de moyens, les universités africaines peinent à les satisfaire. Une niche que les acteurs de l’enseignement supérieur français ont bien identifiée ! – Par Céline Rolland, Directrice de l’IPER en collaboration avec la direction du développement international EM Normandie

 

 

L’expérience, la qualité et le savoir-faire français

La formation continue à la française s’est peu à peu fait une place de choix en Afrique. Les grandes écoles sont devenues, pour les entreprises et les institutions, des piliers incontournables pour soutenir leurs projets d’envergure ou, plus globalement, leurs stratégies de développement. Confrontées à des réalités opérationnelles, managériales, réglementaires et stratégiques de plus en plus complexes, elles n’hésitent plus à financer des séminaires de formation intensifs dans l’hexagone ou « à domicile » construits sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Une dynamique qui trouve sa réponse du côté des business schools qui rivalisent d’ingénierie pédagogique pour répondre aux demandes les plus spécifiques. La politique volontariste de l’EM Normandie en la matière en est le premier exemple. Elle développe, notamment au travers les activités de son Institut portuaire d’Enseignement et de Recherche (IPER), positionné sur un marché de niche spécialisé dans le maritime, le portuaire et la logistique, une gamme pointue de programmes qualifiants inter ou infra-entreprises et sur-mesure.

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Le plébiscite de l’enseignement à distance

Impossible de parler de formation continue sans évoquer le e-learning ! Gain de temps, limitation des frais, apprentissage conciliable avec les impératifs professionnels sont quelques-uns des nombreux atouts de ce mode d’enseignement qui permet, de surcroît, d’ouvrir l’accès aux programmes diplômants. Et son attractivité auprès du public africain est manifeste. En témoigne le pourcentage de professionnels du continent inscrits dans le programme Grande Ecole EM Normandie en formation continue cette année : près de 50 % de la promotion !

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La formation des jeunes : une priorité

Ces avancées ont également un impact majeur sur les besoins en formation initiale. L’accès des jeunes à l’enseignement supérieur s’est largement démocratisé, faisant émerger une autre tendance. Les familles souhaitent de de plus en plus voir leurs enfants se former en Afrique pour pallier notamment aux difficultés administratives liées à l’expatriation de mineurs non-européens et, bien entendu, diminuer les frais quotidiens. On voit ainsi fleurir des universités et des business schools privées locales au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun ou encore en Tunisie. Et les grandes écoles françaises se positionnent également, avec des campus propres, et/ou en développant des partenariats avec des institutions africaines. Certains accords peuvent ainsi permettre aux étudiants de débuter leurs études supérieures dans leur pays et de les poursuivre dans l’hexagone avec un double-diplôme à la clé. Une sorte de passerelle qui permet d’assouvir leur soif d’international et de développer leurs capacités d’adaptation. Ainsi en est-il des nombreux accords de « poursuite d’études » que l’EM Normandie a signés en Afrique du Nord et Afrique sub- saharienne.

La richesse de son offre de formation, la capacité à déployer des programmes sur-mesure, l’aptitude à bouleverser les codes d’apprentissage traditionnels pour répondre aux problématiques émergentes sont autant d’atouts qui doivent contribuer à imposer la France comme un partenaire de premier ordre dans le développement économique du continent africain.