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JNI : Les ingénieurs en première ligne de la relance économique

JNI ingénieurs

A l’occasion des 8e Journées nationales de l’ingénieur (JNI), le 4 mars dernier, l’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France) a organisé son colloque parisien annuel. Après un an de crise sanitaire, un thème en plein dans l’actu a été choisi cette année : « Ingénieurs, Acteurs de la Relance ».

 

« Les ingénieurs sont au cœur de toutes les grandes transformations et innovations qui permettent à notre société de progresser », a introduit Marc Ventre, président d’IESF en préambule du colloque.

« La relance se fera avec et grâce aux ingénieurs » 

Cette année, le thème était « Ingénieurs, acteurs de la Relance ». Dans le contexte de crise sanitaire et économique, le Gouvernement a en effet lancé en septembre dernier un plan de relance massif pour faire redémarrer le pays et l’économie. Sur 100 milliards d’euros, plus de 35 milliards d’euros seront consacrés à l’industrie.

 « Ce plan de relance se fera avec et grâce aux ingénieurs et scientifiques qui sont au cœur des innovations technologiques et de la conception de nouveaux moyens de produire, de se déplacer, de travailler et de communiquer, poursuit Marc Ventre. Ils font tout cela pour maintenir la compétitivité du pays et pour le bien de tous ».

>>>> A lire aussi : Jacques Attali : « Les ingénieurs sont les combattants d’avant-garde du nouveau monde »

La formation des ingénieurs : un enjeu majeur

Parmi les thèmes du colloque parisien, la préservation de l’environnement, abordée à travers une table-ronde sur l’hydrogène vert et une seconde sur la mobilité durable.

La formation a également été largement évoquée comme enjeu majeur. « Pas d’ingénieurs ni de scientifiques sans formation de qualité : nous avons le meilleur système au monde et celui-ci est reconnu internationalement. Nous sommes donc attachés à cette formation des ingénieurs à la française, préservons-là », a rappelé Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie.

Le nombre d’ingénieurs augmente mais reste insuffisant

Dans  ce cadre, IESF s’attache à promouvoir les métiers d’ingénieurs et de scientifiques auprès des jeunes, notamment dans les collèges et lycées. Avec un accent tout particulier sur les jeunes filles, afin qu’elles s’engagent plus nombreuses dans ces filières. En effet, seuls 23 % des ingénieurs en France sont des femmes, selon la dernière enquête nationale d’IESF.

200 écoles d’ingénieurs sont accréditées par la CTI (Commission des Titres d’ingénieurs). Ces établissements aux statuts variés (privés, publics, externes, internes aux universités, sous tutelle de l’enseignement supérieur…) ont diplômé 42 000 ingénieurs en 2020. « Une progression constante (40 % en 10 ans) mais encore insuffisante », a noté Elisabeth Crepon, présidente de la CTI et directrice générale de l’ENSTA Paris.

Un besoin de davantage d’étudiants ingénieurs

Mais face au plan de relance, le nombre d’ingénieurs est-il suffisant ? Une question à laquelle Laurent Champaney, vice-président Ecoles de la Conférence des Grandes Ecoles et directeur général d’Arts et Métiers ParisTech a longuement répondu. « La tendance est à une légère augmentation du nombre d’ingénieurs diplômés. Mais ce n’est pas énorme par rapport aux besoins toujours plus importants des entreprises », a-t-il indiqué en préambule.

Deux explications à cela selon lui. Une explication technique d’abord, liée à la « production » de ces ingénieurs. « En France, les écoles publiques sont sous tension d’un point de vue financement de l’Etat. On a toujours plus d’étudiants dans l’enseignement supérieur et l’Etat ne peut privilégier les écoles d’ingénieurs par rapport aux autres. Les écoles privées elles, font la majorité de l’augmentation des flux. Elles ont toujours préféré faire de la qualité plutôt que de la quantité, en essayant d’avoir des frais de scolarité les plus faibles possibles. La volonté est là mais les moyens manquent. »

Autre problématique : une désaffection pour les mathématiques. « Avec la réforme du bac en cours, les modules scientifiques sont au choix et, dès le collège, on remarque un manque d’appétence. Mais les entreprises, elles, demandent pourtant toujours un socle scientifique et technologique fort. »

Les écoles ont alors élargi leur vivier de recrutement. Non seulement pour faire face à cette potentielle désaffection, mais aussi pour répondre à une demande de plus de diversité dans les compétences des ingénieurs. Et dans son discours, la ministre déléguée, chargée de l’Industrie, a conclu en interpellant les jeunes.

« Engagez-vous dans la voie de l’ingénierie ! Il est primordial de continuer à former des étudiants ingénieurs qui vont inventer de nouvelles méthodes pour répondre présent face aux challenges de l’avenir et réindustrialiser le pays ».

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