Le milieu du développement Web demeure encore très masculin malgré la démocratisation et la féminisation du secteur. Et les clichés persistent encore sur certains points, comme notamment les compétences nécessaires pour faire du développement Web.

 

Diplômée en 2015 de l’école SUP’Internet, comment s’est passée ta recherche d’emploi ensuite ?

J’ai eu la chance de ne pas avoir à chercher. Grâce à LinkedIn j’ai été contactée par une recruteuse de l’entreprise LinkValue en mars 2015, et j’ai décidé de passer un entretien. J’ai signé mon contrat 2 mois plus tard.
Pendant mes études j’ai fait attention à tester un type d’entreprise différent pour chaque stage. Petite et moyenne entreprise, agence Web ou entreprise dont le cœur de métier n’était pas le développement. LinkValue est une SSII donnant la possibilité de choisir chez lequel de leurs clients travailler. J’ai pu intégrer une très grande entreprise pour avoir une expérience encore différente.

Être développeuse Web est un métier qui commence à attirer de plus en plus de femmes… ?

Mon intégration a toujours été très bonne, en entreprise ou à l’école. Mais je n’ai pas côtoyé beaucoup de femmes. En première année, nous étions 3 femmes sur 42 étudiant•e•s. J’ai été la seule à poursuivre dans le développement à la fin de la formation.
Au travers de mes stages et emplois, j’ai travaillé avec en tout et pour tout 2 développeuses back-end et 2 intégratrices, comparé à plusieurs dizaines de développeurs back-end. Ici à Toronto, comme en France, je suis la seule développeuse de l’équipe.

Aujourd’hui, si tu devais conseiller de jeunes femmes qui hésitent à se plonger dans une carrière en Web développement, que leur dirais-tu ?

Vous perdrez plus à ne pas essayer. Il ne faut surtout pas hésiter parce que c’est un domaine majoritairement masculin. Vous avez beaucoup à apporter à une entreprise en termes de vision des choses, rigueur, organisation, idées. Je n’ai que très rarement rencontré des développeurs ne me prenant pas au sérieux parce que je suis une femme ou plus jeune, et si c’était le cas, il m’a suffi de prouver que je maîtrise mon domaine.
Je trouve le secteur du développement Web très gratifiant. J’aime sa logique, le résultat que vous obtenez ne peut être que celui que vous avez écrit dans votre code. J’aime voir mon code partir en production. J’aime voir que ma logique, ma visualisation et la manière dont je crée mes algorithmes progressent au fur et à mesure des projets. On n’en finit jamais d’apprendre et de s’améliorer, on ne s’ennuie jamais. De plus, c’est un domaine où on peut changer de poste facilement, riche dans le nombre de langages existants, et intéressant par le nombre de spécialisations différentes que les entreprises peuvent englober. Je sais que je n’aurais pas pu partir vivre et travailler à l’étranger aussi facilement si je n’avais pas été dans ce secteur.

Quels sont tes projets professionnels d’avenir, proches ou lointains ?

Mon visa de travail au Canada est valide jusqu’à fin mai 2019. Je compte continuer de travailler dans l’entreprise ou je suis ici à Toronto pour le moment, tant que cette entreprise peut m’apporter plus et que je peux également apporter à cette entreprise. Pour la suite, j’ai quelques amis développeurs avec lesquels on parle de créer notre entreprise…