Comment construire un système énergétique capable de répondre aux défis de demain ? Denis Dumont (UC Louvain 96), Chief Officer Gas, Energy & Nuclear chez Tractebel, mise sur une ingénierie sans œillères, des technologies complémentaires et une nouvelle génération prête à avoir de l’impact.
Entre urgence climatique, souveraineté énergétique, réindustrialisation et explosion des besoins en électricité, avons-nous changé d’époque en matière d’énergie ?
Oui. Nous devons répondre à une demande électrique croissante, tout en réduisant nos émissions, en garantissant la sécurité d’approvisionnement et en maintenant des prix abordables. Pour y parvenir, toutes les technologies devront fonctionner ensemble : renouvelables, stockage d’énergie, réseaux électriques, énergie nucléaire, centrales à gaz à cycle combiné… L’enjeu est de construire un système plus électrique, plus décentralisé et surtout plus intégré, capable de fournir une énergie fiable, abordable et décarbonée aux citoyens comme aux industriels.
Quand un projet énergétique se compte en milliards d’euros et se construit sur plusieurs décennies, qu’est-ce qui fait qu’un client confie une telle responsabilité à Tractebel ?
D’abord, la confiance. Nos clients savent que nous ne lâcherons jamais un projet et que nous mettrons toujours l’expertise technique nécessaire à sa réussite. Nous sommes indépendants dans notre conseil et neutres technologiquement, mais il faut aussi comprendre et écouter le client, puis rester présent à toutes les étapes. Nos plus grands succès sont ceux où cette relation de confiance se construit dans la durée, jusqu’au moment où nous remettons ensemble les clés d’une installation qui fonctionne et permet au client d’être compétitif.
Depuis un an, vous dirigez les activités gaz, énergie et nucléaire du groupe, en plus de l’entité belge de Tractebel. Qu’est-ce que ce nouveau périmètre a changé ?
Nous avons désormais toute l’expertise de la décarbonation et des solutions énergétiques réunie au sein d’un même département (business area) de 1 500 collaborateurs. Renouvelables, batteries, réseaux, gaz, nucléaire, décarbonation de l’industrie : nous avons toutes ces expertises pour répondre aux enjeux de nos clients. Cela a aussi changé mon regard sur leurs besoins : ils ne se cantonnent plus à un seul secteur et les solutions sont de plus en plus intégrées. Elles doivent notamment s’imbriquer dans des installations existantes. Pour des ingénieurs, c’est leur rêve ultime !
Avec l’IA, la transition énergétique et des projets toujours plus complexes, l’ingénieur de demain devra-t-il d’abord être un excellent technicien ou savoir regarder au-delà de sa spécialité ?
Il n’y a pas le choix : il faudra être les deux. La profondeur technique reste indispensable. Elle fonde la crédibilité, la sûreté et la qualité des décisions, mais elle devra s’accompagner d’une grande curiosité, d’un esprit critique et de la capacité à collaborer avec d’autres disciplines. L’IA nous permet déjà d’analyser davantage de données et d’explorer plus de scénarios. Elle va changer les outils, mais elle ne remplacera jamais le jugement d’un ingénieur.
Qu’est-ce qu’un jeune diplômé peut vivre chez Tractebel qu’il vivrait difficilement ailleurs ?
Chez Tractebel, les jeunes ingénieurs sont immédiatement mis dans le bain. On n’attend pas trois ou quatre ans pour les faire contribuer à des projets qui ont un impact réel sur la société : énergies bas carbone, réseaux, stockage, infrastructures, décarbonation… Ils travaillent aux côtés d’experts reconnus et dans des équipes internationales. Ils peuvent ensuite construire une carrière sur mesure : devenir expert, chef de projet ou manager, changer de secteur, de pays ou de niveau de responsabilité, tout en gardant le même fil conducteur.
Louvain, là où tout a commencé Je me souviens de Joseph Martin, un professeur qui travaillait déjà sur des projets visant à consommer mieux et moins. Il avait notamment remporté un concours consistant à parcourir un maximum de kilomètres avec un litre d’essence. Cela m’avait beaucoup inspiré et motivé à devenir ingénieur, puis à rejoindre Tractebel. Près de trente ans plus tard, nous sommes toujours au cœur de ces enjeux : consommer moins, consommer mieux et décarboner.
Chiffres-clés : 6 000 collaborateurs / 150 ans d’expertise / 1 500 ingénieurs au sein du département (business area) gaz, énergie et nucléaire
Contact : denis.dumont@tractebel.engie.com