Interview Florent Rivoire RTE
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RTE investit 100 milliards d’euros dans le réseau entre 2025 et 2040 – L’interview de Florent Rivoire

Oui notre pays dispose d’une électricité abondante et très largement décarbonée. Mais il doit rapidement développer son réseau pour pouvoir l’utiliser davantage ! Porté par sa mission « d’œuvrer à chaque seconde pour garantir dans la durée l’accès de tous les Français à une électricité décarbonée grâce à son réseau », RTE est au cœur de l’équation. Florent Rivoire (Université Paris Nanterre 94), directeur du développement des carrières, du recrutement et des talents, vous invite à relever ce défi passionnant à ses côtés.

Sans RTE : pas d’électricité en France ?

En charge du réseau de transport d’électricité à haute et très haute tension, RTE remplit effectivement une mission de service public essentielle pour près de 67 millions de Français : à chaque instant, nous devons garantir que l’électricité dont chacun a besoin pour produire, se chauffer, se climatiser, se déplacer ou se soigner, est disponible, partout sur le territoire. Ce qui nécessite de maintenir à chaque seconde l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité. Pour ce faire, nous travaillons avec nos clients : les producteurs et les distributeurs d’électricité, les régies locales, les grands consommateurs industriels (secteur automobile, data centers etc.), les transporteurs ferroviaires, directement raccordés au réseau.  

Une mission qui rime avec anticipation ! Comment RTE entend répondre aux besoins croissants en électricité ?

En investissant 100 milliards d’euros dans le réseau entre 2025 et 2040 ! Ce, pour moderniser les infrastructures, adapter le réseau au changement et aux conditions climatiques extrêmes, et raccorder les énergies renouvelables, sur terre et en mer. Des investissements qui vont de pair avec le recrutement de 2 300 collaborateurs ces trois dernières années, dont 50 % de profils universitaires sur le collège cadre. Une dynamique de recrutement que nous accompagnons par une démarche Compétences, afin de développer une vision des emplois et compétences dont l’entreprise aura besoin, dans le futur, pour réussir ses projets d’adaptation à la transition énergétique : concertation sur les projets, éolien offshore, management de projet, contract management, cybersécurité, technologies numériques, business énergie, marché de l’électricité etc.

Pourquoi les profils universitaires vous intéressent-ils particulièrement ?

Parce que je suis convaincu des vertus de la complémentarité ! Ils nous permettent d’abord de diversifier le profil culturel de nos cadres, jusqu’à présent très largement issus des écoles d’ingénieurs. Ensuite, ils nous aident à progresser sur la féminisation de nos effectifs, notamment dans les métiers techniques (les femmes étant statistiquement plus présentes dans les filières universitaires). Ils nous permettent enfin d’élargir le sourcing de nos recrutements dans un contexte de forte concurrence sur le marché de l’emploi de notre filière, alors que le volume d’ingénieurs formés a tendance à baisser.

En parlant de profil universitaire, qu’est-ce qui vous a poussé, tout juste diplômé de Nanterre, à rejoindre le monde de l’énergie ? 

Entré au sein du parc nucléaire chez EDF en tant que juriste en droit social en 1995, j’ai tout de suite été passionné par la finalité de ses missions, la diversité des métiers et des problématiques RH et managériales et la possibilité d’y construire un parcours professionnel riche et diversifié sur tout le territoire. Cette industrie m’a ouvert des passerelles professionnelles passionnantes entre quatre métiers : le juridique social d’abord, puis les RH, le management d’entités RH et même le management d’entités techniques !

Une anecdote sur vos années à Nanterre ?

Je me souviens d’un prof de TD, jeune avocat, pour qui la méthode de travail d’un juriste – à savoir : établir les faits, identifier les problèmes, défendre une solution – était universelle et pouvait s’appliquer à tous les métiers. Il avait tellement raison ! Je citerais aussi ma chance d’avoir participé, en dernière année de magistère, à un programme ERASMUS de trois mois à Athènes sur le thème de la sécurité sociale en Europe. Une expérience formidable d’ouverture culturelle et linguistique, durant laquelle nous avons eu le plaisir de recevoir la visite du directeur et fondateur du magistère de droit social à Paris X, Philippe Langlois. Je garde un excellent souvenir de son approche très pragmatique de l’enseignement universitaire, ouvert sur le monde professionnel.

Les chiffres qui font la différence 6 % de la masse salariale consacrés à la formation / En moyenne chaque salarié de RTE a bénéficié de 46h de formation en 2025

Contact : florent.rivoire@rte-france.com