interview Veronique Matignon Vinci Energies
©Christophe Duron

VINCI Energies : quand l’autonomie libère les parcours – L’interview de Véronique Matignon

De fiscaliste internationale à Vice-présidente des richesses humaines de VINCI Energies, Véronique Matignon (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 86, Université Paris-Dauphine 06) a fait de la capacité à se réinventer un fil rouge de son parcours. Autonomie, intelligence artificielle, collectif, reprise d’études… Chez elle, une même conviction traverse l’entreprise comme la carrière : on n’a jamais fini d’apprendre.

Votre modèle décentralisé est l’un des marqueurs de VINCI Energies. Que permet-il… et où montre-t-il ses limites ?

Il nous permet de faire mieux et plus vite en matière d’innovation et d’adaptation. Sur l’IA par exemple, nous comptons plusieurs milliers d’initiatives dans nos entreprises ! Cette autonomie locale est une formidable source d’agilité, mais aussi de motivation : chacun peut prendre des initiatives et les mener à bien dans un cadre donné. La contrepartie, avec 2 200 entreprises dans 60 pays, est de parvenir à diffuser les innovations et les bonnes pratiques. Cela demande beaucoup d’énergie et une vraie capacité à travailler en réseau. Nous perdons peut-être un peu en vitesse au départ, mais nous gagnons en profondeur.

Alors que l’IA progresse, quelles compétences humaines prennent encore plus de valeur ?

L’adaptabilité et l’esprit critique. L’IA peut accélérer certaines tâches, voire faire mieux que certains humains sur le quoi. Cela nous pousse à mettre davantage l’accent sur le pourquoi et le comment. Dans certains de nos bureaux d’études, son utilisation n’a pas diminué le nombre d’ingénieurs ou de techniciens, mais elle a déplacé leur travail : ils consacrent moins de temps à certaines tâches de conception et davantage à l’optimisation, à la qualité et à la recherche de solutions innovantes.

Vous résumez votre parcours par « From Business to HR, from HR to Business ». Quand avez-vous compris que performances économique et humaine étaient indissociables ?

Très tôt, avant même de travailler dans les RH. Lorsque j’étais avocate fiscaliste internationale, j’ai participé à de nombreuses acquisitions. Celles qui fonctionnaient étaient celles où les personnes restaient motivées autour d’une stratégie comprise. D’autres ont échoué parce qu’elles avaient été regardées uniquement à travers des indicateurs financiers. Chez VINCI Energies, nos services sont réalisés par des femmes et des hommes : leur performance individuelle, mais aussi la qualité de leur travail collectif, créent de la valeur.

Vingt ans après votre diplôme de la Sorbonne, pourquoi avez-vous décidé de redevenir étudiante à Dauphine ?

Je voulais changer de métier. Je ne connais pas de meilleur moyen que de reprendre des études pour acquérir une expertise et prendre du recul auprès de personnes qui en savent davantage. Mais Dauphine m’a surtout rappelé une chose : on ne sait jamais rien ! Ce n’est pas parce que l’on atteint un certain niveau de responsabilité que l’on sait mieux que les autres. Redevenir étudiante oblige à se remettre en question.

Cette reprise d’études a aussi été une aventure collective…

J’étais mariée, j’avais deux enfants, un poste de dirigeante et j’ai pris de nouvelles responsabilités mondiales pendant mon MBA. Trois mois avant de rendre notre mémoire, j’ai dit à mes trois camarades : « j’arrête, c’est trop dur. » Sans elles, je n’aurais probablement jamais terminé. Cette expérience m’a aussi donné une forme de résilience : une fois que l’on a réussi à changer de métier ou d’univers, on sait que l’on peut recommencer. Et justement, je vais bientôt redevenir étudiante : je souhaite reprendre des études en psychologie !

VINCI Energies : le droit à l’erreur et à la transparence

Avec 30 % de ses effectifs âgés de moins de 30 ans, VINCI Energies mise notamment sur les stages et l’apprentissage pour attirer ses futurs collaborateurs. Une porte d’entrée dans un modèle où les jeunes peuvent rapidement gagner en autonomie et prendre des responsabilités. Mais cette liberté va de pair avec une règle essentielle: la transparence. Pour Véronique Matignon, reconnaître une erreur, demander de l’aide ou simplement dire que l’on ne sait pas faire n’est pas un problème. L’enjeu est au contraire de pouvoir en parler pour apprendre, progresser et trouver collectivement une solution.

Chiffres-clés : 21,6 milliards d’€ de CA / presque 110 000 collaborateurs

Contact : veronique.matignon@vinci-energies.com / www.vinci-energies.com/job-offer.