Depuis sa création en 2002, le Réseau Polytech est en expansion avec le rattachement de Polytech Annecy-Chambéry (2006), Polytech Paris-Sud (2009) et Polytech Lyon (2012). Aujourd’hui, le Réseau peut se vanter d’avoir formé 10 % des ingénieurs en activité dans l’Hexagone, d’accueillir 14 000 étudiants répartis sur 13 campus et d’enregistrer une hausse de 10 % de ses effectifs en 2013, preuve que le modèle séduit. René Le Gall, directeur de Polytech Nantes et coordinateur du Réseau, revient pour nous sur les raisons de ce succès.

 

Rencontre AVOSTII en octobre 2012

Rencontre AVOSTII en octobre 2012

LE RÉSEAU POLYTECH PROPOSE DES FORMATIONS DANS 12 GRANDS DOMAINES SCIENTIFIQUES (EAU, ENVIRONNEMENT, AMÉNAGEMENT, ÉLECTRONIQUE ET SYSTÈMES NUMÉRIQUES…). QU’EST CE QUI VOUS ENCOURAGE À PROPOSER UN SI VASTE ÉVENTAIL DE PARCOURS ?
A la création du Réseau Polytech, nous avons fait le choix de rompre avec la tradition des écoles d’ingénieurs françaises et de former non pas des ingénieurs avec des compétences générales mais des spécialistes. A partir de là, nous avons construit un panel de 12 formations différentes et clairement identifiables. Nos étudiants, à l’issue de leur apprentissage, disposent donc de compétences techniques avancées dans un domaine choisi.

 

UN DES ATOUTS DU RÉSEAU POLYTECH EST SA COUVERTURE NATIONALE. DANS CETTE TOILE COHABITENT DES VILLES TELLES QUE PARIS OU MARSEILLE QUI CONTRASTENT AVEC DES VILLES COMME CLERMONT-FERRAND ET ORLÉANS. QUEL ÉTAIT VOTRE OBJECTIF PREMIER EN VOUS IMPLANTANT DANS DES VILLES DE DIFFÉRENTES ENVERGURES ?
L’implantation du Réseau Polytech ne répond à aucune stratégie territoriale. Nous recevons des candidatures d’écoles d’ingénieurs et nous sélectionnons uniquement les plus solides. La Charte du Réseau définit les critères que doit remplir une école pour nous rejoindre : proposer une formation exigeante, accueillir un nombre important d’élèves et délivrer un diplôme d’ingénieur reconnu par la Commission des titres d’ingénieur dans au moins 3 des 12 spécialités proposées par le Réseau. Actuellement, aucune école candidate ne remplit l’ensemble de ces modalités. De plus, si le Réseau s’étend trop, il deviendra difficile de le coordonner. Nous ne prévoyons donc aucun nouveau rattachement à court terme.

 

LA PROPORTION DES ÉTUDIANTS BOURSIERS DANS LE RECRUTEMENT DE 2013 ÉTAIT DE 40 % CE QUI EST UN TAUX SUPÉRIEUR À CELUI DES ÉCOLES CENTRALES OU DES ÉCOLES DES MINES (EN MOYENNE 30 %). AVEZ-VOUS POUR VOCATION DE PROPOSER UNE FORMATION D’EXCELLENCE AVEC UN RECRUTEMENT PLUS DÉMOCRATIQUE ?
Notre structure de recrutement diffère des écoles d’ingénieurs traditionnelles. Nous avons créé une prépa intégrée accessible post-Bac et avons ouvert le recrutement aux étudiants de niveau Bac +2. Notre objectif est de diversifier le profil des étudiants rejoignant le Réseau avec seulement un tiers est issu des classes préparatoires. Nous sommes très satisfaits de cette politique de recrutement qui permet d’intégrer des élèves originaires de milieux sociaux variés.

 

90 % DES ÉTUDIANTS DU RÉSEAU POLYTECH ONT UN EMPLOI DANS LES 4 MOIS QUI SUIVENT L’OBTENTION DE LEUR DIPLÔME. QU’EST-CE QUI EXPLIQUE UN TEL SUCCÈS À L’EMBAUCHE ?
Avant tout, il faut relativiser cette réussite : le taux de recrutement est important pour tous les jeunes diplômés des grandes écoles d’ingénieurs. Mais, il est vrai que sur plusieurs plans nous enregistrons un succès légèrement supérieur à la normale. Le profil de l’ingénieur spécialiste séduit les employeurs puisqu’il rend le jeune diplômé rapidement opérationnel. Nous estimons que 60 000 ingénieurs en activité en France ont été formés par le Réseau Polytech. Les anciens du Réseau sont plus enclins à recruter un jeune diplômé qui a suivi le même parcours qu’eux.

 

AUX MINES ET À CENTRALE, LE CAMPUS DE PARIS TEND À SE DÉMARQUER DES AUTRES PAR LA VALEUR ET LE PRESTIGE DU DIPLÔME DÉLIVRÉ CE QUI NE SEMBLE PAS ÊTRE LE CAS POUR LE RÉSEAU POLYTECH. CE CHOIX A T-IL NOTAMMENT POUR BUT DE SUSCITER UN SENTIMENT D’APPARTENANCE AU RÉSEAU ?
Le Réseau Polytech a souhaité rompre avec la logique des autres réseaux d’écoles d’ingénieurs et de ne pas avoir de leader. Afin de fonctionner comme un véritable réseau, il nous a fallu délocaliser nos structures administratives et partager certaines responsabilités. En uniformisant nos contenus pédagogiques et notre fonctionnement, nous avons donné la possibilité aux étudiants de changer facilement de campus en cours de cursus. La moitié de nos élèves profite de cette opportunité ce qui entretient un fort sentiment de cohésion.

 

VOTRE DEVISE EST « RELEVONS LES DÉFIS DE DEMAIN ». QUELS SONT LES PRINCIPAUX DÉFIS AUXQUELS DEVRA FAIRE FACE LE RÉSEAU POLYTECH DANS LES 10 PROCHAINES ANNÉES ?
Tout d’abord, nous devons nous préparer à la restructuration du paysage universitaire faisant suite à la Loi Fioraso. Puisque les campus du Réseau Polytech sont des composants à part entière de l’université, nous sommes concernés par ce choix politique. Un autre enjeu est la définition perpétuelle de «l’ingénieur de demain». A une époque de transition énergétique, numérique et sociétale, nous devons prévoir quel profil d’ingénieur répondra au mieux aux besoins futurs des entreprises.

 

JEAN-PHILIPPE KHA, PRÉSIDENT DU TOURNOI INTER POLYTECH, 4E ANNÉE À POLYTECH NICE-SOPHIA :
Qu’est-ce qui t’a incité à rejoindre le Réseau Polytech ?
L’admission post-Bac et la prépa intégrée ont beaucoup influencé mon choix, cela correspondait parfaitement à mes attentes. L’idée d’un cycle de formation avec de multiples spécialités m’a aussi beaucoup plu. Chaque étudiant peut ainsi personnaliser son parcours en fonction de son projet professionnel.
Qu’est-ce qui t’a motivé à t’impliquer dans cette association ?
Organiser le Tournoi Inter Polytech était une façon de repousser mes limites, de relever un défi et de me prouver que j’étais capable de réussir. Comme j’aime donner aux autres, m’engager dans une association est un acte naturel. Pour moi, la vie associative du Réseau est quelque chose de très important car elle rend les étudiants heureux. Au Tournoi Inter Polytech, nous avons le sentiment de tous déjà nous connaître et de vivre un moment particulier. Et puis, cette aventure m’a permis d’appliquer mes cours de gestion de projets !

 

GUILLAUME BEAUGRAND, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS DU RÉSEAU POLYTECH, 5E ANNÉE À POLYTECH PARIS-SUD :
Quel est le rôle de la Fédération des Étudiants ainsi que celui de son président ?
La Fédération représente les 14 000 élèves du Réseau auprès de l’administration. Nous sommes très impliqués dans certaines décisions pédagogiques. Nous fédérons l’ensemble des Bureaux des étudiants et des associations du Réseau. Tous les ans, un Congrès réunit l’ensemble du corps associatif et donne l’occasion à la Fédération de former ses acteurs et de faire de la prévention. Si nécessaire, nous continuons de les accompagner tout au long de l’année. Nous devons sans cesse communiquer avec les BDE et les informer sur les évolutions qui touchent le Réseau. Pour ma part, je dois gérer une équipe de 25 personnes, coordonner leur travail et m’assurer que tout se passe bien. A ceci s’ajoute un important travail de représentation : je dois être présent à chaque événement auxquels les étudiants du Réseau participent.
Quelles ambitions nourris-tu pour ton avenir professionnel ?
Mon choix n’est pas encore arrêté ! J’étudie la photonique et les systèmes optroniques à Polytech Paris-Sud et, à vrai dire, je trouve ça tellement passionnant que je ne me ferme aucune porte. Actuellement, je réalise un stage chez Airbus que je trouve très intéressant et qui pourra peut-être préciser mon projet professionnel.

 

Simon Sénot