Interview de Laurence Carde Crédit Mutuel Anjou

Le Crédit Mutuel Anjou hisse les femmes au sommet… et le revendique ! – L’interview de Laurence Carde

Directrice Générale du Crédit Mutuel Anjou depuis trois ans, Laurence Carde, (UniLaSalle 97, Audencia 15), incarne une trajectoire inspirante pour toutes celles qui rêvent de conjuguer ambitions professionnelles et équilibre personnel. Témoignage d’une dirigeante sans langue de bois.

Laurence Carde aime raconter son parcours comme une succession d’opportunités qu’elle a choisies de ne pas laisser filer. « Mes évolutions au sein du Crédit Mutuel se sont faites sans que je postule, assure-t-elle. Il faut savoir prendre les trains au moment où ils passent et faire confiance à sa hiérarchie. À chaque fois que j’ai eu des propositions, j’ai décidé de les saisir. Je viens de fêter mes 28 ans au Crédit Mutuel qui m’a offert la possibilité d’exercer une dizaine de métiers différents sans jamais me lasser. »

Interview de Laurence Carde Crédit Mutuel Anjou

La mobilité pour adage

Cette ingénieure en agriculture a commencé au Crédit Mutuel de Bretagne comme chargée de clientèle agricole, avant de rejoindre la Confédération Nationale du Crédit Mutuel sur le marché de l’agriculture. Suivront des postes variés en management, marketing, informatique, direction commerciale, pilotage de projets agricoles… jusqu’à sa nomination à la direction générale du Crédit Mutuel Anjou il y a trois ans. « J’ai travaillé en Bretagne, à Paris, en Vendée, à Nantes, en Seine et Marne, et maintenant à Angers. Mais on peut faire carrière dans le groupe sans faire preuve d’autant de mobilité. Je crois qu’il faut savoir s’adapter et oser. Si vos supérieurs pensent que vous êtes capables, faites-leur confiance. Et surtout, faites-vous confiance. »

Mutualisme et proximité

Directrice générale depuis trois ans, Laurence Carde supervise 600 collaborateurs sur des fonctions commerciales, d’engagements, d’analyse de risques, RH, de logistique…. « Le Crédit Mutuel Anjou est la seule fédération qui travaille sur un seul département : le Maine-et-Loire. Elle dispose d’un maillage important avec 57 points de vente. Notre force, c’est cette proximité géographique, associée à une proximité avec nos chargés de clientèle. Dans notre modèle coopératif et mutualiste, notre atout est la mise en commun des moyens pour rester très efficace sur notre cœur de métier : la réponse aux besoins de nos sociétaires-clients. »

Actions locales

La Directrice générale rappelle aussi que toutes les actions du groupe ont toujours une déclinaison locale. Ainsi, les clients Angevins bénéficient de toutes les opportunités offertes par le « Dividende sociétal » lancé il y a deux ans par le Crédit Mutuel Alliance Fédérale : création d’un Fonds de Révolution Environnementale et Solidaire pour aider le développement d’entreprises innovantes, prêts à 0 % pour financer les études ou l’acquisition d’un vélo à assistance électrique par exemple, mécénat vers des projets locaux… « Notre vraie différence ? 90 % des décisions de crédit sont prises directement par les conseillers dans nos caisses locales, sans passer par le siège. Nous travaillons en permanence sur la responsabilisation des collaborateurs pour qu’ils répondent rapidement aux sociétaires-clients. Beaucoup nous disent : Chez vous, j’ai l’impression d’être quelqu’un. »

La technologie au service de l’humain

Une proximité qui constitue la marque de fabrique du Crédit Mutuel Anjou et que défend la Directrice Générale. « À l’heure où l’IA est partout, notre valeur ajoutée est humaine. Notre leitmotiv ? La technologie au service de l’humain, pas l’inverse. Ainsi, nous développons les meilleurs outils digitaux, tout en gardant des agences locales pour offrir les meilleures relations en vis-à-vis avec nos clients. L’un ne doit pas s’opposer à l’autre. Rien ne remplace un regard, une posture, un sourire… » Consciente des attentes de la Gen Z, la banque a par ailleurs mis en place des chargés de clientèle spécialisés sur les offres pour les jeunes et renforcé sa présence sur les réseaux sociaux. »

Métiers à choix multiples

Des jeunes diplômés que le Crédit Mutuel Anjou bichonne. « Nous recrutons des chargés de clientèles particuliers en agence (on parle de caisse locale au Crédit Mutuel), le métier de base pour démarrer. Très rapidement, ils peuvent devenir chargés de clientèle professionnelle, comme je l’ai fait auprès des agriculteurs. Le gros avantage de la banque, c’est la multitude des métiers qui y sont proposés. Durant toute ma carrière, je n’ai jamais fait le même métier. C’est probablement pour cela que j’y suis restée longtemps ! Un jeune diplômé peut passer d’une caisse locale au marketing, à la communication, aux ressources humaines, à la finance ou à la logistique. Pour ma part, je crois beaucoup aux alternances réseau/siège, au fait de passer à la fois par le contact clientèle et les fonctions supports et de faire des allers-retours entre les deux. Commencer par l’opérationnel est essentiel, surtout dans une banque comme la nôtre. »

Écoute et considération

Des métiers de proximité qui nécessitent des qualités clés comme l’écoute et l’empathie. « Quand vous recevez six clients dans la journée qui vous exposent des problématiques personnelles, il faut les prendre en considération, ne pas juger et répondre à leurs besoins. Se mettre au service de la clientèle est l’essentiel du métier d’une banque à réseau. Il n’y a pas de métier d’homme ou de femme. Mais peut-être que les clichés sur les qualités dites féminines jouent en leur faveur vis-à-vis de la clientèle. Autant en profiter Mesdames ! »

Stratégie féministe

La Directrice générale insiste d’ailleurs sur la politique volontariste d’égalité femme-homme. « Nous avons 60 % de salariées femmes et 40 % d’hommes, mais chez les cadres, les chiffres s’inversent avec 49 % de femmes et 51 % d’hommes. Nous avons donc fait le choix d’aller très vite sur la parité en faisant volontairement monter les femmes plus rapidement afin d’atteindre les 50 %. Nous avons peut-être parfois été injustes avec des hommes qui attendaient des postes de direction, mais nous assumons cette stratégie. Faire vite pour avoir rapidement une parité et que chacun ait les mêmes chances. » Au niveau national, le groupe a aussi mis en place des formations de non-discrimination suivies par tous les salariés et tous les membres des conseils d’administration des caisses locales. Sans oublier le réseau interne Crédit Mutuel’Elles, véritable levier de performance et qui s’adresse à toutes les collaboratrices. « Dans cet espace de sororité, elles bénéficient de formations sur la parentalité, l’équilibre des temps de vie, le leadership au féminin, la lutte contre les stéréotypes. »

Chemin de vie

Pour la Directrice générale, rien ne s’oppose à la progression des femmes dans le top management de la banque. « Souvent, on a du mal à les faire progresser parce qu’elles se mettent elles-mêmes des freins et pensent qu’elles ne pourront pas gérer leur carrière et leur vie de famille. Je suis la preuve du contraire ! Dans la vie, il y a des moments où l’on est très disponible et d’autres où on l’est moins. Il faut donc s’adapter en fonction de ses contraintes. Au fil de ma carrière, et en devenant maman, j’ai appris à imposer mes revendications. J’ai trois enfants entre 8 et 14 ans, il faut donc que ma journée de travail tienne entre 8h30 et 18h, sauf déplacements ou réunions externes et représentations. Je prends une semaine de congés à chaque vacance scolaire et je ne travaille jamais le week-end. Évidemment, il faut être très efficace dans la semaine ! » Une belle leçon de leadership pour cette dirigeante qui encourage les femmes à oser.

Être une femme talentueuse en 2025 c’est… ? Il faut rester soi-même, authentique et ne pas chercher à copier des chemins. Les hommes comme les femmes ont le syndrome de l’imposteur. La différence, c’est que nous avons appris à le dire, eux non !

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