« Ne choisissez pas entre faire carrière dans la finance et avoir un impact positif sur le monde : rejoignez Rothschild &Co et faites les deux ! » vous invite Anne-Sophie Eyméoud, (Sciences Po 95). Partner chez Rothschild &Co, cette femme de convictions construit des passerelles entre entrepreneurs, familles et acteurs de l’impact. Prêts à la rejoindre ?

Rien ne destinait Anne-Sophie Eyméoud à la finance. Étudiante à Sciences Po, elle se voyait davantage journaliste ou engagée dans l’humanitaire. Le hasard l’emmène finalement vers la banque. Mais ce détour ne lui fera jamais abandonner ce qui l’anime profondément : le lien humain, l’impact et la transmission. Une fibre nourrie très tôt par une expérience fondatrice de six mois chez Handicap International, où elle travaille sur des sujets de communication et de levée de fonds. « Je me suis rendue compte qu’il existait un immense espace de dialogue à construire entre le monde de l’entreprise, la finance et la philanthropie » se rappelle-t-elle.
Créer des ponts
Depuis, Anne-Sophie Eyméoud n’a de cesse de bâtir ces ponts. Lorsqu’elle rejoint Rothschild &Co il y a douze ans comme directrice générale de la banque en Belgique, elle perçoit une opportunité : celle d’entreprendre au cœur d’une institution bicentenaire. « On m’a laissé innover et donner un ADN encore plus orienté impact et philanthropie à la banque privée en Belgique. J’ai alors compris que la solidité de cette Maison familiale, rimait également avec une grande liberté de création. » Très vite, elle imprime sa marque. Soirées autour de la philanthropie familiale, événements mêlant impact social, culture et entrepreneuriat, rencontres entre dirigeants et acteurs associatifs : elle transforme progressivement la banque privée en un lieu de dialogue entre performance économique et engagement sociétal.
Banquier 4.0
Cette vision s’inscrit dans l’évolution de son métier. Car accompagner des entrepreneurs et des familles ne consiste plus seulement à évoquer les marchés financiers ou la fiscalité. « Les clients nous parlent d’investissement, mais aussi d’impact, de transmission et de philanthropie » détaille-t-elle. Dans un contexte géopolitique et économique instable, Anne-Sophie Eyméoud estime de fait que le rôle du banquier privé a changé. « Il faut faire preuve d’une grande humilité. Chaque famille a une histoire, des objectifs et des rêves différents. Ce métier repose sur l’écoute, la psychologie et l’empathie. » C’est d’ailleurs cette dimension humaine qui continue de la stimuler. Au fil des années, elle découvre dans la banque privée bien plus qu’un univers financier : un observatoire privilégié des trajectoires de vie. « Mes clients sont des entrepreneurs avec leurs ambitions, leur rapport au risque. Certes, la technicité et la performance restent essentielles, mais elles ne suffisent plus. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à comprendre la dimension humaine, sans laquelle on ne peut pas exercer ce métier durablement. »
Visions d’entrepreneurs
Cette conviction irrigue également ses autres engagements. Avec Voices 4 Philanthropy, le podcast qu’elle a cofondé avec Claire Kramme (Head of Philanthropy au sein de la banque, diplômée de Science Po également) il y a quelques mois, elle donne la parole à celles et ceux qui tentent de réconcilier performance économique et impact positif sur la société. Le principe : réunir un entrepreneur classique et un entrepreneur social, qui collaborent. « La philanthropie ne consiste pas seulement à faire un chèque ! Ces échanges transforment le management des dirigeants et nous apprennent que la nouvelle génération de leaders souhaite réussir économiquement, mais aussi comprendre l’impact qu’ont leurs décisions sur le monde de demain. Cette question du sens est devenue centrale. En tant que banque, c’est enrichissant parce que cela nous permet d’élargir l’écosystème de dirigeants engagés avec lesquels nous travaillons et de construire des conversations plus profondes qu’autrefois. »
Des soft skills qui valent de l’or
D’autant qu’à l’heure où l’IA bouleverse les métiers du conseil et de la finance, Anne-Sophie Eyméoud en est certaine : les qualités humaines deviennent stratégiques. « L’IA représente une révolution majeure. Elle permet de gagner du temps sur des tâches à faible valeur ajoutée, mais notre métier repose avant tout sur la relation humaine. » Pour elle, les compétences développées à Sciences Po – esprit critique, culture générale, compréhension géopolitique, capacité d’analyse – seront demain encore plus différenciantes. « Ce que recherchent les familles et les entrepreneurs, ce n’est pas seulement une réponse technique. C’est une vision, un discernement, une capacité à comprendre des situations humaines complexes. Les personnes avec de très fortes soft skills auront une place beaucoup plus importante dans la société de demain. » Dans ses recrutements, elle privilégie d’ailleurs la capacité à écouter, à travailler en équipe, à proposer des solutions et à se connaître soi-même. « On ne recrute pas des clones, mais des personnalités capables d’enrichir une équipe. »
Une nouvelle génération de leaders
Cette importance accordée à l’humain se retrouve aussi naturellement dans sa conception du management. Pour Anne-Sophie Eyméoud, la performance durable ne peut exister sans confiance, liberté et sens du collectif. « Le rôle d’un leader est de donner un cap clair, mais il faut laisser suffisamment de liberté pour que chacun puisse exprimer son potentiel. » Elle encourage d’ailleurs l’intrapreneuriat, auprès des jeunes générations. « Des comités New Gen permettent aux collaborateurs juniors de proposer des idées et de participer aux projets stratégiques. Beaucoup de bonnes idées viennent des jeunes. Dès qu’on leur donne de la confiance et de la place, ils apportent des visions novatrices. » Cette transmission constitue désormais l’un de ses moteurs. Elle revendique l’envie de partager ce que son parcours lui a appris : l’importance de l’alignement entre convictions personnelles et trajectoire professionnelle.
Trouver son moteur intérieur
C’est le message qu’elle souhaite transmettre en priorité aux jeunes diplômés : apprendre à identifier ce qui les anime. « On ne peut pas aimer durablement ce qu’on fait si on n’a pas le sentiment d’être utile d’une manière ou d’une autre. Quand on aligne son moteur intérieur avec son métier, le travail devient une source d’énergie, de transmission et d’impact. » Un équilibre qu’elle promeut aussi avec Teyaku, une structure qu’elle a cofondée à titre personnel (association abritée au sein de la Fondation Roi Baudouin) pour accompagner entrepreneurs sociaux et dirigeants associatifs autour du sport, de la nutrition et du bien-être. « On parle beaucoup de performance, mais on oublie parfois qu’un impact positif durable ne peut pas exister sans équilibre humain. » Et c’est cela qui résume le mieux la vision d’Anne-Sophie Eyméoud : réintroduire de l’humain dans la finance, le leadership, la performance et même dans l’ambition. « L’ambition, ce n’est pas seulement réussir professionnellement, mais construire quelque chose qui a du sens pour soi et idéalement aussi, pour les autres. »
Être utile ou être influent : faut-il vraiment choisir ? « Il n’y a pas à choisir entre les deux. On ne peut pas être réellement influent si l’on n’a pas d’utilité ou d’impact concret sur la société. L’influence n’est pas une fin en soi : elle découle de l’impact que l’on a. Ce n’est donc pas l’influence qu’il faut rechercher, mais l’utilité et la capacité à contribuer de manière positive. »
Sciences Po
« J’ai apprécié, l’alliance entre théorie et pratique. Les enseignements étaient ancrés dans la réalité, notamment en finance, avec des enseignants très connectés au monde du business. Le réseau des Alumni est un vrai atout, notamment dans la finance. »
Contact : Anne-Sophie.Eymeoud@rothschildandco.com