Aujourd’hui, 23 % des ingénieurs et 28 % des élèves ingénieurs sont des femmes. Afin de favoriser l’orientation des jeunes filles vers les formations scientifiques et technologiques puis des carrières d’ingénieures, la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) organise depuis 2011, l’événement « Ingénieuses ». Retour sur l’édition 2020.

Covid-19 oblige, la cérémonie de remise des prix d’Ingénieuses 2020 s’est déroulée en distanciel. Ce qui n’a pas empêché de mettre en avant, une fois de plus, de très beaux profils de femmes ingénieures.

« Ingénieuses c’est aussi du story telling, montrer des parcours inspirants, originaux, particuliers et sources d’inspiration », a affirmé Jacques Fayolle, président de la CDEFI. Céline Calvez, députée des Hauts-de-Seine, présente à la cérémonie, a salué « le défi relevé par la CDEFI, son engagement et ses actions qui montrent le chemin aux femmes. Ce prix pousse les femmes à voir qu’elles sont performances et qu’elles comptent. »

En tout, ce sont 8 prix qui ont été remis durant la cérémonie sur trois catégories : écoles d’ingénieur(e)s, élève-ingénieure France et Maghreb et femme ingénieure.

« Ce prix est l’aboutissement de mes engagements associatifs »

Dans la catégorie élève-ingénieure France, c’est Maud Cadoret 23 ans, étudiante en 5e année Génie Mécanique à l’UTT (Université de technologique de Troyes) qui a remporté le prix, parmi 90 étudiantes en compétition. La jeune femme s’est engagée dans la vie associative étudiante dès son entrée à UTT et a fondé en 2019 le club « Le futur au féminin », pour lutter contre la précarité menstruelle. « Ce prix représente l’aboutissement de mes engagements associatifs à l’UTT », sourit celle qui souhaite se tourner vers l’ingénierie sociale et solidaire.

Pour le prix de l’élève-ingénieure Maghreb, c’est Yousra Boumyan, étudiante à l’ENSA Tétouan (Maroc) qui a été distinguée. « L’égalité femme / homme est une évidence, a-t-elle déclarée. Le sexe n’est pas un critère pour choisir un métier. Etudiantes, dépassez vos limites ! »

3 questions à Maud Cadoret, lauréate du prix Elève-ingénieure France

Maud Cadoret

Parlez-nous de vos engagements associatifs ?

Je me suis investie dans le Bureau des Etudiants pendant plus d’un an, notamment en tant que présidente. C’est là que j’ai  acquis une expérience du milieu associatif. Il y a un an et demi, j’ai créé le club « Futur au féminin », qui lutte contre précarité menstruelle, promeut les sciences et l’ingénierie auprès des jeunes filles et lutte pour l’égalité femme / homme.

Quelles actions allez-vous mettre en place cette année avec le club ?

Cette année, nous renouvelons l’opération « Paye ton tampon » et une vente de culottes menstruelles à prix réduit pour les étudiantes. Pour promouvoir l’ingénierie, nous allons tourner une vidéo de promotion des études d’ingénieurs avec des étudiantes. Nous avons également en préparation une vidéo type Konbini et nous sommes actifs sur les réseaux sociaux. Moi-même, j’ai rejoint une école d’ingénieurs parce que j’étais douée en sciences mais surtout grâce aux témoignages de femmes et d’étudiantes lors de conférences auxquelles j’ai assisté. Elles m’ont motivée et aujourd’hui j’ai à mon tour envie d’inspirer des jeunes filles.

Que représente ce prix d’élève-ingénieure France ?

C’est l’aboutissement de tout ce que j’ai pu faire et la reconnaissance du travail effectué. Ce prix me permet aussi d’avoir plus de visibilité.

The winner is…

Outre le prix de l’élève-ingénieure, deux autres catégories de prix ont été décernées :

  • Prix destinés aux écoles d’ingénieur(e)s

Nouveauté cette année le prix de l’école la plus engagée a été divisé en deux catégories : celui du projet porté par les personnels et celui porté par des associations étudiantes.

– Dans la catégorie projet porté par le personnel : Grenoble INP pour le  projet « Genre INP’lication »  visant à favoriser l’insertion des femmes dans les métiers d’ingénieurs et faire émerger des vocations chez les jeunes filles mais aussi lutter contre les stéréotypes.

– Dans la catégorie projets associatifs : l’ENSIM pour son projet « IngénieuseMans », visant à faire connaitre l’ingénierie aux lycéennes.

Deux autres prix ont été remis :

– Projet le plus innovant / original : ESITech pour son projet associatif « Secondaire2ESITech »

– Prix spécial du jury : l’EPF Ecole d’ingénieurs pour son projet « Violences sexistes sur les campus : réagissions ! », mené par les personnels de l’école. Le but : informer et alerter sur problématiques de violences liés aux genres.

  • Prix de la femme ingénieure

– Dans la catégorie « Femmes ingénieures ayant une longue expérience du métier » : Cécile Charrel, Program Manager chez ST Microelectronics. « Je suis très honorée de recevoir ce prix qui récompense mon parcours dans l’entreprise et mon travail pour la mixité chez les jeunes ».

– Dans la catégorie « Femmes ingénieures récemment diplômée » : Héloïse Jacob, Directrice Produit chez chez Data Soluce. « Un grand merci pour le prix ! C’est une super initiative dont on ne parle pas encore assez dans les écoles ou plus largement. J’essaye, à mon échelle, d’aller à la rencontre des plus jeunes qui peuvent s’identifier. Par le dialogue, on est le plus convaincant. J’espère pouvoir retourner témoigner rapidement ! »

Lancement du label Cap ingénieuse

Lors de la cérémonie, Philippe Dépincé, président de la commission Formation et société de la CDEFI et directeur de Polytech Nantes a annoncé la création, pour la prochaine édition, du label Cap Ingénieuses visant à prolonger les actions menées vers un public plus jeunes, pour les élèves de primaire et collège. « Le but est toujours de déconstruire les stéréotypes, amorcer la réflexion sur les filières scientifiques, réaliser des projets ludiques autour des sciences, etc », a-t-il décrit. Ce label reçoit le soutien financier de l’entreprise ATC France. Un site internet dédié au label Cap Ingénieuses sera bientôt disponible.