En première ligne des bouleversements que vivent les entreprises depuis mars 2020, le Directeur des Systèmes de l’Information assure la continuité de l’activité. Portrait d’un combattant de l’ombre avec Pierre-Yves Fraisse, DSI de Télécom Saint-Etienne. 

 

La crise a rappelé la nécessité de disposer d’un système d’information bien installé et sécurisé… même à distance ! « Le premier confinement a notamment mis en avant la nécessité d’un SI agile pour s’adapter à toutes les situations », confirme Pierre-Yves Fraisse, qui a lui-même participé à cette période d’adaptation à Télécom Saint-Etienne, dont 86 % des cours sont passés en distanciel après les annonces gouvernementales.

Son grade

En entreprise, recours massif au télétravail oblige, 72 % des DSI reconnaissent avoir dû fournir des efforts conséquents pour équiper et encadrer les collaborateurs dont la grande majorité travaillait à distance pendant et après le confinement. Ils ont été un allié de taille de la direction dans ces conditions. Si la transformation digitale des organisations donnait déjà de l’ampleur au rôle du DSI, la crise a donc confirmé sa position au Board. D’après une enquête du Gartner, le nombre de DSI qui collaborent avec les conseils d’administration est passé de 46 % en 2019 à 54 % en 2020.

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Ses combats

Et pour cause, il est en charge de tout le parc informatique de l’entreprise, des matériels aux logiciels (applications, données, stockages, sauvegardes…). « Etre DSI, c’est répondre aux demandes formulées ou non formulées des utilisateurs. » Mais loin d’être un simple fournisseur de services IT qui répond seulement aux sollicitations de maintenance, le DSI centralise, sécurise et optimise les ressources numériques. Comment ? En adaptant l’environnement technique et en anticipant les changements technologiques. « Les missions sont très variées et ne se ressemblent jamais » apprécie le DSI de Télécom Saint-Etienne. De la réaction à la proaction, ce transformateur engagé passe de l’innovation au progrès, de l’idée à la valeur.

Ses armes

S’il doit bien évidemment avoir une culture des technologies, tant sur l’informatique (développement web, bases de données…) que sur les télécommunications (réseaux…), cet innovateur est également tenu d’être un visionnaire, un stratège et un leader. Le DSI 2.0 possède des compétences en management, en gestion de projet et en vision stratégique pour rendre le système d’information plus performant et plus rentable aux côtés de ses équipes. « Il doit avoir une palette de connaissances large et faire de la veille technologique et fonctionnelle pour se tenir à jour des nouveautés et les appliquer », préconise Pierre-Yves Fraisse.

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Ses troupes

Davantage sur le terrain, le DSI doit ainsi être capable d’embarquer, de former et d’accompagner toutes les équipes de l’entreprise, puisque la transition technologique impacte l’ensemble des services. Le coach de cette intégration numérique communique de façon transversale avec les pôles métiers. Et comme tout bon coach, il explique comment utiliser les technologies numériques, conseille, transmet ses méthodes et pratiques, mais aussi écoute celles des utilisateurs. « Auparavant, nous imposions une solution. Nous discutons désormais avec les utilisateurs et nous choisissons avec eux des solutions toujours plus adaptées à leurs attentes et leurs besoins. Ils font partie de la solution. » Une solution unifiée pour fédérer, gérer et valoriser l’information : le pouvoir du DSI.

Un secteur star

41 % des étudiants et des jeunes diplômés souhaitent travailler dans le secteur des nouvelles technologies. Et ils ont raison : en 2019, le numérique représentait un marché de 150 milliards €, soit 6 % du PIB français. Le plan de relance de 100 milliards € annoncé par le Gouvernement prévoit de flécher 7,1 milliards € vers le numérique.