Moins d’un an après sa création, l’Université Paris-Saclay dont fait partie CentraleSupélec truste déjà la 14e place du classement de Shanghai. Quel rôle l’école d’ingénieurs joue-t-elle dans ce succès et quelles sont ses grands projets pour 2021 ? Les réponses de son directeur général, Romain Soubeyran. 

 

Comment abordez-vous cette rentrée particulière ?

crédits CentraleSupélec

Même si les circonstances actuelles sont assez exceptionnelles, chaque rentrée est particulière ! Cette année, c’est une rentrée nombreuse, avec 950 nouveaux élèves (soit + 40 par rapport à 2019). Une rentrée d’ouverture aussi, avec une augmentation des élèves issus de licences universitaires (nous sommes passés de 19 à 50 en deux ans) et une ouverture aux prépas agro – véto avec l’accueil de 11 élèves issus de ses filières. Cette rentrée est également celle du déploiement du cursus CentraleSupélec unifié en 3A.

 

Une rentrée en présentiel ?

A ce jour, nous privilégions effectivement le présentiel même si tous nos cours sont aussi disponibles en distanciel pour les élèves qui ne peuvent pas se rendre sur le campus (internationaux, contre-indication médicale…). La rigueur de nos élèves, extrêmement disciplinés sur les gestes barrières dans et hors des murs de l’école, nous permet de rester ouverts. Si je suis favorable à un campus numérique qui permettrait d’élargir notre public, je reste persuadé qu’il s’agit d’une forme « dégradée » d’enseignement qui ne permet pas de remplacer l’interaction d’un cours en présentiel.

 

En tant que directeur, quels sont vos secrets pour manager l’incertitude qui vous entoure ?

Avoir une bonne équipe, savoir déléguer et communiquer sa motivation.

 

L’Université Paris-Saclay : un pari réussi ?

L’Université est 14e du classement de Shanghai et dans son Top 50 sur les principales matières de l’ingénieur. Cette reconnaissance atteste de la qualité de nos recrutements, de nos laboratoires et de nos chercheurs. Un vrai succès de visibilité, qui nous met en lumière et qui rend fière notre communauté. Mais il ne faut pas que cette lumière nous aveugle : il faut continuer à montrer que le total est supérieur à la somme de ses parties.

 

Les gros dossiers sur votre bureau pour 2021 ?

D’abord, la gestion de la baisse anticipée de nos ressources propres, qui, cas atypique dans le paysage des écoles d’ingénieurs, représentent la moitié de notre budget. Mais l’augmentation des frais de scolarité n’est pas sur la table. Ensuite, la transformation du bâtiment Bréguet, bâtiment historique du campus de Gif. Un projet estimé à 100 M€ et pour lequel nous disposons déjà de la plus grosse partie du financement. Nous y déploierons, entre autres, l’entrepreneuriat. Le repositionnement du campus de Metz est aussi un défi, celui d’en faire le poisson pilote de CentraleSupélec sur la transition (industrie du futur, environnement, santé et ESS). Et enfin, la mise en place effective de la Graduate School « Sciences de l’Ingénierie et des Systèmes » dans le cadre de l’Université Paris-Saclay.

 

Votre message aux alumni ?

Votre école se bouge… et dans le bon sens : pour preuve, elle fait aujourd’hui partie d’une université dans le Top 15 mondial ! Et parce que la solidarité est une valeur cardinale de l’école, n’hésitez pas à la promouvoir en tout temps et à associer son image à chacune de vos réussites.

 

Et aux élèves ?

D’abord, profitez à fond de vos trois années d’école ! Ensuite, travaillez autant vos savoir-faire que vos savoir-être. Car si vous avez un socle académique très fort, la qualité de vos équations ne fait pas tout ! Et enfin, ne vous reposez pas sur vos lauriers. La technique et le monde évoluent : votre formation ne s’arrête pas à votre diplôme.