Travailler au BRGM, c’est rejoindre le service géologique national pour aider à quantifier, qualifier et préserver les ressources en eau souterraine, explique Ariane Blum (ENS Paris 00, Université d’Avignon 01), Directrice de l’Eau du Bureau de Recherches Géologiques et Minières.

« En tant que service géologique national, nous étudions le sous-sol avec une triple mission. D’abord le développement des connaissances et de l’innovation, puisque nous sommes rattachés au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ensuite, le transfert de nos recherches aux services de l’Etat, aux institutions européennes, aux collectivités publiques, aux entreprises et au grand public, afin qu’elles soient concrètement utiles au plus grand nombre. Et enfin, en tant qu’EPIC, nous réalisons des missions sur des fonds privés, en établissant par exemple des cartes géologiques, minières ou hydrauliques à l’international » explique Ariane Blum, Directrice à la Direction de l’Eau du BRGM. Mis en lumière lors des récentes sécheresses avec sa publication de l’état des nappes en France, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières est donc l’équivalent de l’Ifremer pour le sous-sol. « Nos métiers ont beaucoup évolué en vingt ans : nous sommes passés d’une logique d’exploitation des ressources en eau souterraine à une vision plus axée sur la prévention des risques naturels et le soutien aux écosystèmes et aux cours d’eau » ajoute-t-elle. Mais les eaux souterraines ne sont qu’une des branches du BRGM, qui en compte cinq autres : géologie, risques naturels et anthropiques, énergie, numérique pour les géosciences et ressources minérales.
De la recherche orientée vers l’appui aux politiques publiques
Fort de ses 1 000 collaborateurs en France et Outre-Mer, BRGM accueille volontiers des jeunes talents et recrute chaque année entre 100 et 150 chercheurs et ingénieurs (y compris thésards, post doctorants…). « Lors des entretiens, ils confient venir chercher un sens à leur travail. Certains viennent d’autres entreprises, d’autres sortent directement d’une thèse ou d’une grande école, mais tous partagent cette soif d’œuvrer pour l’environnement et d’effectuer une mission de service public à haute valeur ajoutée. » Et comme le BRGM fait principalement de la recherche appliquée, les jeunes dip’ peuvent voir concrètement les utilisations opérationnelles de leurs recherches. « Ici, il faut faire preuve d’une grande curiosité car on continue à apprendre tous les jours, grâce à la pluridisciplinarité des équipes qui réunissent hydrogéologues, chimistes, socio-économistes ou encore microbiologistes… Je ne parle pas que d’eau toute la journée ! » sourit Ariane Blum. Parmi les sujets sur lesquels les jeunes talents pourront travailler à ses côtés, citons notamment l’impact du changement climatique sur les nappes à horizon 2100 (projet Explore 2) et la présence des polluants éternels (PFAS) dans les sols et dans les eaux souterraines.
Une politique volontariste pour l’égalité femme-homme
Alors, hydrogéologue, c’est un métier pour les femmes ? Assurément pour Ariane Blum. « J’ai toujours été passionnée de montagne et de spéléologie, je voulais comprendre ce que j’avais sous les pieds. Mes études mariaient sciences de la terre, physique, chimie, histoire des sciences… c’était passionnant et les amphis comptaient autant de filles que de garçons. Cette égalité s’est étiolée ensuite dans mon parcours professionnel » se souvient-elle. Quand elle est nommée Directrice de région en Guyane en 2012, les réactions de ses collègues sont assez partagées. « Mais depuis, les mentalités ont bien évolué et le BRGM affiche un score de 94/100 à l’index égalité H/F, reflet d’une politique volontariste en la matière. » Aujourd’hui Directrice de l’Eau, elle apprécie la mixité et la diversité dans ses équipes, tout en reconnaissant que les quotas ont eu leur utilité en leur temps, pour bousculer des habitudes qui n’évoluaient pas assez vite. Sans tomber dans les stéréotypes, elle reconnaît également que les femmes présentent des traits communs : engagement, persévérance, exigence, souci d’égalité… mais aussi souvent un manque d’assurance qui peut les desservir. « Même quand on a des doutes, il faut plonger. Il faut se faire confiance tout en étant clairvoyante sur ses compétences. »
Le cliché qui l’énerve le plus
« Une femme ne peut pas mener une carrière professionnelle épanouissante et une vie de famille comblée. »
Etre une femme TalenTueuse en 2025 c’est…? « Une femme heureuse dans son travail qui va au bout de ses rêves avec engagement et intelligence »
Contact : a.blum@brgm.fr