Il y a 50 ans une contestation naissait sur les bancs de Nanterre dont devait découler une profonde transformation de la société française. Jean-François Balaudé, professeur de philosophie et président de l’Université Paris-Nanterre, nous dit comment en 2018, Nanterre reste au cœur des réflexions, et de la formation de ceux qui ont un impact dans la société et l’économie.

 

Mai 68, anniversaire ou héritage ?

C’est l’opportunité de placer nos idées en perspective pour dessiner notre avenir. Notre objectif est de canaliser de manière la plus positive qui soit une ambition en interaction avec les attentes de ceux de 68, en un grand dessein. Cela dans le cadre de notre identité d’université pluridisciplinaire à forte dominante en SHS. Il s’avère en outre, que les enseignements de ceux de 68 alimentent certaines préoccupations de la jeunesse actuelle.

Quel lien entre cet héritage et vos domaines académiques de force ?

Nos enseignants-chercheurs œuvrent sur l’ensemble du spectre des SHS. Avec de nombreux travaux sur l’émancipation, la justice sociale, la définition des droits et des libertés, l’affirmation de la place de la culture, la réduction des fractures, etc. Toutes ces avancées alimentent nos formations. Nos apports scientifiques et académiques à la société sont variés comme la compréhension des changements du travail à l’œuvre ou à venir.

Il fait aussi écho à votre tradition de recherche-action et de formation par l’action ?

Nous travaillons en lien étroit avec notre territoire sur le plan académique et au titre de la responsabilité sociétale de l’université. Enseignants-chercheurs et étudiants œuvrent dans la Cité dans les champs social, économique et solidaire. Ils sont actifs auprès d’associations, de jeunes, dans les prisons, de populations fragiles. Nous accueillons aussi des jeunes sur le campus pour faire de l’université un objet de désir, leur donner envie d’étudier. Des professeurs et étudiants en droit offrent du conseil juridique.

©Poupiquet/ Université Paris Nanterre

Comment infusez-vous l’esprit de Nanterre ?

Comme des enseignants : en transmettant des valeurs démocratiques et de tolérance dans nos cours, en encourageant l’engagement de nos étudiants, en les faisant réfléchir à des thématiques comme l’usage des réseaux sociaux, les fake news.

Quel sens revêtent vos cursus pluri disciplinaires pour préparer vos étudiants à être des acteurs impliqués et impactant dans un monde complexe ?

Ces cursus sont plus que jamais pertinents pour favoriser la largeur de vue, la construction d’un esprit critique et d’un référentiel culturel avant de se spécialiser. Cette plasticité et cette capacité d’adaptation sont essentielles pour se préparer à un métier, y compris ceux qui n’existent pas encore.

Les qualités clés de vos diplômés ?

Ils sont polyvalents, marient référentiel méthodologique et riche bagage intellectuel. Ils ont développé une profondeur de vue et un esprit critique, une aisance à l’expression écrite et orale. Ils sont ainsi très bien armés pour occuper des emplois de haut niveau et remplir des missions complexes. Par exemple, notre master humanités et management propose un profil de managers rares sur le marché.

La réflexion et le débat au cœur des célébrations de 68 : Tout au long de l’année 2018, Paris-Nanterre propose une contribution à la réflexion et à l’action au travers de débats (Nuit des idées, Printemps des utopies et des libertés), de l’opération Osons et Proposons (Prop’Osons), et donne sa place à la création avec l’ouverture de ses murs au street art (fresque de l’artiste C215 sous la forme d’une réinterprétation de La Liberté guidant le peuple de Delacroix).

https://prop-osons.parisnanterre.fr/

« Ma France à moi, c’est la mission de notre université de l’accompagner dans son accélération et ses transformations, sur le champ de l’analyse, des idées, du débat, de l’inclusion de tous dans son développement, dans l’accompagnement de chaque étudiant vers sa réussite et son avenir. »

 

 

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