Quid de l’insertion professionnelle ?

Si l’arrêté Licence mise autant sur le premier emploi des étudiants, c’est avant tout parce que l’insertion professionnelle était une problématique importante des universités jusqu’à présent. Selon la dernière enquête du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, 87 % des diplômés issus d’un Master LMD en 2015 avaient trouvé un emploi 18 mois après l’obtention de leur diplôme. Pour les étudiants qui sortent d’une business school ou d’une école d’ingénieurs, ce taux grimpe à 90 % dans les 6 mois qui suivent la sortie de l’établissement.
Historiquement, les grandes écoles françaises sont plus proches des entreprises que les universités. C’est un atout qui peut expliquer cet excellent taux d’insertion. C’est pourquoi les établissements universitaires s’allient de plus en plus avec de grandes organisations.
L’Université Cergy-Pontoise a par exemple noué de nombreux partenariats avec des institutions importantes pour travailler sur l’insertion professionnelle. On peut citer : L’Oréal, Capgemini, Danone ou encore Veolia.  À l’Université Aix-Marseille, on joue la carte de la diversité avec des partenariats comme MGEN, MAIF, Royal Air Maroc, Safran ou encore la Banque de France.
À Paris, on mise sur le networking. Les établissements franciliens ont développé Réseau Pro, un site internet qui fédère plus de 14 000 entreprises et des universités comme Paris Nanterre, Diderot, Paris1 Panthéon-Sorbonne ou encore Paris 2 Panthéon-Assas. À ce jour, pas moins de 68 000 offres sont disponibles pour les étudiants. Stage, alternance, premier emploi, tout y est pour accompagner au mieux les élèves vers la vie professionnelle !

Les filières qui vous propulsent vers l’emploi !

La dernière enquête du Gouvernement sur l’insertion des diplômés d’universités 2015 révèle la liste des secteurs où les débouchés sont les plus intéressants pour les étudiants. Sans surprise, les filières plébiscitées par les lycées sont celles qui recrutent le plus de diplômés. En tête : Droit-Économie-Gestion, avec un taux d’insertion de 90 %, 18 mois après l’obtention du diplôme Master. Au sein de ce secteur, les filières qui recrutent le plus sont Sciences Éco (avec un taux d’insertion de 93 %) et Sciences de gestion (91 %). Autre secteur qui comporte de nombreux débouchés : Sciences-Technologie-Santé. Parmi les filières les plus plébiscitées par l’entreprise : Mathématiques et Informatique, qui signe un taux d’insertion record de 100 % dans les 18 mois qui suivent l’obtention du diplôme. Si on regarde les statistiques 30 mois après la diplomation, la filière Mathématiques appliquées et sciences sociales affiche également un taux de 100 % !

Engagées pour la réussite !

Outre le réseau développé par les universités franciliennes, de plus en plus d’institutions proposent des dispositifs d’accompagnement des étudiants. Car le premier facteur d’insertion dans la vie professionnelle : c’est la réussite scolaire. À l’Université Paris 8, on mise sur des « modules-projets » pour accompagner les étudiants en DUT, Licence et Master. L’objectif ? Aider les élèves à maîtriser les techniques de recherche d’emploi. Au programme : ateliers de réflexion, conférences-métiers, ateliers rédaction de CV ou de lettres de motivation animés par des pros comme Adecco, Areva ou encore BNP-Paribas. Accompagner vers la réussite, c’est aussi mettre à disposition des outils innovants pour permettre aux étudiants de se former dans les meilleures conditions possible. À l’Université d’Angers, la fondation de l’établissement a investi dans les nouvelles technologies pour accompagner les élèves en médecine. Parmi les quatre projets développés : la mise en place d’une cabine de télémédecine, l’outil idéal pour se préparer à devenir le docteur du futur ! Et puisque la réussite scolaire passe parfois par la remise à niveau, la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (loi ORE) oblige désormais les universités à accompagner les étudiants les plus faibles dans certains domaines. Vous venez d’avoir votre Bac et vous rejoignez une licence éloignée de votre formation lycéenne ? Pas de problème, des cours de soutiens seront là pour vous aider à upgrader vos connaissances !

MBA à l’Université, c’est possible !

Vous pensiez que les Global MBA étaient réservés aux grandes écoles ? C’est sans compter sur l’Université du Havre qui vient de lancer un programme pour former les leaders de demain ! Ce cursus international prépare les futurs managers qui évolueront dans un environnement multiculturel. Une formation que certains étudiants qualifient de « véritable tremplin pour l’insertion professionnelle à l’étranger ». Si on a souvent reproché aux établissements de ne pas exploiter la dimension réseau, le Global MBA and Leadership programme de l’Université du Havre fait la part belle aux alumni. « Au-delà de la découverte d’autres cultures, c’est aussi l’occasion pour les étudiants de se créer un réseau et des contacts », explique Bénédicte Le Hégarat-Paillette, maître de conférences et responsable du programme à nos confrères Paris-Normandie.

Cap sur l’international

Dimension très présente au sein des grandes écoles, l’international était une préoccupation moins importante des universités. Pourtant, une prise de conscience semble émaner des établissements qui se réunissent en ComUE pour avoir une plus grande visibilité à l’étranger. C’est le pari qu’a fait l’Université Grenoble-Alpes, qui réunit ses 3 universités, mais aussi Sciences Po Grenoble, Grenoble IAE et l’école d’ingénieurs, Grenoble INP. Stratégie payante pour l’institution qui a pu faire valoir ses champs de recherche à l’international, se classant première sur des champs comme l’ingénierie de la métallurgie ou les nanosciences et les nanotechnologies au classement de Shanghai 2019. Et les universités l’ont bien compris, ce n’est qu’en se rassemblant autour de pôles d’excellence que sont la recherche, les écoles de management (comme les IAE) et les écoles d’ingénieurs qu’elles auront un réel impact à l’international. Cette stratégie a bien été intégrée par un des premiers acteurs à avoir réuni diverses institutions : l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Cette entité accueille, entre autres, l’Université Paris-Dauphine, MINES ParisTech, l’ENS, mais aussi l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Pari gagnant pour PSL qui s’est classée 41e université mondiale et première française au classement THE 2019. L’Université Paris-Saclay a également adopté cette stratégie, en réunissant des écoles d’ingénieurs comme AgroParisTech ou CentraleSupélec et des universités comme Paris-Sud et Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Et pour former des étudiants toujours plus opérationnels dans le monde du travail, la prochaine étape est la multidisciplinarité. Un point sur lequel semble travailler l’Université PSL puisqu’il se murmure que des formations communes entre les établissements soient sur le point d’être lancées prochainement. Les établissements du futur sont-ils donc à la croisée des business schools, des écoles d’ingénieurs et des universités traditionnelles ? C’est une voie que semblent prendre quelques institutions.

 

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