Dernier défi sportif de Ryadh : le rugby-fauteuil. Il a remportée la Coupe de France 2013

Dernier défi sportif de Ryadh : le rugby-fauteuil. Il a remportée la Coupe de France 2013

Multi-champion, multi-actif, multi-engagé, Ryadh Sallem est un homme qui vit plusieurs vies en une.
Son tempérament volontaire et rebelle le porte depuis son enfance, de sa rééducation au handisport de haut niveau, du monde associatif à la création d’entreprises. Force de la nature, force de conviction, Ryadh Sallem est un homme qui ne s’en laisse pas conter. En fauteuil comme debout, sa présence physique et personnelle est exceptionnelle. Il est né sans jambes ni mains. Un handicap causé par la prise de Thalidomide par sa mère alors enceinte de lui. « Je ne serais pas né aujourd’hui, affirme t-il sans ciller. Une échographie aurait décidé de mon destin. Mais les humains peuvent inverser les choses, devenir maître de leur avenir. »

 

« Le sport m’a sauvé »
Né en Tunisie, sa famille vient en France pour le faire soigner. Il entre à deux ans au centre de rééducation fonctionnelle de Saint-Fargeau. Opéré à de multiples reprises, il y grandit. Ado, il dessine et écoute de la musique. Il s’ennuie aussi. D’un tempérament dynamique et rebelle, ses éducateurs lui proposent de canaliser son énergie dans le sport. « Cela m’a sauvé ! Ma compétence sportive m’a permis de sortir de l’hôpital, de prendre mon indépendance. »

 

Dextérité et rapidité
Après la natation, Ryadh teste tous les sports. Mais celui qui l’attire, le basket, est aussi celui qui ne veut pas de lui faute de mains. C’est sans compter sur sa détermination et son intelligence. Il emprunte aux jongleurs leur technique pour manier la balle sans mains. Son adresse et sa vélocité convaincront lors d’un tournoi amical et il entre en Equipe de France à 18 ans.

 

Intelligence et humanité
Lorsqu’il voit arriver celui qui l’appelle aujourd’hui Daddy, Jacques Loyseau cofondateur de la revue Etre, est énervé car « je trouvais que nous présentions trop les côtés extrêmes du handicap ! » Mais le hasard a voulu que Ryadh croise Jacques à l’aéroport puis à la gare. « Il m’a dit, il n’y a pas de hasard dans la vie et nous avons pris un café. Dès que j’ai échangé avec lui, j’ai oublié son handicap tant il est vif intellectuellement et imposant physiquement. » Ce jour-là Ryadh venait d’être accosté par un type qui ne voulait pas démordre qu’il était Yannick Noah et que c’était parce qu’il avait eu un accident qu’il ne jouait plus au tennis. Il lui avait signé un autographe au nom de Ryadh Noah !
C’est aussi grâce à sa personnalité qu’il pourra s’acheter son premier fauteuil de basket. Il a 20 ans lorsqu’il entre dans le bureau d’Anne Voileau, co-fondatrice de la revue Etre et aujourd’hui directrice de la station Vivre FM. « Il était un peu perdu mais on sentait une énergie incroyable. Trois semaines plus tard, la CFDT offrait des prix conséquents pour des personnes handicapées, j’ai proposé son nom. » Anne Voileau sera la marraine de CAPSAAA à son lancement.

 

Un besoin insatiable de liberté
Le monde du travail ne veut pas des handicapés, qu’à cela ne tienne, Ryadh créera son emploi. « Quand on a ma tête, mon handicap, pas fait d’études et pas de réseau, la chose est vite vue ! » Il est étonné lorsqu’à sa sortie du centre de rééducation on lui demande pourquoi il veut travailler, puisqu’il a une pension… « Je ne me suis pas préoccupé de ce que je ne pouvais pas faire. J’ai débuté dans l’associatif puis créé des sociétés dans le champ du social et de l’humain. »

 

Entrepreneur et investisseur
Ryadh vient d’aménager avec CAPSAAA et Séquences Clés productions dans 700 m2 au LNE. Il veut en faire « un espace de coworking avec d’autres entreprises, une pépinière. Tout avance très vite, ça me plait ! J’ai toujours l’impression d’être au départ de quelque chose. » « Ryadh est bouillonnant, c’est un charmeur qui n’a peur de rien, confirme Anne Voileau. Son défi est de canaliser ses projets. »

 

Multi-investi
• Président fondateur en 1995 de Cap sport art aventure amitié (CAPSAAA) qui oeuvre pour une vision positive du handicap
• Créateur en 2003 du Défistival, organisé par Ceux qui font les défis (CQFD)
• Vice-président de l’Agence pour l’éducation par le sport (APELS)
• Directeur associé de l’agence de production audiovisuelle adaptée, Séquences Clés Productions
Il soutient l’initiative du professeur Charles Gardou de l’université Lumière Lyon 2 pour la création d’un mémorial en hommage aux personnes handicapées victimes du régime nazi et appelle à signer sa pétition :
http://www.change.org/fr/pétitions/pourun-mémorial-en-hommage-aux-personneshandicapées-victimes-du-régime-nazi-et-de-vichy

 

Son rêve :
Lancer une Web TV et même une chaine de TV thématique sur le handicap.

 

A. D-F