Vous pensez que votre diplôme déterminera toute votre carrière ? Sylvie Lazure, (ENSCL 93, Université de Lille 96), vous prouve le contraire. De la chimie à la tête de la Mission Handicap chez Air Liquide, son parcours montre qu’une carrière se construit moins selon un plan établi qu’au gré des opportunités que l’on ose saisir.

Chez Sylvie Lazure, les grandes étapes de carrière ne sont jamais le fruit d’un plan tout tracé. Elles naissent de la curiosité. Après les classes préparatoires, elle choisit une école d’ingénieurs, poursuit avec un DEA puis une thèse en chimie menée avec… Air Liquide, numéro deux mondial dans la production de gaz, technologies et services destinés à l’industrie et à la santé. Un premier contact avec le groupe, sans savoir qu’il deviendra, quelques années plus tard, son terrain d’épanouissement professionnel. « Je voulais simplement travailler en entreprise, apprendre et découvrir de nouveaux sujets. » Une envie d’explorer qui la conduit d’abord chez Saft puis chez 3M, avant de rejoindre Air Liquide en 2002.
L’atout science
Sylvie Lazure débute comme cheffe de projet R&D à l’international avant d’occuper plusieurs fonctions dans la sécurité et la maîtrise des risques. Des métiers exigeants où la rigueur scientifique est une nécessité. « Ma formation de chimiste est un socle qui m’a apporté deux atouts indispensables au quotidien : une méthode de raisonnement structurée et une meilleure compréhension des réalités du terrain, des contraintes des sites industriels et du langage des opérationnels, des ingénieurs et des techniciens. Cette crédibilité a beaucoup facilité le dialogue avec les collaborateurs ».
Mission : facilitatrice
Il y a quatre ans, elle prend la responsabilité de la Mission Handicap, un poste jusque-là occupé par des profils plutôt RH. « J’ai changé d’univers, mais j’y ai retrouvé ce que j’aime : conduire un projet d’entreprise avec une méthode et des objectifs clairs sur un sujet profondément humain ». Créée en 2007, la Mission Handicap accompagne les différentes entités d’Air Liquide dans le déploiement de leur politique d’inclusion. « Référents Handicap, managers, médecins du travail, RH et partenaires associatifs, nous sommes des facilitateurs. Nous construisons la meilleure solution pour chaque collaborateur. Handicap déclaré dès le recrutement, maladie chronique ou accident de la vie, chaque parcours nécessite un accompagnement personnalisé via des aménagements matériels ou organisationnels. Notre rôle est aussi d’anticiper avant que les difficultés n’apparaissent. » L’engagement d’Air Liquide se traduit aussi par des mesures concrètes : chèques CESU, jours d’absence rémunérés pour des soins, aide au transport et au déménagement, aide de 500 € pour les alternants et stagiaires… Un numéro vert répond aux questions de ceux qui hésitent à parler de leur handicap à leur employeur.
Témoignages inclusifs
Au-delà de l’accompagnement, Air Liquide fait évoluer les représentations du handicap, notamment auprès des managers. « On ne peut pas imposer une façon de penser, mais la preuve par l’exemple, ça marche ! Nous réalisons en interne des vidéos qui donnent la parole à des collaborateurs et à leurs responsables. Les managers évoquent sans détour les difficultés rencontrées, mais aussi les bénéfices de ces expériences. Une démarche essentielle lorsque l’on sait que près de 80 % des handicaps sont invisibles. Beaucoup de personnes compensent pour cacher leur handicap. Pourtant, c’est en parlant de ses besoins que l’on déploie les moyens pour travailler dans les meilleures conditions ». Une politique qui porte ses fruits : plus de 440 personnes en situation de handicap travaillent aujourd’hui chez Air Liquide en France, soit un taux d’emploi d’environ 4,5%.
Une relation “win-win”
À ceux qui hésitent à postuler, Sylvie Lazure lance avec entrain : « Venez avec vos compétences ! Nous vous donnons les moyens d’exprimer votre potentiel ». Chez Air Liquide, les besoins concernent aussi bien les métiers scientifiques et techniques que les fonctions support. L’entreprise participe à des forums spécialisés afin de rencontrer les jeunes talents. « Je leur dis toujours : vous avez une motivation et une rage de vivre extraordinaires, valorisez-les ». Pour Sylvie Lazure, l’inclusion n’est pas une démarche de solidarité, c’est un levier de performance collective. « Il faut arrêter de penser qu’embaucher une personne en situation de handicap relève de la bonne action. C’est une relation “win-win”. Chaque personne peut apporter sa contribution et être performante dans son métier. »
Contact : sylvie.lazure@airliquide.com