Diriger une Business Unit à l’international vous fait déjà rêver ? Olivier Gauthier (CentraleSupélec 02), a construit sa carrière autour de cette ambition, jusqu’à devenir President TotalEnergies Marketing USA. Il partage les conseils qui guideront la nouvelle génération d’ingénieurs.
Votre parcours est une succession de réinventions. L’aviez-vous imaginé en entrant chez TotalEnergies il y a 23 ans ?
Issu d’une famille de boulangers, je suis devenu ingénieur par passion pour l’électronique avec l’envie d’acquérir une expérience concrète. J’ai rejoint TotalEnergies avec un rêve : diriger une Business Unit à l’étranger. J’ai commencé dans les systèmes d’information, puis je suis passé aux projets industriels et aux ventes. J’ai ensuite décroché mon premier poste de directeur commercial en Argentine. Cette aventure familiale a été si forte que j’ai demandé la nationalité argentine ! J’ai ensuite occupé des postes de direction à Cuba et au Canada, avant de rejoindre les États-Unis. J’ai eu l’opportunité de changer de job tous les deux à quatre ans et d’exercer des métiers différents au sein de la même entreprise.
Quels sont vos défis sur ce pays-continent ?
Je dirige la branche Marketing & Services aux États-Unis, soit 150 collaborateurs dont une quarantaine de commerciaux répartis sur l’ensemble du territoire américain et des ingénieurs. Nous produisons et commercialisons des lubrifiants pour le marché automobile, industriel et maritime et des carburants pour l’aviation. Le challenge est de taille car aux États-Unis, personne ne nous attend. Nous évoluons face à des acteurs historiques très bien implantés. Nous devons convaincre en apportant davantage de services, d’expertise technique et de proximité avec nos clients. C’est un marché stimulant où il faut sans cesse se différencier.
Qu’attendez-vous des jeunes ingénieurs qui rejoignent TotalEnergies ?
Nous avons besoin d’experts techniques. L’Intelligence Artificielle accélère déjà nos processus et transforme nos métiers. Les ingénieurs capables de maîtriser ces technologies sont très recherchés. Postulez directement sur notre site web dédié et commencez par les métiers techniques. C’est là que vous développerez les compétences qui vous ouvriront ensuite des portes. Aux États-Unis, comme ailleurs, nous recrutons des ingénieurs aux opérations, dans la supply chain, en assistance technique ou laboratoire et sur les projets. Et il faut garder à l’esprit que les lubrifiants ne représentent qu’une partie des activités de TotalEnergies. Dans un pays comme les États-Unis, où nous avons investi plus de 12 milliards de dollars dans les quatre dernières années, nos métiers couvrent toute la chaîne de valeur de l’énergie, de l’exploration et la production d’hydrocarbures au raffinage, à la pétrochimie, au GNL, à la production d’énergie renouvelable, au stockage par batteries et au trading. Quelle que soit l’activité considérée, l’ingénierie reste au cœur de l’ADN de TotalEnergies !
Votre carrière aurait-elle été la même sans l’international ?
Si vous visez les plus hautes responsabilités, un parcours à l’étranger est un atout majeur sur le plan humain et professionnel. À chaque expatriation, il faut accepter de repartir de zéro. Les équipes, la culture, les habitudes de travail changent, ce qui nécessite de faire preuve d’humilité, d’écoute et de reconstruire une relation de confiance. C’est dans ces moments-là que l’on construit son leadership. Restez curieux, continuez à apprendre et osez sortir de votre zone de confort.
Quelles compétences feront la différence chez l’ingénieur de demain ?
La personnalité est le véritable facteur de réussite. Un ingénieur sort de l’école avec une excellente formation, mais les qualités humaines permettent de construire une carrière durable. La curiosité et la capacité à créer des relations de confiance se développent au fil des expériences et font la différence. Mon premier chef m’a appris une chose essentielle : avant 40 ans, le plus important n’est pas de gérer sa carrière, mais d’apprendre, de progresser et de développer ses compétences plutôt que de courir après un titre ou une rémunération.
CentraleSupélec Le premier jour, le directeur nous a dit : « vous allez apprendre à résoudre de façon multiple des problèmes mal posés. » C’est ce que je fais encore aujourd’hui : décider dans l’incertitude en combinant expertise technique et ouverture sur le monde. L’école m’a donné une vision globale de l’entreprise, de la finance aux opérations en passant par le commerce et les RH. Mon stage en Angleterre a aussi été un déclic et a nourri mon envie de construire une carrière ouverte sur le monde.
Contact : olivier.gauthier@totalenergies.com