RATP Infrastructures interview Constance Lapostolle
© RATP Infras – Sarah VINCENT

Prenez les commandes d’un réseau sous tension chez RATP Infrastructures – L’interview de Constance Lapostolle

Manager, expert, chef de projet : et si vous pouviez être tout cela à la fois ? Constance Lapostolle (X 06), Responsable de l’unité Infrastructures et Systèmes Electriques chez RATP Infratructures prouve qu’une carrière d’ingénieur peut être plurielle, évolutive et ancrée dans les enjeux de société. Rencontre avec une dirigeante qui conjugue vision globale et réalité terrain.

Après un parcours riche au sein du groupe RATP, quels sont aujourd’hui vos responsabilités à la tête de l’unité Infrastructures et Systèmes Électriques ?

RATP Infrastructures interview Constance Lapostolle
© RATP Infras – Sarah VINCENT

Au sein de RATP infrastructures, nous intervenons sur tous les projets de création et de modernisation : de la haute tension à l’alimentation des équipements en gare, la traction des trains, mais aussi l’électromécanique et les fluides. Je manage 250 personnes, réparties sur 35 métiers différents qui interviennent sur près de 350 projets. Notre particularité ? Nous sommes partout : il n’y a pas de projet sans électricité !

Comment pilote-t-on un périmètre aussi vaste ?

Nous adaptons notre organisation à la complexité des projets. Certains collaborateurs sont dédiés à des opérations majeures, comme le renouvellement de la gare de Charles-de-Gaulle Étoile, tandis que d’autres interviennent sur plusieurs projets en parallèle. Mon rôle est d’accompagner mes agents sur leurs projets au juste niveau, en me concentrant sur les plus stratégiques. Je ne suis pas là pour apporter des solutions techniques à la place des experts, mais pour m’assurer que l’on tient nos contraintes de coût, de délai et de performance.  Parce que j’ai la capacité de comprendre les interactions entre les systèmes, j’essaie d’aider mes équipes à se challenger et à trouver des solutions adaptées dans un environnement contraint.

La décarbonation est au cœur des priorités du groupe. Quel rôle joue votre unité ?

Nous contribuons à plusieurs projets structurants. Nous avons participé à l’électrification des centres bus d’Île-de-France, avec l’installation de 2 000 bornes en sept ans. Nous travaillons également sur la récupération de l’énergie de freinage des trains grâce à des onduleurs capables de la réinjecter dans le réseau. Cela permet de réduire la consommation d’énergie, mais aussi d’améliorer la qualité de l’air dans les stations en limitant les particules liées au freinage mécanique.

Le numérique transforme vos activités. Comment cela se traduit-il en termes d’embauche ?

Nos systèmes sont de plus en plus complexes et communicants, et génèrent énormément de données. Pour nous, c’est une opportunité de passer d’une logique de réparation à une logique d’anticipation des pannes et de compréhension de leurs causes. On voit émerger de nouveaux métiers à la croisée de l’énergie, de la data et de la maintenance. L’intelligence artificielle est aussi un levier qui doit nous aider à automatiser certaines tâches répétitives en ingénierie et à gagner en efficacité. Nous recrutons des ingénieurs capables d’évoluer dans des environnements complexes techniques et organisationnels. Ils peuvent s’orienter vers l’expertise, la conduite de projet ou le management. Nous valorisons la capacité d’analyse et l’adaptabilité. On peut passer de l’ingénierie à la maintenance ou aux fonctions transverses, tout en restant dans le même groupe : idéal pour construire des parcours riches sans repartir de zéro !

Les métiers techniques restent encore peu féminisés. Comment faites-vous évoluer les choses ?

Dans mon unité, nous avons 10 % de femmes. Je les encourage à oser, à prendre leur place, et nous sommes vigilants sur les questions d’équité. Ainsi, la RATP a mis en place une mesure de rattrapage pour neutraliser l’impact du congé de maternité dans la progression salariale. La RATP s’investit aussi dans l’association Elles bougent. J’aime transmettre et faire preuve de pédagogie. Parler de son activité à des jeunes, c’est motivant !

Quel a été le X facteur de votre réussite ? Ma formation m’a appris à voir large et à m’adapter. Le premier déclic : mon stage militaire sur le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc : perte de repères, immersion au sein d’un équipage de 700 personnes où nous étions 20 femmes. Une expérience qui forge ! Aujourd’hui encore, je reste proche du terrain et au contact de mes équipes : c’est ce qui m’empêche de perdre le fil !

Contact : Constance.lapostolle@ratp.fr