Fort de ses six écoles membres (ISAE-SUPAERO, ENAC, ISAE-ENSMA, ISAE-Supméca, ESTACA, École de l’Air et de l’Espace), le Groupe ISAE est un des principaux viviers d’ingénieurs et cadres de l’aéronautique et du spatial. Des secteurs hautement technologiques confrontés de plein fouet aux enjeux de transition écologique, de révolution numérique, de souveraineté et de défense. Majdi Khoudeir directeur de l’ISAE-ENSMA et VP du groupe ISAE, Léa Bergerot, étudiante à l’ISAE-ENSMA et Camille Normier, étudiante à l’ISAE-Supméca, nous en disent plus.
S’il fallait résumer l’ADN du Groupe ISAE ?

Majdi Khoudeir. Le Groupe ISAE est aujourd’hui perçu comme le groupe référent pour la formation dans l’aéronautique, le spatial et les transports au sens large. Des domaines en lieu direct avec les grands enjeux mondiaux présents et futurs, qui nous poussent à être innovants, ambitieux et à fédérer toutes les forces vives, pour réunir les meilleurs talents (étudiants et enseignants-chercheurs) et ainsi créer des synergies porteuses de sens et d’impact. C’est pour cela que nous ne misons pas sur un regroupement géographique mais sur un regroupement thématique, comme en atteste la récente adhésion de l’ENSPIMA-Bordeaux INP, une école dédiée à la maintenance des aéronefs civils et militaires.
Le sens et l’impact sont des notions qui parlent aux étudiant.es de l’ISAE ! Léa, vous avez été finaliste des USAIRE Student Awards. Racontez-nous cette aventure.

Léa Bergerot. J’ai participé à ceconcours réunissant des centaines d’étudiants du monde entier autour des enjeux de l’industrie aéronautique, spatiale et militaire avec une amie d’enfance, étudiante en relations internationales. Nous avons développé une proposition de concept d’avion à propulsion à hydrogène autour d’une structure d’aile volante. Nous avons ainsi imaginé une mini-startup en explorant différentes possibilités techniques, tout en maniant les réalités économiques, financières et règlementaires du terrain. Être finalistes d’un tel concours nous a rendues très fières, mais aussi très reconnaissantes vis-à-vis des professeurs de l’école qui nous ont accompagnées, par leur temps et leur expertise, sur ce projet.
Camille, vous êtes étudiante à l’Institut supérieur de mécanique de Paris, une spécialité encore trop peu féminisée. Dites-nous ce qui vous plait dans la mécanique ?

Camille Normier. Quand on parle de mécanique, on pense tout de suite à des métiers très techniques et bourrés de stéréotypes très genrés. Alors qu’à la base, la mécanique c’est une branche de la physique qui explique comment les objets se déplacent dans l’espace. En arrivant à Supméca, j’ai même découvert que c’était une science très vaste et complexe, en lien avec plein de nouvelles compétences, dont la conception assistée par ordinateur, un domaine qui me passionne et vers lequel je me dirige. La mécanique est un secteur passionnant, alors je dis aux jeunes filles qui hésitent à se lancer de ne pas limiter leurs rêves et d’aller vers les domaines qui leur plaisent vraiment, car elles y ont toute leur place !
« Il y a des générations qui héritent du monde, et d’autres qui ont la chance de le réparer ». Que vous inspire la baseline de notre numéro ?
Camille Normier. Nous héritons d’un monde avec ses faiblesses et ses fractures et ça nous donne la responsabilité de répondre aux défis que d’autres générations nous ont laissés. Mais c’est aussi très inspirant, car ça nous pousse à nous surpasser. C’est une chance de pouvoir réparer ce monde, c’est une opportunité offerte à notre génération de trouver de nouvelles solutions face à ce qui menace notre planète. Et je suis convaincue qu’elle prendra ce défi avec cœur et avec sérieux.
Léa Bergerot. C’est d’autant plus vrai dans l’aéronautique et le spatial, où les enjeux du new space font émerger plein de structures agiles qui nous poussent à innover, à découvrir de nouvelles techniques et de nouvelles façons de travailler.
Majdi Khoudeir. Nous sommes dans des secteurs marqués par de fortes évolutions et ruptures, qui nous imposent de répondre à une double exigence. Sur le niveau de formation bien sûr (il est impératif d’être très bien armé pour répondre à ces enjeux) mais aussi sur le développement d’un potentiel humain. Car un ingénieur c’est avant tout fait pour trouver des solutions et innover !