Rejoignez un groupe pharmaceutique européen qui mobilise sa R&D pour soigner les maladies graves. Esprits brillants au grand cœur bienvenus, invite Georges Assaf (X 01), Head of Kilo Lab chez UCB.
La relocalisation de la production de médicaments en Europe est-elle un gage de souveraineté ?

La souveraineté est une question importante, on l’a vu lors de la pandémie de Covid et, plus précisément avec les pénuries d’anti-douleurs en France. Mais cette question se pose encore plus sérieusement pour les traitements peu courants et pourtant indispensables. Et elle ne se limite pas à la phase de conditionnement et de distribution du médicament, elle concerne l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement qui permet de les produire : énergie, emballage (carton, aluminium), excipients, principes actifs… Pour pouvoir parler de souveraineté, il faudrait que chaque maillon de la chaîne soit basé en Europe, ce qui est encore loin d’être le cas. La Chine et l’Inde manufacturent encore la plupart des produits de base. Et la majorité des principes actifs, issus de la chimie fine, sont des dérivés du pétrole…
Comment UCB contribue-t-il à son niveau à ce défi de souveraineté ?
Fondé à Bruxelles il y a près d’un siècle, UCB est un acteur biopharmaceutique européen (7,7 milliards d’euros de CA) dont les sites de fabrication européens sont situés à Bulle en Suisse et à Braine-L’Alleud en Belgique, non loin de Waterloo ! C’est là que nous fabriquons nos médicaments historiques, ainsi que nos excipients pour la formulation. Nous y avons également une unité de production biologique qui fabrique des anticorps monoclonaux destinés à soigner des maladies graves.,. Mais produire en Europe ne nous empêche pas d’être également implantés aux Etats-Unis, pour coller au plus près des besoins croissants des patients ainsi que raccourcir les chaînes d’approvisionnement.
Qu’est-ce qui fait du département Kilo Lab un maillon essentiel de la chaîne de production d’UCB ?
UCB est en permanence à la recherche de nouvelles molécules dont l’action chimique permettra d’atteindre la cible visée. Le département Kilo Lab représente le maillon intermédiaire entre la chimie médicinale (qui réussit à produire quelques grammes en labo) et la fabrication à une échelle industrielle, dans des cuves pouvant dépasser 10m3. Au sein de l’équipe Kilo Lab, que je dirige depuis deux ans, notre objectif est de parvenir à produire un kilo de matière dans un délai court, avec un process de synthèse efficace. On doit s’assurer que la montée en échelle, au niveau industriel, conduira au même résultat que celui obtenu initialement dans le labo de R&D, en toute sécurité. Les procédés que nous mettons au point sont ensuite utilisés par nos unités de production en interne ou nos partenaires externes, via un transfert de connaissance.
Vous avez choisi très tôt de vous orienter vers la chimie et le génie des procédés. Qu’est-ce qui vous a séduit ?
J’ai effectivement choisi les majeures chimie et biologie, puis la chimie des procédés à l’ENSTA. La chimie est très vaste, elle permet de travailler dans le stockage de l’énergie, les médicaments, l’agroalimentaire… Mon stage de 3ème année en Angleterre m’a convaincu de m’orienter dans l’industrie pharmaceutique en R&D. A Polytechnique, on nous répétait que nous étions les futurs décideurs, mais moi je voulais rester proche du terrain et du labo. Aujourd’hui, je suis un petit décideur, mais je fais quelque chose qui me passionne et je suis convaincu que chaque maillon de la chaîne, qu’il soit petit ou grand, est indispensable. Pour choisir son orientation, il faut se poser trois questions : qu’est-ce qui me plaît, où suis-je fort et où y-a-t-il des débouchés ? Avec la chimie pharmaceutique, j’ai coché les trois cases !
Quels profils recherchez-vous chez UCB ?
On apprend beaucoup la théorie à l’école, mais seule l’entreprise permet la mise en pratique, notamment sur la sécurité et la montée en échelle. Chez UCB, nous mettons l’accent sur la formation, au cœur de nos unités de production. Nous recherchons des jeunes qui allient curiosité, créativité, volonté d’apprendre et humilité. Ils pourront par exemple commencer comme process engineer ou bien comme ingénieur R&D en thérapie génique, un domaine où beaucoup reste à découvrir.

Son anecdote de promo. Je me souviens du discours du colonel Floume dans l’amphi Poincaré lors de la cérémonie de sortie, en présence de nos parents. On s’attendait tous à un discours très sérieux, mais il nous a donné à méditer plusieurs proverbes de sagesse africaine, dont un qui m’a marqué : « qui avale une noix de coco doit faire confiance à son anus. »
Contact : georges.assaf@ucb.com