Interview Marcel Enguehard Polycea
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Polycea, les startupers des grands groupes  – L’interview de Marcel Enguehard

Concilier excellence technique, souveraineté et impact concret : c’est le défi quotidien de Marcel Enguehard (X 11), Partner chez Polycea, où il pilote les équipes Data & Dev et la BU Aéronautique et Défense.

Vous êtes intervenu au récent Sommet de la Souveraineté sur l’IA agentique. Comment arbitrez-vous entre la nécessité d’innover vite et les exigences de souveraineté pour vos clients dans la Défense et l’Aéronautique?

Interview Marcel Enguehard Polycea

Ces deux secteurs stratégiques et fortement régulés sont particulièrement soumis à l’espionnage industriel et à des pressions économiques et judiciaires, y compris de la part d’Etats alliés. Les acteurs ont donc un double enjeu de sécurité et d’indépendance vis-à-vis de leurs fournisseurs. Mais les alternatives souveraines aux Gafam ne sont pas toujours assez matures et souvent plus chères. En tant que société de conseil spécialisée dans la tech, nous aidons nos clients à arbitrer. A titre d’exemple, nous avons déployé pour un industriel de défense une solution d’IA générative. Compte tenu de la sensibilité des données, nous n’avons pas retenu les solutions américaines, pourtant ultra-performantes, mais une solution souveraine un peu moins mature. A nous ensuite d’avoir le niveau d’exécution nécessaire pour réussir son déploiement dans l’écosystème français.

Après des débuts chez Cisco, vous avez rejoint Polycea où vous êtes passé en quelques années de chef de projet à Associé. Quel a été le fil rouge de cette ascension ?

Mon parcours a suivi trois fils directeurs. D’abord la tech, qui est une passion de jeunesse, ensuite l’envie de la mettre au service d’une cause et enfin une ambition et une curiosité qui m’ont conduit à prendre des responsabilités croissantes. Chez Cisco, j’ai effectué une thèse Cifre, une expérience très formatrice et structurante pour aborder des problèmes complexes. Mais j’avais besoin de plus de concret : chez Polycea, j’ai commencé par piloter des projets de développement logiciel dans l’aéronautique. Assez rapidement, je me suis retrouvé impliqué dans la structuration de l’offre technique du cabinet, dans le recrutement et le développement logiciel dans différents secteurs. Cette progression s’est faite naturellement, j’ai découvert que j’étais autant intéressé par les problèmes de culture d’entreprise que par les problèmes techniques.

En quoi votre proposition de valeur se distingue-t-elle du dilemme entre grand groupe et startup ?

Nous proposons le meilleur des deux mondes ! Comme une startup, nous travaillons en petites équipes sur des projets ambitieux, avec une agilité décisionnelle. Mais nous ne dépendons pas de levées de fonds. Nous choisissons nos clients et nos projets, dans une optique de rentabilité et de stabilité. Nous sommes les startupers des grands groupes: ils font appel à nous pour leurs projets difficiles, qui nécessitent expertise technique pointue, qualités humaines spécifiques et agilité.

Quel impact direct les jeunes X peuvent-ils avoir chez Polycea ? À l’inverse, quel type de posture ne fonctionne pas, même avec un CV techniquement brillant ?

Chez Polycea, tout le monde produit des résultats concrets tous les jours. C’est assez exigeant, mais aussi extrêmement stimulant. Les jeunes talents se retrouvent donc rapidement en autonomie et en responsabilité. Ils ont très vite un impact opérationnel en accompagnant nos clients sur des sujets à fort enjeu : migration vers du cloud souverain, déploiement d’IA en production… En parallèle, ils impactent notre propre structuration, en s’impliquant sur nos offres commerciales, nos méthodes et nos outils internes. Ici, il ne faut pas s’attendre à un chemin tout tracé, il faut construire sa carrière et prouver sa valeur sur le terrain avant de revendiquer un statut.

Vous vous définissez comme « codeur enthousiaste ». Quel est votre projet ou ligne de code « madeleine de Proust » ?

J’ai appris à coder seul quand j’étais au collège. Mais ma vraie madeleine de Proust, c’est ma première installation du logiciel libre Ubuntu sur l’ordinateur familial, qui a bloqué l’accès à Windows pendant des heures, au grand dam de mes parents. Cela fait donc vingt ans que je me frotte à la complexité des solutions non Gafam !

Un cours ou une rencontre sur le plateau qui a agi comme un déclic pour la suite ?

Le cours de Thomas Clausen sur les réseaux de communication m’a particulièrement marqué : c’était la première fois qu’un cours d’informatique n’était ni mathématique ni algorithmique, mais ancré dans le réel et pourtant tout aussi complexe intellectuellement. Une révélation.

Interview Marcel Enguehard Polycea

Mon conseil Choisissez un environnement de travail dont la culture est alignée avec vos valeurs. Cela permet de se concentrer sur son impact au quotidien, sans gaspiller d’énergie.

Contact : marcel.enguehard@polycea.fr