Les cours de management de chez soi, ça donne quoi ? L’heure est au bilan de ces derniers mois d’enseignements à distance dans les business schools françaises avec Alice Guilhon, Directrice Générale de SKEMA Business School et Présidente du Chapitre des écoles de management de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE). 

 

©Lora Barra

Mode elearning activé en 2020. Si le premier confinement a obligé les écoles de management à basculer rapidement en 100 % distanciel, elles semblent avoir réussi le défi. « Nous avons su nous adapter dans les temps pour assurer la continuité pédagogique. Notre priorité a été d’accompagner les étudiants du mieux que nous pouvions », soutient Alice Guilhon. D’après la dernière enquête menée par SKEMA Business School auprès de ses étudiants, 85 % d’entre eux ont d’ailleurs été satisfaits des mesures mises en place par leur école. « Cette expérience ne semble pas avoir été compliquée ou désastreuse pour eux », en conclut la directrice.

Round 2

Et pour continuer à satisfaire leurs élèves, les grandes écoles se sont doublement armées pour le deuxième confinement fin 2020. « Nous avons tenu à nous améliorer, en investissant et en nous dotant notamment d’équipements plus performants et plus sophistiqués qui pourraient nous servir même en dehors de cette situation exceptionnelle. » Caméra immersive, tableau interactif, tablette pour que les professeurs puissent piloter les slides, le son et les échanges, mur de mots… Alice Guilhon a elle-même testé et approuvé ces nouveaux outils ! « Ils correspondent bien à la nouvelle génération qui cherche plus de flexibilité pour coller à son mode de vie nomade. Les étudiants peuvent ainsi suivre leurs cours sur n’importe quel device : leur portable, leur tablette, leur ordinateur. N’importe où. » En termes de plateformes utilisées, Teams et Zoom sont les grands gagnants.

Online vs distanciel

Ces nouvelles technologies permettent ainsi de privilégier le distanciel. « Pas de online, que du distanciel », insiste Alice Guilhon. « Les professeurs avaient devant eux les promos et menaient leurs cours comme ils le font en présentiel. Même si cette fois-ci, c’était derrière leurs écrans. Ils ont été formés pour être à l’aise avec cette nouvelle façon d’enseigner. Il faut bien le dire : ils travaillent beaucoup plus entre les visios, les mails, le coaching et l’accompagnement individualisé des étudiants. Mais leurs retours sont bons et nous les remercions de leur implication. »

Distanciel vs présentiel

Pour autant, si l’enseignement à distance s’est révélé efficace en temps de confinement, il n’est pas voué à devenir la norme. La Présidente du Chapitre des écoles de management s’y oppose fermement. « Les équipes enseignantes comme les étudiants ont besoin d’une vie de campus et d’interactions physiques, pour leur bien-être et pour garantir l’excellence de la formation. » Elle reconnait cependant que ces premières expériences de l’enseignement supérieur digitalisé du 21e siècle ont été très profitables. « La jeune génération n’est pas tant sacrifiée puisqu’elle continue d’apprendre grâce aux cours en visio, elle a acquis une capacité à interagir à distance et elle a prouvé qu’elle était capable de s’adapter. Toute expérience est bonne à prendre ! »

 

Et après ?

« Cette crise fait évoluer les cours de management tant sur le fond que sur la forme. Nous tendons de plus en plus vers des programmes hybrides, un mix entre les cours propres à toutes écoles de commerce et des cours plus orientés Humanités. Des disciplines complémentaires pour comprendre le monde de demain », pense Alice Guilhon. Le monde évolue, les écoles aussi.