La mondialisation mise sur pause. Alors que l’interculturalité est devenu un must-have pour la quasi-totalité des entreprises, comment le management interculturel peut-il s’adapter dans le monde d’après. Les réponses de Guilherme Azevedo, expert du sujet et professeur associé à Audencia.

 

Si le management interculturel est aujourd’hui sur les lèvres de toutes les entreprises, quels enjeux recouvre-t-il vraiment ? « Je citerais d’abord, le fait de comprendre que la nationalité n’est ni le seul ni le plus important marqueur d’une culture. Il y a des cultures de langue, d’ethnie, d’âge, de genre, de religion, de classe sociale, de profession, d’école, de ville, de gouvernement et même de famille. »

 

La capacité à reconnaître la valeur et à intégrer d’autres formes de raisonnements ou d’intelligences dans la prise de décision est aussi essentielle. « Ceci est particulièrement crucial pour permettre aux organisations de passer d’un discours d’acceptation de la diversité à une pratique de promotion de la diversité et d’intégration de diverses façons de penser et d’agir.  Je citerais enfin le fait de résister aux tentations des récits nationalistes et de lutter contre leur supposition sous-jacente que ceux qui appartiennent à nos nationalités sont supérieurs aux autres. Une variante de ce piège est d’imaginer que les gens de différentes nations sont incapables de se comprendre. »

 

Covid-19 et interculturalité : l’impossible équation ?

Dans ce contexte, la situation sanitaire inédite que nous vivons incarne-t-elle une crise majeure pour l’interculturalité, ou au contraire, une occasion unique de la repenser ? « Les deux. Les crises nous offrent toujours une occasion cruciale de commencer à penser et à agir différemment. Comme le dit cette phrase attribuée à Winston Churchill : « Il ne faut jamais gaspiller une bonne crise ! » rappelle Guilherme Azevedo.

 

Mais alors quelles sont les leçons à retenir de cette crise ? « Elle nous a montré que l’individualisme tue, que la surconsommation nous rend vulnérables et les gouvernements dirigés par des chefs d’états stupides peuvent provoquer de grandes tragédies. Mais, heureusement, cela a également confirmé que la science était  cruciale, que le leadership féminin est splendide et qu’ensemble, nous pouvions faire face à des problèmes complexes. »

 

LA skill essentielle pour manager en transcendant les différences culturelles

« Les différences culturelles ne peuvent pas être transcendées. De plus, elles ne devraient pas être perçues comme des obstacles au business, à éliminer. Les différences culturelles devraient être encouragées, célébrées et acceptées comme une source de fertilité intellectuelle et comme de riches répertoires vivants de possibilités de résoudre les problèmes et de vivre sur Terre. La compétence la plus fondamentale est peut-être la capacité à se transformer consciemment au contact de ceux qui sont différents. Comme l’écrivait James Clavell dans son roman Shōgun: « Tout est si simple, Anjin-san. Changez simplement votre conception du monde. »