À la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), les équipes réinventent les espaces, les usages et les organisations pour améliorer le quotidien de 65 millions d’assurés. Nadine Texier (HEC Paris CESA 04), Directeure de la gestion des moyens et de l’environnement de travail, prouve que le service public est un terrain d’apprentissage et d’impact social unique pour les jeunes talents.
En quoi êtes-vous à la croisée des enjeux humains et opérationnels ?
Nous avons en charge la gestion de 17 sites en France, qui héberge plus de 2 400 agents. Ma direction assure la qualité de vie au travail des personnels et leur sécurité. Notre objectif ? Apporter des solutions bâtimentaires et techniques pour accompagner l’évolution des nouveaux modes de travail. J’ai la chance de réunir dans ma direction tous les acteurs clés : les achats, l’immobilier (logistique, travaux, maintenance), les équipements informatiques et la sécurisation budgétaire. Cette organisation me permet d’avoir une vision à 360° des dossiers, enjeux et risques.
Comment la Cnam réinvente-t-elle les espaces de travail ?
Nous avons mis en œuvre un télétravail étendu pouvant aller jusqu’à trois jours par semaine, associé au smartoffice, c’est-à-dire au bureau partagé entre collègues. Cela nous a permis d’accueillir de nouveaux collaborateurs et d’optimiser les espaces. Au siège comme en province, nous avons apporté de la lumière au cœur de nos bâtiments, créé de nouveaux espaces de réunion, des salles de visioconférence, des forums et un laboratoire d’innovation. Nous aurons prochainement un coffee shop ouvert toute la journée en plus du restaurant d’entreprise. Cette souplesse de mobilité encadrée répond aux attentes des nouvelles générations.
Le service public pour les jeunes diplômés des Parisiennes c’est the place to be ?
La Cnam permet de donner un sens à son métier, de contribuer à des projets ayant un impact social et d’améliorer le quotidien de 65 millions d’assurés. C’est aussi l’occasion de participer à la transformation numérique de l’assurance maladie en rejoignant l’un des plus grands Systèmes d’Information d’Europe et de relever le défi de l’IA. Dans cette organisation pluridisciplinaire, ils peuvent occuper des postes en finance, communication, gestion de crise, négociation ou secrétariat général avec tous les métiers support (RH, la direction juridique, logistique, travaux). Les possibilités sont infinies pour les profils issus d’HEC.
En quoi le CESA d’HEC a été pour vous un accélérateur de carrière ?
Après une formation initiale en école de commerce, mon parcours m’a entrainée vers les achats. J’ai rejoint ces fonctions au sein d’HP début 2000. Il m’a paru indispensable, à ce moment-là, de me former à ce métier. Le CESA d’HEC allie le stratégique, l’opérationnel et la fonction managériale. Cette formation m’a permis de redonner un élan à ma carrière et d’être sélectionné immédiatement par Aéroports de Paris. Le cursus initial est important, mais ce n’est pas un carcan. Ne négligez pas les programmes certifiants et diplômants, qui donnent un second souffle à votre carrière.
Après 14 ans à la Cnam, vous êtes toujours aussi challengée ?
Après avoir été en charge du département des achats, j’ai repris le poste de directeure de la gestion des moyens et de l’environnement de travail il y a plus de sept ans. Je n’ai pas vu le temps passer grâce à des sujets très divers : gestion de mon premier Plan de Continuité d’Activité, mise en place des outils nécessaires au télétravail, relocalisations de sites de province, ventes d’immeubles, passation de marché. Sans oublier les évolutions techniques des postes de travail informatique, les question RSE, économie d’énergie… C’est un job prenant et passionnant.
Qu’y a-t-il vraiment derrière les portes des Parisiennes aujourd’hui ? Les grandes écoles se sont construites sur la sélection académique. Beaucoup d’étudiants se heurtent au niveau des concours et à la sélection sur dossier. Mais les écoles ont multiplié les dispositifs d’ouverture via la création de cursus en province, des communications autours de l’inclusion, la diversité et l’égalité des chances. Il faut trouver l’équilibre entre l’aura d’excellence qu’elles doivent conserver et répondre à une pression sociale croissante. La transition est amorcée. Mais le facteur coût reste un frein important, car beaucoup d’étudiants ne peuvent pas financer à la fois leurs études, un logement voir des stages ou semestres à l’étranger.
Contact : nadine.texier@assurance-maladie.fr