interview Lucien Fiore Hexcel
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Hexcel : le carbone prend son envol – L’interview de Lucien Fiore

Les composites ont changé la façon de faire voler les avions. Lucien Fiore (Centrale Lyon 89) a traversé cette bascule, des débuts confidentiels aux programmes les plus avancés. Aujourd’hui, Asia Pacific Business Development Director chez Hexcel, il évolue là où l’industrie accélère le plus. Rencontre.


Quel rôle les matériaux composites jouent-ils dans l’aéronautique aujourd’hui ?

interview Lucien Fiore Hexcel
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Les composites ont profondément transformé l’aéronautique en quelques décennies. Concrètement, ce sont des matériaux qui associent des fibres (souvent de carbone) à une résine, ce qui permet de combiner légèreté et résistance. Autrefois cantonnés à quelques pièces secondaires, les matériaux composites sont aujourd’hui omniprésents : à titre d’exemple, des avions comme l’A350 XWB sont composés à plus de 50 % de matériaux composites. Cela a permis d’alléger les structures, d’améliorer les performances et le confort des passagers, mais aussi de réduire la consommation de carburant. Aujourd’hui, ils sont devenus incontournables dans la conception des nouvelles générations d’avions, même si les coûts et la production à grande échelle restent des défis majeurs. Aujourd’hui, les composites ne sont plus une option : ils sont devenus la norme.

Depuis l’Asie-Pacifique, qu’observez-vous sur le terrain ?

La région est clairement au cœur de la croissance mondiale. La Chine et l’Inde concentrent à elles seules une part majeure des besoins futurs : plus de la moitié des nouveaux avions y seront déployés dans les prochaines décennies. Là-bas, l’avion est un moyen de transport du quotidien, presque comme le train en Europe. L’enjeu est de connecter des territoires immenses et parfois difficilement accessibles autrement. Les infrastructures se développent très rapidement, et l’aéronautique est perçue comme un levier clé pour accompagner cette dynamique.

Dans ce contexte, votre passage de la R&D au terrain a-t-il changé votre manière de décider ?

Oui, clairement. La R&D m’a apporté une méthode et un état d’esprit : ne jamais s’arrêter à une seule solution, tester différentes approches, accepter de revenir en arrière si nécessaire. Cette culture de l’expérimentation reste très utile dans des fonctions plus opérationnelles. Elle permet de garder de l’ouverture, de ne pas se figer trop vite et de prendre des décisions plus rationnelles, même dans des contextes industriels où il faut aller vite.

Que recherchez-vous chez un jeune diplômé aujourd’hui ?

Je recherche avant tout des profils ouverts, curieux, capables de travailler en équipe. Dans notre métier, les problématiques sont multiples. Personne ne détient seul toutes les réponses. Les ingénieurs généralistes ont cette capacité à prendre du recul et à s’adapter à des environnements différents. Nous leur proposons aussi des parcours internationaux avec des rotations sur plusieurs sites, pour leur permettre de découvrir différentes fonctions et de construire une vision globale de l’entreprise.

Centrale Lyon :  s’ouvrir, s’adapter, évoluer

Centrale forme des ingénieurs généralistes. Pendant nos études, on ne mesure pas forcément ce que ça veut dire… mais sur le terrain, ça prend tout son sens ! Quand je suis parti travailler en Espagne comme directeur d’usine, je me suis vite rendu compte que parler anglais ne suffisait pas à réussir une expérience internationale. Dans les ateliers, il fallait parler espagnol, comprendre les gens, leur manière de travailler. Et mon job ne se limitait pas à la technique. Il fallait aussi gérer l’humain, le social, les négociations. Je me suis retrouvé à discuter salaires, conditions de travail : des sujets nouveaux pour moi. Mais Centrale m’avait justement donné cette capacité à m’adapter, à prendre du recul et à évoluer dans des environnements très différents. Et ça m’a clairement servi tout au long de mon parcours.

L’ingénieur idéal de 2026 : spécialiste affûté ou touche-à-tout assumé ? Aujourd’hui, il est indispensable d’être un touche-à-tout. C’est-à-dire de savoir passer d’un sujet à un autre dans la même journée, de travailler sur des problématiques différentes, parfois avec des clients différents. Les spécialistes restent nécessaires, bien sûr. Mais dans la majorité des cas, on a surtout besoin de profils capables d’avoir une vision globale, de comprendre rapidement les enjeux et de s’adapter en permanence.

Chiffres-clés :
6 000 collaborateurs dont 1 200 en France
19 sites
2 milliards $ de CA

Contact : recruiting@hexcel.com