INSA en 2026

L’ingénieur humaniste : marque de fabrique des INSA, nouvelle pépite des entreprises

Être diplômé de l’INSA, c’est être diplômé du premier groupe français d’écoles d’ingénieurs publiques. C’est avoir étudié dans une école glocale : à la fois étroitement connectée aux besoins de son territoire (Lyon, Hauts-de-France, Strasbourg, Rennes, Rouen-Normandie, Toulouse, Centre Val de Loire) et tournée vers les enjeux nationaux et internationaux de transitions. C’est être formé auprès de 20 000 étudiants chaque année. Des ingénieurs bien sûr, mais aussi des architectes ou des paysagistes. C’est aussi, si ce n’est surtout, être formé en ingénieur humaniste, en philosophe de l’action. De fait, au-delà d’apporter une formation scientifique et technique de grande qualité, les INSA se revendiquent comme des institutions qui ont à cœur d’éclairer les débats et de contribuer aux transformations d’une société plus juste et plus durable.

SOMMAIRE

L’interview de Mourad Boukhalfa, président du Groupe INSA
What’SUP dans les INSA ?
C’est une bonne situation ça, ingénieur ?
« Si je rejoins l’INSA à la rentrée 2026 je suis sûr de… »

« L’ingénieur INSA est un facteur stabilisant pour une équipe » – L’interview de Mourad Boukhalfa

L’objectif des INSA est donc clair : permettre à leurs étudiant et diplômés de trouver force et créativité dans les valeurs d’exigence, d’excellence scientifique, d’inclusion, et d’ouverture. Mais alors, les INSA doivent-ils former pour l’emploi ou pour la conscience citoyenne ? Les réponses de Mourad Boukhalfa, président du Groupe INSA et directeur de l’INSA Rouen Normandie.

Être un ingénieur humaniste, concrètement, ça veut dire quoi ?

Pour vous répondre, je me baserais sur la perception que les entreprises ont de l’ingénieur INSA. Elles le voient comme un facteur stabilisant de leurs équipes, un ingénieur à l’écoute, qui porte les projets autant que les hommes et les femmes, qui donne du sens et qui ne laisse jamais personne de côté. Ce regard constant sur l’autre, sur l’impact de ses projet, ce questionnement sur le pourquoi (et pas seulement sur le comment) : voilà ce qui définit l’ingénieur humaniste. Des caractéristiques qui font écho à deux autres qualités souvent citées à propos de l’ingénieur INSA : l’humilité et la diversité. Impossible également de ne pas citer l’innovation. Bénéficiant dès le premier cycle d’une formation adossée à la recherche, ils baignent très tôt dans un esprit d’innovation et de curiosité qui les amènent à penser les projets dans leur globalité, avec un souci permanent de l’impact.

C’est ce qui fait la pertinence du modèle INSA au regard des besoins des entreprises aujourd’hui ?

Ce qui est certain, c’est que les INSA ont une offre très lisible pour les entreprises. Notre formation scientifique de très haut niveau est pour elles nécessaire et rassurante. Elle leur permet de recruter des hommes et des femmes dotés de compétences techniques, comportementales et humaines solides, qui portent et donnent du sens à leurs projets : de parfaits meneurs d’équipes en somme !

Vous insistez beaucoup sur les compétences humaines justement. In fine, les INSA forment-ils pour l’emploi ou pour la conscience citoyenne ?

Pour les deux ! Nous accompagnons aujourd’hui tous les grands domaines en lien avec la réindustrialisation – du nucléaire à la pharmaceutique en passant par l’énergie, les transports ou le génie civil – et l’employabilité de nos diplômés est évidemment un objectif essentiel. Mais comme nos ingénieurs sont porteurs des valeurs que nous avons énumérées précédemment, ils sont aussi un vrai vecteur de conscience citoyenne dans les entreprises et sont donc à même d’avoir un impact réel sur leur évolution.

En conclusion : l’ingénieur humaniste, c’est une réalité, un idéal ou une utopie ?

Lors de la création ex nihilo de ce modèle en 1957, certains pouvaient y voir une certaine utopie. Depuis, les équipes, les étudiants, les diplômés des INSA en ont fait une réalité. C’est aujourd’hui l’essence même de notre travail et de notre quotidien, un idéal que nous requestionnons constamment pour l’adapter aux changements de générations et de société. De nombreux projets portés à l’échelle du groupe en attestent. Je pense bien sûr à ClimatSup INSA – à travers duquel le Groupe s’est associé au Shift Project pour mieux intégrer les enjeux socio-écologiques à nos formations – ou à notre Livre blanc Diversité et ouverture sociale. Plus récemment, nous avons donné le coup d’envoi d’Horizon INSA avec nos partenaires. Ce programme labellisé Compétences et Métiers d’Avenir (CMA) à l’automne 2025, sera déployé dans toutes les écoles du Groupe. Il a pour objectif à cinq ans de sensibiliser plus de 10 000 élèves de lycées aux études scientifiques et d’ingénieur et d’ouvrir 180 places pour un recrutement spécifique dans les INSA.

INSA en 2026
© Joseph Melin

What’SUP dans les INSA ?

Former pour l’action c’est bien, être soi-même toujours dans l’action, c’est encore mieux ! Formation, recherche, impact sociétal : voilà ce qui fait l’actu dans les INSA cette année.

Au niveau du Groupe. Le Groupe INSA a publié en février dernier son deuxième Rapport Diversités. Le but ? Analyser plusieurs familles d’indicateurs pour qualifier l’évolution de l’ouverture sociale et des diversités dans ses écoles. « Les écoles du Groupe INSA ont, dès leur création, pris la question de la diversité à bras le corps. Mais au fil des décennies, la situation s’est érodée progressivement. La politique volontariste menée par le Groupe doit se perpétuer sans relâche, dans le temps » indiquait d’ailleurs Yann Chamaillard, VP Transformation sociales & enjeux sociétaux du Groupe INSA et directeur de l’INSA Centre Val de Loire, lors de la parution du rapport. Parmi les enseignements clés de cette édition : une sous-représentation persistante des élèves issus de zones rurales, un taux de boursiers CROUS qui continue de légèrement diminuer (en cohérence avec la tendance nationale), et une proportion de femmes dans les promotions qui se maintient (et demeure supérieure à la moyenne des écoles d’ingénieurs).

« C’est pour contrer ces tendances qu’a été mis en place le programme Horizon INSA, qui va s’étendre à tous les INSA à compter de 2026 » ajoutait Pascale Gibert, directrice de l’Institut Gaston Berger, lors de la parution de ce rapport. Ce programme d’envergure (7.3 millions d’euros, dont 4 millions financés dans le cadre de France 2030) est porté par le Groupe INSA et mise en œuvre par ses écoles. Il vise « à accompagner les lycéennes et lycéens vers les formations scientifiques sélectives, et en particulier vers les cursus ingénieur. D’envergure nationale, il s’adresse prioritairement à des élèves disposant d’un potentiel académique avéré, mais dont les trajectoires d’orientation peuvent être fragilisées par des facteurs sociaux, territoriaux ou culturels. Pensé comme un continuum allant de la classe de seconde jusqu’à l’entrée – et à la réussite – dans l’enseignement supérieur, Horizon INSA déploie un ensemble d’actions complémentaires, de la sensibilisation à l’accompagnement, tout au long des études supérieures » explique le Groupe INSA.

Dans les écoles. L’INSA Toulouse inaugure cette année son Centre de transition écologique (CTE).
« Pensé comme un outil opérationnel, celui-ci a pour mission d’accompagner, structurer et accélérer la transition écologique de l’INSA Toulouse, en lien étroit avec l’ensemble de sa communauté et des différentes structures (services, laboratoires et départements) de l’établissement. Il assure le déploiement opérationnel du Schéma Directeur Transition Écologique et Sociétale » indique l’école dans un communiqué.

Avec la création d’une direction Entrepreneuriat et Innovation, l’INSA Lyon franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa stratégie Ambition 2030. L’objectif ? Renforcer son rôle dans l’émergence de projets d’ingénierie, innovants et responsables, au service des grandes transitions. « Nous souhaitons nous focaliser sur le créneau, encore peu usité, de l’émergence de projets à impact. C’est-à-dire favoriser non seulement l’idéation, mais aussi la qualification de ces projets à impact, et d’accompagner des jeunes ingénieurs et cadres technologiques en reconversion professionnelle avec une formation de haut niveau » a annoncé Frédéric Fotiadu, directeur de l’INSA Lyon à l’occasion d’un point presse en février dernier.

Cette année, l’innovation rime avec transport du futur à l’INSA Rouen Normandie. Pour preuve, l’école, l’Université de Rouen Normandie, le CNRS et Safran Nacelles ont récemment annoncé la création du laboratoire commun FLAMES (Fire Laboratory for Assembly, Metal and Composite Engineering & Safety). L’ambition de ce partenariat ? « Anticiper les évolutions réglementaires et technologiques en matière de tenue au feu, un enjeu critique pour la conception des nacelles d’avions dans un contexte où les exigences deviennent de plus en plus strictes. » Par ailleurs, cinq étudiants de l’INSA Rouen Normandie ont fait chauffer les pistes du circuit d’Abu Dhabi en novembre dernier. Avec des camarades de l’Esigelec, ils ont en effet fait partie de la première équipe française à participer à l’A2RL. Une course unique en son genre qui réunit des véhicules, 100 % autonomes, capables d’atteindre 300 km/h, pilotés par une IA, et entièrement développée par des industriels et des universitaires.

En 2026, l’INSA Centre Val de Loire va développer trois grands projets pédagogiques structurants dont il est lauréat. D’abord, le projet Transition Architecture et Paysage (TAP) dont l’objectif est de faire évoluer les formations d’architecture et paysage à l’échelle nationale sur la transition numérique et écologique. Ensuite, le projet Hydrogène : APPlications Industrielles et Sécurité (HAPPIS), dont l’ambition est de répondre aux besoins des métiers de la filière hydrogène via le renforcement des enseignements dans l’Enseignement supérieur bien sûr, mais aussi dans les lycées. Le projet Formation aux métiers de l’industrie et des énergies (FMIE) enfin, qui entend développer des formations professionnelles initiales en lien avec la maintenance industrielle et les énergies décarbonées pour répondre aux besoins du marché de l’emploi.

A l’INSA Rennes, le Laboratoire Fabrique de la pensée critique (collectif de recherche explorant les liens entre technologies, société et soutenabilité créé en 2024) inspire ses jeunes entrepreneurs ! . De fait, Célestin Alusse, étudiant à l’INSA Rennes, a inventé Waiki, un boîtier relié à une application limitant l’accès aux réseaux sociaux sur smartphone. Ça vous tente ? Ses boitiers sont disponibles sur Ulule depuis février 2026. Un mois faste pour les entrepreneurs de l’INSA Rennes, puisque Cédric Le Guern et Lucas Moysan, co-créateurs de Lizia, sont passés dans l’émission de M6 Qui veut être mon associé ? grâce (attention jeu de mots !) à un projet lumineux. Une lampe de lecture made in France qui améliore le confort de lecture en permettant de lire dans le noir sans déranger ses voisins, mais aussi de lire à une main et de faire marque-page.

Saviez-vous que l’INSA Hauts-de-France dispose de formations en audiovisuel et multimédia comptant parmi les plus réputées de France ? Pour la première fois en presque 50 ans d’Histoire, l’école a édité en février dernier la première édition du catalogue Nos anciennes aux génériques. Une liste non-exhaustive des productions audiovisuelles auxquelles ont pu participer ses diplômés entre 1986 et aujourd’hui. Plus de 200 projets de films, séries, courts-métrages, clips, publicités ou émissions, réalisés pour le cinéma, les plateformes de streaming, la télévision ou la radio, en France comme à l’international. Parmi eux (excusez du peu) : la saison 1 d’Astérix et Obélix – Le combat des chefs, les saisons 2 de Marie-Antoinette et de Bref, les films Blanche-Neige et Dragons, ou encore les blockbusters Minecraft – Le film et Mission Impossible – The final reckoning.

Vous êtes passionné d’innovation et vous avez envie de découvrir la recherche autrement ? Bonne nouvelle, l’INSA Strasbourg pense à vous. Cette année, l’école a mis en place un cycle de conférences ouvert à ses étudiants, personnels et partenaires extérieurs pour découvrir un aperçu concret et vivant de la recherche en sciences appliquées. Ils ont ainsi pu découvrir un programme aussi riche que connecté aux attentes des entreprises et de la société. Parmi les thèmes des dernières conférences : Ingénieur·e ET chercheur·se, et si c’était une vraie bonne idée ? / Un voyage dans la conception inventive : de l’idée au prototype / Rainergy : utiliser la récupération d’eau de pluie pour rafraîchir les bâtiments / Châteaux rhénans en 4D et immersion en réalité virtuelle / Laser ultrabref : le GigaWatt à portée de main / IA et calcul scientifique : de la recherche à l’industrie 5.0 / Robots et thérapies : quand la mécanique assiste la médecine / Drones et pollution : cartographier les fumées en temps réel.

INSA en 2026
©C. Morel

C’est une bonne situation ça, ingénieur ?

Le Groupe INSA et l’Institut Gaston Berger ont publié en novembre 2025 l’étude sociologique S’inventer ingénieur·e : un statut en mutation ? Une étude partant du constat selon lequel transitions écologique, transformation numérique et nouveaux enjeux de société poussent les entreprises à faire face à un nouveau défi de taille : attirer et fidéliser les jeunes ingénieurs. Leurs attentes, leurs valeurs et leur rapport au métier diffèrent souvent de ceux de leurs aînés, obligeant les structures qui les recrutent à repenser leurs pratiques d’intégration et de management.  

Dans ce cadre, l’étude explore les motivations, les attentes et les parcours de cette nouvelle génération, ainsi que la place des femmes dans les carrières scientifiques. Cette étude analyse notamment le décalage entre la représentation du métier d’ingénieur chez les étudiants et la réalité vécue à l’entrée dans la vie active. En se concentrant sur ce moment charnière, elle met en évidence une identité professionnelle en mutation. Si l’ingénieur reste majoritairement perçu comme un expert technique ou un manager, une part croissante d’étudiants et de jeunes actifs se reconnaît dans la figure d’un ouvrier en col blanc, appliquant des procédures avec une faible autonomie. Un glissement, souvent vécu comme un déclassement, à même de générer désillusions et frustrations. L’étude montre également une évolution du rapport au travail : le métier d’ingénieur s’inscrit désormais dans une logique de projet plutôt que de statut. Les jeunes ingénieurs recherchent sens, autonomie, apprentissage continu et reconnaissance, tout en valorisant la mobilité et l’employabilité. Enfin, si la féminisation progresse, elle se heurte à des cultures professionnelles encore très masculines. Les femmes expriment des attentes fortes en matière d’égalité salariale, de mixité managériale et de conditions de travail inclusives. L’étude appelle écoles et entreprises à redéfinir collectivement le récit et les pratiques du métier d’ingénieur.

Pourquoi rejoindre un INSA en 2026

INSA en 2026
Axel Compain

Alors qu’en Terminale elle s’imaginait étudier la psycho, c’est finalement en école d’ingénieurs que Sara Ngantcha, étudiante en 2ème année à l’INSA Strasbourg, s’épanouit aujourd’hui.

« C’est ma professeure de Sciences de l’ingénieur qui m’a fait connaitre les INSA. Je suis très sportive, je ne voulais pas abandonner le volley après le bac, alors une école avec prépa intégrée, c’était parfait pour moi. J’ai postulé dans plusieurs écoles du Groupe, mes entretiens se sont très bien passés et j’ai finalement choisi l’INSA Strasbourg. A la fois pour la ville (dont le cadre de vie me plaisait) et pour ses formations, en génie mécanique notamment, qui m’attirait alors beaucoup. J’y ai été hyper bien accueillie, je me suis tout de suite sentie dans un espace rassurant et sécurisant, avec le sentiment d’appartenir à une grande famille. Et ça a été fondamental pour moi car le changement de ville (je viens de Poitiers) et de rythme ont été un peu difficiles au début. J’ai raté mes épreuves de maths au premier semestre, mais loin de me décourager, ça m’a obligée à me dépasser. Du coup, j’ai profité à fond d’une année très enrichissante où j’ai pu approfondir mes connaissances et m’ouvrir sur le monde. Ça m’a aussi permis de toucher à plein de disciplines et de découvrir celle qui m’anime aujourd’hui : le génie électrique. Une matière où on peut plus facilement sortir de la théorie pure, manipuler des choses, et surtout, qui ouvre des portes dans tous les secteurs. J’adore aussi la vie asso de l’école. Je suis responsable de l’équipe de volley, on a des espaces pour pratiquer plein de sports, on peut faire partir d’un club de DJ ou d’un club d’échec : qu’importe notre passion il y a un forcément un club qui nous correspond… et sinon on peut créer le sien ! Alors franchement, j’invite toutes celles et ceux qui réfléchissent à une école d’ingénieurs à faire comme moi. A se donner à fond pour aller au bout de leurs envies et de ne pas se mettre de barrière. Si ma prof de SI ne m’avait pas poussée à mettre l’INSA dans mes choix, je ne l’aurais pas fait… et je n’aurais pas pu profiter de tout ça ! »