France 2030
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France 2030, on en est où ?

S’engager, c’est aussi participer à la compétitivité – et donc à la prospérité – de la France dans un monde où l’innovation est une course mondiale. Lancé en 2021, le plan France 2030 ambitionne de rattraper le retard accumulé dans certains secteurs clés et de faire émerger de nouvelles filières industrielles et technologiques. Avec 54 milliards d’euros déployés sur cinq ans, ce plan transforme peu à peu le paysage économique français autour d’un triptyque clair : mieux produire, mieux vivre, mieux comprendre le monde.

Le plan France 2030 repose ainsi sur dix grandes priorités industrielles et technologiques, toutes pensées pour répondre aux défis de la décennie : développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), production d’hydrogène vert, décarbonation de l’industrie, production française de véhicules électriques et hybrides, conception de l’avion bas-carbone, transformation du modèle agricole pour une alimentation durable, relocalisation de la production de biomédicaments, création de nouveaux contenus culturels et immersifs, reconquête du secteur spatial et exploration des grands fonds marins. Dix objectifs pour une ambition : faire de la France un acteur majeur des transitions en cours.

Des investissements massifs, des résultats concrets

À la mi-2024, environ 38 milliards d’euros avaient déjà été engagés, finançant plus de 7 500 projets sur tout le territoire. Ces investissements ont permis de créer ou maintenir 155 000 emplois directs. Ils ont également soutenu l’ouverture de 34 000 nouvelles formations diplômantes, destinées à anticiper les compétences d’avenir dans les domaines de la tech, de l’énergie ou encore de la santé.

Parmi les entreprises qui en bénéficient, on retrouve de jeunes pousses comme Verkor, qui développe des batteries bas carbone à Dunkerque, ou Inocel, spécialisée dans les piles à hydrogène. Certaines deeptechs comme Exotrail, dans le secteur spatial, illustrent aussi cette nouvelle dynamique industrielle. Mais France 2030 ne fait pas que financer l’innovation. Il cherche aussi à structurer des filières entières, parfois à réinventer, souvent à relocaliser. Le gouvernement vise par exemple la production de deux millions de véhicules électriques par an d’ici la fin de la décennie, la fabrication de vingt biomédicaments en France, ou encore la réduction de 35 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie par rapport à 2015. Le plan cible aussi des enjeux de souveraineté industrielle. Sécuriser les approvisionnements en matières premières critiques, relancer une électronique européenne ou encore développer des solutions numériques souveraines sont autant de piliers définis comme prioritaires.

Une montée en puissance des startups industrielles

C’est l’un des paris forts de France 2030 : faire de la France un terrain de jeu crédible pour les startups industrielles. En 2024, plus de 385 jeunes pousses ont vu le jour sous l’impulsion du plan, un chiffre en hausse de 13 % par rapport à 2023. Pas uniquement des applis de livraison ou des plateformes de coaching, non — des boîtes qui bossent sur des énergies bas carbone, des biotechs de rupture, des satellites nouvelle génération, des robots industriels… Bref, du lourd, du tangible, du stratégique. Côté financement, l’État n’a pas lésiné : 130 fonds de capital-risque ont été soutenus et presque 1 000 projets accompagnés. Objectif affiché ? Faire émerger 100 licornes tricolores, dont 25 dans la green tech, et 500 startups deeptech d’ici 2030. Adieu le rêve de la Startup nation version pitch et PowerPoint. Dans le viseur de France 2030 : une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de fabriquer, d’industrialiser, de créer des emplois qualifiés et de répondre aux grands défis du siècle. Les pionniers sont là. L’effet boule de neige devrait faire le reste.


Et ensuite ?  


France 2030 passe à l’étape 2 : produire, recruter, livrer. D’ici fin 2025, plusieurs sites industriels soutenus par le plan doivent entrer en service, dans les secteurs de l’énergie, de la santé ou des mobilités notamment. Côté compétences, le défi est colossal : plus de 100 000 personnes devront être formées dans les secteurs ciblés d’ici 2026. Pour y répondre, l’État a lancé un nouvel appel à projets Compétences et métiers d’avenir en avril 2024, doté de 400 millions d’euros. Le tempo s’accélère, les jalons sont posés. Reste à transformer l’essai.