Interview Joël Verany Stellantis
Joël Verany

Faites la course en tête avec Stellantis – L’interview de Joël Verany

N°1 en Europe sur les hybrides et sur les véhicules utilitaires, Stellantis a beaucoup à offrir aux jeunes dip’ passionnés d’automobile et de transition énergétique, explique Joël Verany (Arts et Métiers 95), SVP-Head of BtoB de Stellantis Europe.

Stellantis vient de confirmer les grands axes de sa croissance durable, ancrée sur la mobilité de demain. Comment cela se traduit-il au niveau de l’activité BtoB dont vous avez la charge ?

Stellantis représente un univers infini avec 14 marques emblématiques et Leapmotor, parfois plus que centenaires comme, entre autres, Peugeot et Fiat. Notre force est de proposer des solutions très variées et sur-mesure aux professionnels, de l’utilitaire Citroën à la Maserati, de la micromobilité électrique à la berline de luxe. J’ai la chance de représenter l’ensemble de ces marques auprès de nos clients BtoB en Europe : flottes automobiles des grands comptes, utilitaires des TPE-PME, locations de courte durée et acteurs du leasing. Aujourd’hui, le BtoB représente 50 % du CA du groupe en Europe (plus d’un million de véhicules vendus par an). Nous ne vendons pas seulement des véhicules mais tout un écosystème BtoB, baptisé All in One, qui comprend solutions de recharge, logiciels de gestion de flottes, outils d’optimisation des consommations…

Les transports sont responsables de 29 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Face à d’autres secteurs, qu’est-ce que l’automobile a à offrir aux jeunes talents en quête de sens ?

Notre secteur est très regardé, car il est au cœur des enjeux sociétaux et environnementaux.Grâce à nos plateformes multi-énergies (électrique, hybride et hybride rechargeable) au sein de chaque usine, nous nous adaptons à la maturité de nos clients, tout en relevant le défi de la transition énergétique. Pour des jeunes ingénieurs en quête de sens, c’est un challenge complexe mais passionnant. Avec des solutions plus abordables, plus efficaces et plus durables, nous aidons également nos clients professionnels à atteindre leurs objectifs environnementaux. Ils peuvent aujourd’hui effectuer de longs trajets sans interruption avec 750 km d’autonomie en 100 % BEV et jusqu’à 900 kmen e-Hybrid. Nous avons beaucoup investi dans l’électrification, les logiciels, les datas et l’IA. Et nous avons aussi recruté de nombreux experts en optimisation d’énergie, qui est devenue une compétence stratégique. En 2026, nous continuons à recruter des ingénieurs R&D, ainsi que de jeunes commerciaux amenés à devenir responsables grands comptes.

Vous avez commencé comme analyste financier chez PSA avant de bifurquer vers la distribution. Avoir plusieurs cordes à son arc : un passage obligé pour un leader aujourd’hui ?

Je suis fier d’être à la fois ingénieur et commercial. Etre leader, c’est savoir sortir du cadre initial de sa formation. Aux Arts et Métiers, j’ai développé le pragmatisme, la polyvalence et le travail d’équipe. J’ai saisi l’opportunité de commencer dans la finance, qui m’a donné une capacité d’analyse très utile encore aujourd’hui. Puis j’ai voulu aller sur le terrain, dans le commerce et la distribution. Il n’y a pas de parcours linéaire, chaque expérience est utile. Dans un environnement complexe comme l’automobile, avoir cette transversalité est une force.

En 2017, vous êtes parti en Inde pour développer le Réseau Citroën dans le pays. Avoir un esprit d’intrapreneur, c’est ce que Stellantis attend des jeunes talents ?

Mes cinq ans en Inde ont été une aventure extraordinaire ! Au départ, nous n’étions qu’une poignée d’expats, l’hôtel était notre bureau. En partant d’une feuille blanche, nous avons tout mis en place : le réseau, les partenariats, l’image de marque… Comme Citroën était inconnu en Inde, il a fallu se démarquer en misant sur son histoire, son héritage… et sur son confort, très importante compte tenu de la qualité des routes locales ! Agilité, audace, esprit d’intrapreneur sont des atouts indéniables pour réussir. J’ajouterais l’autonomie, l’écoute, l’ouverture multiculturelle et le goût pour les responsabilités.

Un conseil aux jeunes Gadzarts, que vous auriez aimé entendre à vos débuts ?

J’aurais aimé qu’on me dise « tout est possible ». Ce n’est pas parce qu’on a un diplôme d’ingénieur qu’on doit s’enfermer dans la R&D ou la production. Tout nous est ouvert. L’important est de faire ce qu’on aime, car on y trouve sens et motivation.

L’ingénieur idéal de 2026 : spécialiste affûté ou touche-à-tout assumé ? Il faut un bon équilibre entre les deux : être en quelque sorte un spécialiste de la diversité. Avoir une expertise solide pour être crédible mais aussi être prêt à accueillir des défis nouveaux, comme l’IA par exemple, en se spécialisant si besoin.

Contact : stellantis.fleetbusinesssolutions@stellantis.com