Alors que le gouvernement a annoncé des mesures en faveur de l’apprentissage, la Fédération des établissements d’enseignement supérieur d’intérêt collectif (FESIC) lance un appel pour ne pas laisser stagiaires, alternants et jeunes diplômés au bord du chemin de la relance économique.

 

La crise sanitaire dans laquelle nous nous trouvons a d’ores et déjà un impact économique et social considérable sur les entreprises. Face à cette crise, face à un monde en pleine mutation, chacun doit faire preuve de responsabilité. Nos établissements, grandes écoles d’ingénieurs et de management, formant chaque année des milliers de femmes et d’hommes professionnels qui porteront la transformation de notre société, se doivent d’être aux avant-postes.

Nos jeunes sont prêts à relever le défi d’une relance économique orientée vers un monde plus juste et plus durable.

Aussi, acteurs de formations professionnalisantes, entreprises et branches professionnelles, étudiants, apprentis et collectivités locales, nous devons échanger pour trouver ensemble les solutions qui permettront de poursuivre le développement des compétences de nos étudiants. 

 

Des établissements à l’écoute

Ces solutions pourront être déclinées au niveau local, en fonction des particularités des bassins d’emploi, mais aussi au niveau national afin de s’inscrire dans le plan de relance.

 En effet, l’ancrage territorial de nos établissements, leurs liens avec le tissu économique, l’exigence et la diversité de leurs formations, alliés à leur ouverture à l’international, font d’eux les partenaires idéals.

Dans cette perspective, accompagner les entreprises, adapter nos formations est un impératif. Engagées au service des jeunes et de leur famille, nos écoles ont mis en place tous les outils d’une continuité pédagogique qui permet, grâce à un niveau d’exigence, la préservation de la valeur des diplômes de nos étudiants. Leurs savoir-faire et leur esprit d’innovation ont déjà fait leur preuve. Ce fut le cas pendant la période que nous avons traversée : la coudière 3D créée par les élèves ingénieurs de l’Institut catholique d’arts et métiers, la plateforme numérique rapprochant acteurs de la santé et fournisseurs de matériels réalisée par ceux de l’ISEP, en sont des exemples parmi d’autres.

 A la rentrée 2018, l’apprentissage concernait 6,7 % de la population étudiante dans l’enseignement supérieur français, soit 180 000 apprentis. A leurs côtés, plusieurs milliers d’élèves suivent chaque année une période de stage, s’inscrivent dans un contrat de professionnalisation, s’investissent dans une junior entreprise ou un projet de recherche. Ces formations professionnalisantes irriguent le marché du travail français et participent de sa vitalité.

Dans les semaines à venir, l’offre de stages, d’apprentissage et alternance, risque pourtant de se réduire fortement, voire de se raréfier, en raison de la baisse drastique de l’activité, des capacités d’investissement des entreprises et d’une reprise qui s’annonce incertaine et très progressive. Les premiers chiffres sont préoccupants :

  • L’APEC note, en avril 2020, une chute de 69% des offres d’emploi destinées aux jeunes diplômés, par rapport à avril 2019. Dans le secteur du numérique, le moins frappé par la crise, le Syntech estime le gel de postes à 12 000.
  • Une étude de l’Organisation Internationale du Travail, du 27 mai 2020, évalue qu’un jeune sur six se retrouve sans emploi en raison de la crise sanitaire.

 L’impact de la crise sur le PIB est important : les prévisions gouvernementales tablent sur une baisse de 11% pour 2020. Les niveaux d’activité, dans les mois à venir, vont varier fortement en fonction des filières, les plus touchées étant, à ce jour l’aéronautique, l’automobile, les transports, l’hôtellerie et la restauration. Le maintien, par les entreprises, d’une offre à destination des étudiants et jeunes diplômés est une impérieuse nécessité afin de préserver la capacité du pays à former de futurs manageurs et ingénieurs en prise avec la réalité.

 

Demain ne se fera pas sans les jeunes

 Après les mesures annoncées par le gouvernement pour sauver l’apprentissage, un plan global pour l’insertion professionnelle des jeunes est indispensable car le monde de demain ne pourra se faire sans eux. 

Il serait en effet préjudiciable que cette crise sanitaire exogène ait une conséquence négative et durable sur les compétences des salariés français. Nous devons donc, établissements comme entreprises, nous engager pour préserver notre modèle original d’enseignement professionnalisant.

Entrepreneurs, dirigeants de PME, TPE et grandes entreprises, vous avez besoin de jeunes, opérationnels, pour permettre le démarrage d’un nouveau cycle économique. Par des échanges réguliers, de proximité, sachons ensemble définir vos besoins, identifier vos freins et vos attentes. Les compétences pour construire le monde de demain sont là, sachons ensemble les faire fructifier !

 

Par Philippe CHOQUET, président et l’ensemble des directeurs des écoles de la FESIC

CPE Lyon (Gérard PIGNAULT), ECAM LYON (Didier DESPLANCHE), ECAM Rennes (Hubert MAITRE), ECAM Strasbourg-Europe (Sonia WANNER), ECAM-EPMI (Moumen DARCHERIF), EDHEC (Emmanuel METAIS), ESA ( René SIRET), ESAIP (Christophe ROUVRAIS), ESCOM ( Gérard BACQUET), ESEO (Olivier PAILLET), ESSCA (Jean CHARROIN), ESSEC (Vincenzo Esposito Vinzi), GROUPE ICAM (Jean-Michel VIOT), IESEG (Jean-Philippe AMMEUX), ISARA (Pascal DESAMAIS), ISEP (Dieudonné ABBOUD), ISIT (Tamym ABDESSEMED), KEDGE BS (Alexandre de NAVAILLES), Psychologues Praticiens (Jacques ARENES), PURPAN (Eric LATGE), UNILASALLE (Philippe CHOQUET), Yncréa Hauts-de-France (Christophe FACHON), Yncréa Méditerranée (Didier GOGUENHEIM), Yncréa Ouest (Marc FAUDEIL).

 

 

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