interview Jean-Baptiste de Lisle DOMNIS
© Henri Buffetaut

DOMNIS : concilier performance économique et mission sociale – L’interview de Jean-Baptiste de Lisle

Du droit public au pilotage transversal de l’entreprise, Jean-Baptiste de Lisle (Université Paris-Est Créteil 13), Secrétaire Général chez DOMNIS, a progressivement élargi son champ d’action. Au sein de cette entreprise sociale pour l’habitat qui compte 13 000 logements familiaux en Île-de-France, un même cap : concilier performance économique, mission sociale et proximité avec les locataires.

DOMNIS est un acteur clé du logement social francilien. Mais comment continuer à construire et rénover dans le contexte actuel ?

C’est toute la difficulté du logement social : la demande augmente alors que les contraintes économiques, réglementaires et techniques se renforcent. Mais il ne faut pas opposer performance économique et mission sociale. Un bailleur construit pour plusieurs décennies : il faut regarder le coût d’une opération et sa pérennité. Nous développons environ 300 nouveaux logements par an, tout en rénovant notre patrimoine. Rénover améliore le confort des habitants, permet de maîtriser leurs charges et préserve notre patrimoine. Cela impose de prioriser et d’arbitrer.

Dans ce contexte, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la singularité de DOMNIS ?

Notre taille, d’abord. Avec 13 880 logements familiaux et environ 180 collaborateurs, nous sommes suffisamment importants pour disposer de tous les métiers en interne, tout en restant une entreprise à taille humaine. Cela nous permet de conserver une vraie proximité avec nos locataires et nos partenaires locaux, mais aussi une agilité et une capacité de décision qui nous permettent de nous adapter rapidement aux réalités du terrain.

Vous avez débuté dans le droit public avant de passer par la commande publique puis de rejoindre DOMNIS. Comment ce parcours vous nourrit-il encore aujourd’hui ?

Le droit m’a donné une méthode de raisonnement : qui peut décider, dans quel cadre, avec quels risques et quelles conséquences ? La Ville de Paris a été une deuxième école : j’y ai appris la mécanique des organisations et la réalité des arbitrages. Le logement social me permet aujourd’hui de réunir ces composantes avec des enjeux de gouvernance et de pilotage. Le droit a été mon point d’entrée dans l’organisation, il n’est simplement plus mon seul angle de lecture.

Qu’est-ce qui a le plus changé en devenant secrétaire général ?

La posture d’abord. Dans une fonction spécialisée, la légitimité vient essentiellement de la maîtrise technique. Dans une fonction transverse, l’expertise reste importante, mais elle ne suffit plus. Il faut poser les bonnes questions, mobiliser les bonnes expertises et mettre les bonnes personnes autour de la table. Ma valeur ajoutée est dans ma capacité à faire travailler ensemble des personnes qui, elles, savent faire.

Pourquoi conseilleriez-vous à un jeune diplômé de commencer sa carrière dans le logement social ?

Pour la diversité des métiers : immobilier, maîtrise d’ouvrage, réhabilitation, architecture, urbanisme, gestion locative, accompagnement social, mais aussi achats, droit, RH, informatique ou finance. Des métiers qui s’exercent tous avec une mission d’intérêt général très forte. J’attends trois qualités chez nos jeunes collaborateurs : la curiosité, la capacité à travailler en mode projet et de réelles qualités relationnelles. Il faut comprendre le métier des autres et aller sur le terrain, notamment auprès de nos gardiens. Ils sont en première ligne, à la fois le point d’entrée de nos locataires sur des sujets très variés et les garants, au quotidien, de la qualité de service que nous souhaitons apporter à nos résidents et à nos partenaires: sans eux, nous ne faisons rien. Mon conseil : construire une véritable compétence, mais ne pas s’y enfermer.

Secrétaire général : accompagner la décision « Le secrétaire général n’a pas vocation à se substituer aux directions opérationnelles. Son rôle est d’avoir une vision d’ensemble lorsque les dossiers dépassent les frontières d’une direction en comprenant les réalités et les enjeux du terrain. Auprès du directeur général, je dois contribuer à sécuriser et fluidifier la décision. La sécurité juridique est essentielle, mais sécuriser ne veut pas dire rechercher le risque zéro : il n’existe pas. Il faut identifier et mesurer le risque en intégrant les dimensions financières, opérationnelles, humaines ou environnementales. Le secrétaire général doit dépasser la seule lecture juridique : il faut être compréhensible et opérationnel. »

Contact : rh@domnis.fr