Interview Alban Gonord La MACIF
crédit photo : Alexis Harnichard

Les chemins de traverse ? L’assurance d’une carrière réussie à la MACIF – L’interview d’Alban Gonord

Philosophe, professeur, publicitaire… puis dirigeant dans l’assurance : difficile de faire plus inattendu ! Alban Gonord, (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 97), Directeur de l’Engagement de la MACIF, revient sur son parcours et explique pourquoi les profils atypiques ont toute leur place au sein du groupe mutualiste. Par Fanny Bijaoui

De la philosophie à l’assurance, votre voie n’était pas tracée !

Preuve que les chemins de la philosophie ne mènent pas nulle part ! Une scolarité poussive m’a emmené en lycée expérimental où j’ai eu la chance de découvrir la philosophie en classe de seconde. On lisait Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Je ne comprenais pas grand-chose, mais je trouvais ça beau. Ça m’a fait comme une sorte de déclic et je me suis mis à lire et travailler. Après une khâgne, je me suis inscrit en Maîtrise de philo à Paris 1 et, sur les conseils d’un professeur merveilleux, j’ai repassé Normale Sup en candidat libre, puis l’agrégation. Comme l’économie et les médias m’intéressaient aussi, j’ai passé un Mastère à l’ESCP. Cela m’a conduit à travailler dans la communication et la publicité. Je suis ainsi arrivé à la MACIF.

Quelles valeurs ont fait tilt ?

J’ai découvert le monde de l’économie sociale et solidaire. La MACIF est un assureur mutualiste et une entreprise qui n’a pas d’actionnaires à rémunérer. Elle repose sur des principes démocratiques : 900 000 personnes ont voté pour désigner leurs représentants. Les métiers touchent la vraie vie des gens. Il s’agit de protéger les personnes, leur santé, leurs biens, leur épargne. Ces sujets de protection, d’accessibilité, de redistribution, de solidarité correspondaient à l’idée que je me faisais d’une entreprise utile et ancrée.

Comment traduisez-vous ces valeurs dans votre direction ?

La Direction de l’Engagement compte 280 personnes avec des profils très différents : communicants, techniciens, juristes, littéraires, linguistes, assureurs, personnes issues des métiers de l’assurance, des commerciaux… Notre rôle ? Faire vivre le modèle mutualiste, porter les engagements de la MACIF pour nos sociétaires et la société, avec nos salariés, nos élus, nos partenaires. L’an dernier, nous avons organisé 3 600 actions et rencontré près d’un demi-million de personnes autour de la prévention, de gestes qui sauvent, de la sécurité routière, du climat, de la santé, de l’épargne. L’idée : faire vivre des expériences.

Des exemples d’initiatives porteuses de sens ?

La troisième édition du Parlement des Jeunes soutenue par la MACIF au Conseil Économique, Social et Environnemental a permis d’explorer les attentes, les perceptions et les imaginaires des jeunes et de la politique. Nous travaillons aussi sur les risques climatiques avec une Chaire à l’École Normale Supérieure sur l’innovation sociale avec notre Fondation, l’environnement, les forêts, les océans avec des partenaires comme Jean-Louis Étienne. Ces dispositifs gratuits permettent aux gens de s’engager sur les territoires. Nos investissements sont fléchés : fin 2025, la MACIF réalisait 6 milliards d’euros d’investissements durables pour le climat, la biodiversité et les transformations de la société.

Précisément, que peuvent vous apporter les diplômés de Paris 1 ?

Chaque personne apporte son monde. Les diplômés ont des compétences en droit, économie, management, communication… Ils apportent leur voix, leur regard, leur singularité et leur intelligence qui n’a rien d’artificiel. Dans une entreprise qui rassemble plus de six millions de sociétaires, la diversité est une richesse. Nous avons besoin de jeunes partout. Les métiers de l’assurance recrutent : dommages, santé, épargne finances, services supports… Ces jeunes apporteront les solutions aux problèmes climatiques, numériques, démographiques qui nous concernaient moins. Ils questionnent nos pratiques, cherchent à mieux équilibrer leur vie professionnelle et personnelle. Et leur engagement est plus mobile, plus ponctuel, plus concret, plus local. La MACIF les attend. L’assurance a beaucoup à apprendre d’eux. Inversement, ils trouveront peut-être chez nous. Plus d’assurance. Comme disait Descartes perdu dans la forêt, en quête de méthode et de vérité, ne faut-il pas « marcher avec assurance dans cette vie ? » 

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne « J’y ai rencontré des professeurs qui m’ont marqué. Je me souviens des cours de phénoménologie avec Desanti et de ceux de Jean Maurel : nous lisions les Stoïciens, rencontrions Diogène, contemplions avec Victor Hugo. Il y avait une joie de comprendre et de penser. L’esprit était partout ».

Contact : alban.gonord@macif.fr