Comment étudiants et présidence construisent ensemble l’avenir de l’université ? Réponses à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, avec Christine Neau-Leduc, sa présidente, et Rayan Harigui, étudiant en M2 de Droit public fondamental et vice-président étudiant élu par le conseil d’administration.
Quels sont les rôles et missions d’un VP étudiant à Paris 1 ?
Rayan Harigui. Avant tout, de représenter la voix et les difficultés de la communauté étudiante en interne (auprès de la présidence, du conseil d’administration, des commissions etc.), sur le terrain et à l’extérieur de l’université (auprès du Crous, de la présidence de région etc.). La vie étudiante est bien sûr au cœur de nos échanges en ce moment : santé mentale, précarité alimentaire, logement. Concernant ce dernier point, nous avons notamment discuté de l’attribution de chèques logement temporaires pour pallier les délais d’attente du Crous. Et notre objectif à moyen terme est l’élaboration d’un schéma directeur du logement étudiant pour recenser les ressources des parcs privé et public et ainsi identifier les leviers à activer à Paris et en Ile-de-France.

Christine Neau-Leduc. La vice-présidence étudiante est une force de proposition et d’échange, un relai très important pour nous. Nous travaillons ensemble dans une vraie relation de confiance. On se fait challenger c’est sûr, on n’est pas toujours d’accord, mais le regard des étudiants est essentiel pour mener à bien notre mission première en tant qu’université : les conduire à la réussite de leur vie d’étudiant, de leur formation et de leur vie professionnelle.
L’Université entend être une actrice majeure du lien entre science et société. Comment cela se traduit-il cette année ?
Christine Neau-Leduc. Ce lien est absolument essentiel pour montrer, hors les murs, l’apport de l’Université, de ses étudiants et de ses chercheurs à la vie de la Cité. L’exposition 13 novembre 2015 : que dit la science des attentats ? en est une illustration récente. Installée au centre La Chapelle jusqu’au 13 novembre, elle met en avant les travaux sans précédent engagés à l’initiative du CNRS, de l’Inserm et des chercheurs de différentes disciplines, pour comprendre les impacts de ces événements tragiques. Côté formation, nous devons répondre à l’évolution des besoins des étudiants et des professions qu’ils vont exercer. Ce que nous faisons par exemple avec notre Collège de l’IA depuis la rentrée 2026. Celui-ci offre en effet une formation à l’IA à 200 étudiants de L2 et L3 (toutes disciplines confondues), en plus de leur formation d’origine. Outre quelques compétences techniques, le Collège permet à nos étudiants (qu’ils soient en droit, en géographie, en économie, en sociologie etc.) de comprendre l’impact de l’IA en termes de transformation des métiers, de prise de décision, d’éthique etc. Certains outils qui y sont développés seront parallèlement mis à disposition de l’ensemble de nos étudiants.
L’entrepreneuriat est aussi au cœur de l’actu de Paris 1 cette année !
Christine Neau-Leduc. L’Université est en effet implantée à Station F avec l’IAE Paris-Sorbonne Business school depuis le 15 septembre : une première pour une université comme la nôtre. Sept projets ont déjà été sélectionnés pour notre incubateur. Notre présence à Station F est une opportunité privilégiée de montrer l’apport absolument central des disciplines des sciences humaines dans un écosystème historiquement très technique et technologique. C’est un très bel outil offert aux membres les plus innovants et créatifs de notre communauté et un vecteur puissant pour changer le regard des entrepreneurs, des entreprises et de la société sur les SHS.
Impossible enfin de ne pas évoquer l’ouverture du centre La Chapelle cette année. Quels sont les retours des étudiants ?

Rayan Harigui. Avec l’ouverture de La Chapelle, les étudiants sont sur un des plus beaux centres de Paris 1. Côté architecture, c’est une vraie réussite et surtout… ça nous donne de la place, car on manque beaucoup de m² à Paris. Côté vie étudiante, c’est un vrai bond : c’est la première fois qu’il y a une bibliothèque et une cafétéria Crous aussi grandes à Paris 1 (respectivement 300 et 720 places ndlr). Il y a aussi un espace dédié à la vie associative. Tout le matériel et les infrastructures sont là : ne reste plus qu’à se les approprier !