Mise à jour de la situation des écoles de commerce avec Thomas Froehlicher, Directeur de Rennes School of Business, et Pascal Vidal, Directeur des programmes de KEDGE Business School, deux écoles membres du Chapitre des Grandes écoles de management de la CGE.

 

Comment se passe le confinement dans vos écoles respectives ?

Thomas Froehlicher. Tous en télétravail, le personnel est à 100 % connecté sur Teams. Quant aux étudiants, ils sont en classe virtuelle depuis le 23 mars. Leur taux de participation est entre 75 à 85 %. Ça fait plaisir de voir qu’ils ont envie de suivre les enseignements même à distance.

Pascal Vidal. Même constat ! Le taux de participation aux cours est très élevé. Pour s’en assurer, nous tenons des réunions en visio avec les délégués. Maintenant, nous anticipons les examens, maintenus courant mai, avant que certains étudiants ne soient en stage. Cherry on the cake : nous voyons finalement les équipes de façon plus régulière. La vie est presque normale !

Quels outils utilisez-vous pour faire cours à distance ?

TF. Nous utilisons Classilio : un outil de digital learning qui se connecte facilement à Moodle. Très pratique.

PV. A KEDGE, nous utilisons Blackboard, qui a intégré un outil de classe virtuelle. Les enseignants ont très vite modulé le format de leurs cours. Les enseignements ne sont pas en vacances ! Même les professeurs de sport font du coaching en ligne.

Comment ont réagi les étudiants ?

TF. Lors de mon dernier amphi, j’ai longuement parlé avec les présidents de promos et d’assos. Comment être sûr que je pourrai réussir normalement mes examens parce que c’est ce qui détermine mon rang pour partir à l’étranger ? Comment éviter la triche ? Moi j’avais une présentation en groupe, est-ce qu’elle aura quand même lieu ?… Ils avaient tous beaucoup de questions et d’inquiétudes au départ, mais ils ont vu que nous nous sommes rapidement adaptés pour qu’ils puissent apprendre dans les meilleures conditions. Nous avons la chance d’avoir un cluster EdTech de la région Grand Ouest dans nos locaux qui nous soutient à 100 % dans cette transition numérique.

Et les étudiants à l’étranger ?

TF. Avant que la France ne soit confinée, une de nos premières tâches a été de mettre en place des modules de e-learning asynchrones pour nos étudiants à l’étranger, dans nos universités partenaires.

PV. Beaucoup d’alumni de KEDGE se sont mobilisés pour accompagner nos étudiants partout sur la planète. Hébergement, conseil, partage de provisions, échanges téléphoniques… Nous avons vu émerger une vraie solidarité face à cette crise mondiale.

D’autres exemples de solidarité ?

TF. Nous avons un réseau interne : les Pumas du cœur. Ensemble, les équipes font des activités quotidiennes pour garder le contact et éviter de se sentir seules. Pour les étudiants coincés dans de très petits logements, qui n’ont pas eu le temps de partir ou qui ont fait le choix de rester, isolés dans des conditions pas faciles, la Région Bretagne vient de dégager une enveloppe pour les aider. A l’école, nous avons aussi créé un standard qui renvoie vers le personnel de l’école pour les accompagner en cas de besoin.

PV. Nous avons aussi mobilisé tout le staff et mis en place une astreinte : Safety KEDGE. Les familles et les étudiants internationaux en grande précarité à cause de la crise sanitaire peuvent compter sur nous. Nous avons débloqué des fonds pour leur venir en aide.

Report des concours écrits, annulation des oraux. Pourquoi ?

TF. Les écrits sont maintenus à fin mai, voire mi-juin, dans conditions sanitaires propices. Ce n’était pas une décision facile pour les étudiants qui se préparaient de façon intensive depuis des mois. Mais ce n’était pas faisable pour trois principales raisons : en visio ce ni n’est évident ni équitable, maintenir les oraux, sans être sûrs, a un coût pour les candidats qui se déplacent de loin, et nous préférons sécuriser la rentrée en septembre. Nous préférons préserver les candidats et leurs familles.

PV. De plus, tous nos partenaires habituellement jurés aux admissibles sont beaucoup moins disponibles cette année pour faire passer les oraux en temps voulu. Nous devons tenir la rentrée en septembre pour les étudiants en échange également, qui suivent le calendrier du système éducatif européen. Le meilleur scénario serait donc de pouvoir faire passer le concours écrit fin mai afin de laisser ensuite le temps aux étudiants de choisir leur école selon leurs résultats, et de trouver un logement. Évidemment nous regrettons tous la période des admissibles, un moment charnière dans la vie d’une business school.

Un conseil pour les candidats ?

TF. Donnez tout dans votre lettre de motivation ! Je peux vous garantir qu’elle sera lue de très près. Rendez-vous sur les réseaux sociaux pour, quand même, vivre ensemble les admissibles.

PV. Une fois le confinement levé et si les conditions sanitaires le permettent, j’invite les candidats à venir nous rencontrer sur les campus. Nous les accueillerons comme il se doit !

Prochaine étape ?

TF. Une des grosses questions qui va malheureusement se poser est de savoir comment assurer le début de carrière des jeunes diplômés. Car les recrutements sont gelés en raison de la situation actuelle. Nous aiderons au maximum nos étudiants à trouver un job ou un stage grâce à notre réseau.

PV. Nous préparons l’arrivée des étudiants internationaux car nous avons un gros boom de candidatures. La France apparait comme the place to be. Grâce à sa façon de gérer la crise sanitaire, son image en sort grandie. Même dans le Supérieur, les directions générales des établissements ont su réagir vite. Nous avons apporté une réponse à la hauteur des attentes de nos étudiants et de nos moyens. On peut être fiers de nos formations d’excellence.

Frais de concours : 50% de réduction

Qu’il s’agisse d’admission post-bac via Parcoursup, de l’accès au programme Grande Ecole post classes préparatoires (BCE, Ecricome) ou via les admissions sur titre (AST), un principe unique généralisé a été défini par les 39 écoles membres du Chapitre des Grandes écoles de management : 50% de réduction sur les frais de concours afin de contribuer à l’effort que les familles devront consentir dans une période économique qui peut s’avérer complexe.