Le CEA-Liten* de Grenoble est un des instituts de recherche de référence sur les Nouvelles Technologies de l’Energie en pointe sur la filière hydrogène. Mathias Gérard (INSA Lyon 07), directeur du laboratoire des systèmes hybrides pile à combustible/batterie rappelle son rôle décisif dans le développement de technologies d’avenir au service de la transition énergétique.

 

La spécificité du CEA-Liten sur le front de la transition énergétique ?

interview Mathias Gérard CEA Liten

crédits CEA

L’Institut s’appuie sur 13 plateformes de haute technologie et un millier de personnes (chercheurs, techniciens, équipes supports) travaillent sur la production d’EnR, en particulier le photovoltaïque, l’hydrogène au sens large (pour la production, le stockage à sa conversion en énergie électrique), les batteries Li-ions et le pilotage de systèmes énergétiques. Notre cœur de métier, c’est vraiment la création de valeur et de transfert vers l’industrie et le monde économique, depuis les matériaux jusqu’aux systèmes. C’est une vraie force du Liten, et du CEA en général, d’être présents tout au long de la chaine de valeur de l’énergie.

 

Quels est l’atout clé de l’hydrogène vert dans le mix énergétique?

Il faut d’abord rappeler que l’hydrogène n’est pas une source d’énergie mais un « vecteur énergétique » : il doit être produit puis stocké avant d’être utilisé. A ce titre, c’est un véritable couteau suisse pour le stockage des énergies renouvelables et pour la mobilité, sur terre comme en mer.

 

Des exemples de projets innovants et très challengeants ?

La croissance du CEA-Liten a été rendue possible grâce aux projets collaboratifs menés avec les industriels et aux programmes européens. Nous développons par exemple de manière collaborative dans le cadre d’un projet EU Clean-Sky2, pour un industriel du secteur aéronautique (Thales), une solution innovante de stockage haute puissance et haute densité pour les réseaux électriques d’avions qui répond aux critères de sécurité de l’aéronautique. Nous développons également pour le projet Gen-Z, tout la chaine énergétique, de la pile à combustible, au système hybride et moteur du véhicule à hydrogène qui permettra au pilote Cyril Desprès et à l’explorateur Mike Horn de participer au Dakar au volant en 2023. En recherche plus amont, nous collaborons avec nos partenaires académiques régionaux, nationaux ou internationaux comme l’ANR, ou l’EERA. Travailler de front sur ces trois axes et avec des gens qui sont à la pointe dans leur domaine, c’est réellement passionnant.

 

Pourquoi choisir le CEA-Liten quand on est un.e jeune diplomé.e ?

Nous rejoindre, c’est être sûr d’être challengé sur les questions et les défis technologiques de demain concernant la transition énergétique, la neutralité carbone, les solutions de flexibilité et d’économie circulaire qui répondent aussi aux enjeux de souveraineté nationale et européenne. Il y a énormément de métiers différents dont les évolutions associées sont incroyables et des collaborations de très haut niveau.

 

Un moment clé de votre parcours au CEA ?

Embauché en 2010 à l’issu de ma thèse, on m’a proposé, dès fin 2012, de prendre la tête de l’équipe modélisation du département, constituée alors de trois personnes seulement. J’ai accepté à condition de pouvoir rassembler tous les intervenants en modélisation (jusqu’alors dispatchés) et constituer une équipe qui atteint une trentaine de personnes en 2020. Si l’on montre de l’envie, beaucoup d’énergie et des idées qui vont dans le sens de l’intérêt commun, la direction vous accorde sa confiance pour faire avancer vos projets.

 

Ce qui vous plaît le plus dans votre toute nouvelle mission ?

Jusqu’alors expert en modélisation des piles à combustible, j’arrive avec beaucoup d’ambitions à la tête d’un laboratoire qui travaille sur les systèmes hybrides PEMFC / batteries Li-Ion. Le numérique est de plus en plus important dans ces systèmes. C’est une dimension que je veux aussi renforcer dans la façon de travailler. Les compétences et formations en simulation numérique ou en intelligence artificielle « au service de » sont donc les bienvenues.

 

(*) Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux.

INSA un jour, INSA toujours ?

L’INSA Lyon ne forme pas que des gens d’un très bon niveau technique et scientifique. Les sciences humaines prennent une part importante. Cette formation et son environnement associatif et sportif permettent aussi de s’épanouir dans des projets collectifs et personnels. Je constate souvent que les ingénieurs INSA vont facilement s’intégrer dans les équipes et apporter beaucoup en dehors du volet technique. C’est d’ailleurs avec un grand plaisir que je vais bientôt intervenir sur un de leurs nouveaux masters comme expert sur la partie pile à combustible.

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