Dédié à la gestion des flux d’argent qui irrigue l’économie réelle au quotidien, le cash management est un métier central, basique et complexe à la fois. BNP Paribas en est un des leaders mondiaux. Rencontre éclairante avec son Head of Fraud Prevention & Chief Data Officer Cash Management, Nicolas Trimbour (X 00).

 

Le cash management pour un profane ?

L’image classique est celle du liquide vital, du sang qui irrigue un corps : l’argent donc, concernant l’économie. Payer et encaisser, gérer la circulation de l’argent : toutes les opérations de banque passent par là. Une fonction de base devenant rapidement complexe à l’international (chaque marché a ses spécificités) où, précisément, nous sommes un leader mondial et n°1 européen.

Les enjeux pour la banque et les entreprises ?

Que se passe-t-il si le fournisseur, les salaires ne sont pas payés ?! Fiabilité et sécurité se trouvent au cœur même de ce défi relevé chaque jour des millions de fois. Et puis il y a la qualité des divers services fournis autour des paiements et encaissements : accès aux comptes, gestion de la liquidité et centralisation de trésorerie, digitalisation des processus… La même chose que pour nous, particuliers, en bien plus complexe.

Big Data, API, Blockchain… les nouvelles technologies s’invitent partout ?

Oui, mais lesquelles sont pertinentes pour le trésorier de l’entreprise ? Attention aux concepts marketing : dans une période où tout change continuellement, nous sommes devenus une boussole et jouons un rôle de conseil. Nous ne faisons pas de l’IT pour l’IT mais adoptons une stratégie pragmatique : qu’est-ce qui, parmi ces possibilités émergentes, va nous permettre d’optimiser nos services ou d’en offrir de nouveaux, fiables ? Un exemple : big data et intelligence artificielle associés nous permettent de détecter, parmi des milliards d’opérations, celles qui sont inhabituelles, erronées ou frauduleuses.

Vos rapports avec les FinTech ?

Il n’y a pas d’opposition entre nous et il peut au contraire y avoir des partenariats très fertiles. Par exemple, nous avons noué fin 2019 un partenariat stratégique avec une FrenchTech de Lyon spécialisée dans la lutte contre la fraude. L’idée est de tirer parti de leur agilité & créativité. Aucune FinTech ne maîtrisera jamais toute la chaîne de valeur.

Les hard skills requis du cash manager ?

D’abord, la proximité avec le client, l’écoute. Comment construire avec lui la solution optimale ? Ce qui nous amène à l’innovation/adaptation, au sur-mesure de qualité. Enfin, rien ne se fait sans rigueur ni esprit de continuité car, dans le cash management, nous construisons des relations de confiance de long terme.

Votre moteur au quotidien ?

Être partie prenante d’un réseau dynamique et solidaire. Dans le cash management, on ne fait rien seul, c’est un métier collectif. Alors lorsque vous le pratiquez dans une structure qui vous écoute et vous donne les moyens d’innover, c’est juste parfait.

Ce que vous avez préféré au fil de vos dix ans de parcours ?

Chaque étape, honnêtement. D’abord servir l’Etat, en région, au plus près du terrain, puis approcher le pouvoir au Trésor et en cabinets ministériels, y négociant l’exportation des Rafale ou contribuant à financer l’Accord de Paris. Puis, aujourd’hui, participer au fonctionnement de l’économie réelle en tirant le meilleur parti des nouvelles technologies.

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Les atouts des X pour rejoindre ce secteur 

Le bon sens, tout simplement. Les banques deviennent des SSII, au sein desquelles nous jouons tout à la fois un rôle de commercial et d’ingénieur. Le prérequis étant de comprendre en profondeur pour pouvoir agir avec pertinence.

 

Quelques chiffres clés 

  • 54 pays couverts dans le monde
  • Plusieurs milliards de virements/prélèvements chaque année
  • 40% de pénétration au sein des grandes entreprises en Europe (Greenwich)

 

Contact : nicolas.trimbour@bnpparibas.com