Interview Yann Strebel QIAGEN
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Avec QIAGEN, osez le hors-piste et impactez la science – l’interview de Yann Strebel

Transformer un échantillon biologique en données moléculaires exploitables pour faire progresser la science et améliorer la santé : telle est la mission de QIAGEN, leader mondial du « Sample to Insight » depuis plus de 40 ans. Ses 6 000 collaborateurs accompagnent en effet au quotidien hôpitaux, laboratoires et centres de recherche scientifique du monde entier. Yann Strebel (IAE Grenoble-UGA 02), Head of Commercial Operations North America, nous en dit plus.

C’est quoi la force de QIAGEN ?

Sa force principale est d’être présent dans deux marchés stratégiques, la recherche scientifique et le diagnostic médical. Côté diagnostic, QIAGEN fournit aux hôpitaux et aux laboratoires des tests phares comme ceux de la tuberculose latente mais aussi des panels PCR syndromiques capables d’identifier, en une heure, avec précision une infection respiratoire, gastro-intestinale ou du système nerveux central telle la méningite. Les médecins posent ainsi un diagnostic immédiat pour prescrire d’emblée le bon traitement aux patients. Côté recherche, le groupe fournit des outils de pointe aux laboratoires universitaires et aux entreprises biotech et pharmaceutiques. Il accélère ainsi la découverte de nouveaux traitements, en accompagnant tout le cycle de développement des innovations, de la R&D jusqu’au lit du patient. Par ailleurs, une des plus belles reconnaissances est que de nombreux scientifiques, utilisateurs de produits QIAGEN, ont été récompensé de multiples prix Nobel au fil des années.

Vous intervenez aussi sur le volet de l’identification des personnes ?

Tout à fait. Nous fournissons aux forces de l’ordre, aux laboratoires scientifiques et aux instituts médico-légaux des technologies de pointe pour extraire et séquencer l’ADN. Notre gamme permet d’exploiter avec une précision absolue les indices génétiques, même les plus dégradés.

De Grenoble à Washington, il n’y a qu’un pas. Racontez-nous votre parcours.

Mon fil rouge ? L’international et, surtout, l’impact patient. Après des débuts dans une PME grenobloise, j’ai eu un vrai déclic à Lyon en découvrant le secteur de la santé (en urologie). Cette passion m’a ensuite guidé chez bioMérieux puis Carl Zeiss Meditec, où j’ai consolidé mon expertise à l’échelle mondiale. La clé de ma trajectoire ? Le réseau et les relations solides qui se créent au fil des années. Hormis mon premier poste, chaque étape s’est construite au fil des rencontres et des opportunités. Ce sont ces relations de confiance qui m’ont ouvert les portes de QIAGEN il y a plus de dix ans. J’y ai gravi les échelons, pour aujourd’hui piloter le marché nord-américain : le cœur battant et le plus stratégique du groupe.

Que retenez-vous de votre passage à l’IAE de Grenoble ?

Mon parcours repose sur une double compétence : un profil d’ingénieur à Lyon 1 musclé par une solide expertise en marketing et finance à l’IAE de Montpellier. Mais le véritable tournant s’est joué à l’IAE de Grenoble. Mon Master en management international a été un accélérateur phénoménal. Porté par un corps professoral d’experts de terrain, l’institut m’a propulsé six mois en stage au Brésil. Ce fut la plus belle expérience de mon cursus universitaire : une immersion culturelle et business totale, indispensable pour décoder les codes du grand export. Plus récemment, mon passage à l’IMD est venu fortifier ma fibre de leader, un passage décisif pour passer un nouveau cap !

Parlez-nous de votre expérience outre-Atlantique.

Ici, les hôpitaux et les grands laboratoires privés sont de véritables usines de production biologique. C’est donc notre plus gros marché. Nos forces de vente sont ultra-spécialisées par gammes de produits : elles allient une solide expertise technique à une démarche commerciale de terrain, qui va jusqu’à la formation de nos clients. Piloter la zone Amérique du Nord impose également un rythme incroyable. C’est un écosystème d’une énergie folle, guidé par la rapidité, l’efficacité et la méritocratie.

Le coin RH

Pour nous rejoindre en Amérique du Nord, le VIE est une porte d’entrée intéressante. Le groupe soutient les profils prometteurs. Un parcours combinant la force de l’IAE de Grenoble à un background en biologie, sciences de la vie ou en recherche scientifique constitue, par exemple, le parfait tremplin.

L’industrie française doit-elle oser faire plus de hors-piste ?

La culture du risque est l’ADN du modèle nord-américain. Ici, l’échec n’est pas une faute, mais une étape indispensable pour expérimenter, innover et pivoter plus vite. Cette audace libère totalement les initiatives : les équipes osent davantage, ce qui ouvre la voie à des retours sur investissement exceptionnels. À l’inverse, le modèle français reste souvent normatif, prudent, peut-être freiné par un certain conservatisme. La France gagnerait à s’inspirer de cette agilité.

Contact : vanessa.morrissey@qiagen.com