Grenoble accumule les distinctions. La métropole a été désignée Capitale européenne de l’innovation 2026. Et ça s’explique. Avec 42 laboratoires, 21 plateformes technologiques et fablabs et 2 760 publications scientifiques annuelles, Grenoble INP-UGA s’inscrit pleinement dans cette dynamique… et y participe activement.
Grenoble est bien plus qu’une ville. C’est un écosystème qui revendique 30 000 emplois publics et privés de R&D dans un rayon de 20 km, plus de 750 startups innovantes créées depuis l’an 2000 et 8,5 brevets pour 10 000 habitants. Mais derrière ces chiffres, il y a surtout une logique : former par la recherche, équiper l’innovation, travailler avec les entreprises et faire circuler en permanence les talents et les technologies entre les écoles, les laboratoires et les entreprises, dont les startups.
Un territoire qui concentre toute la chaîne d’innovation
Pour Gaëlle Calvary, vice-présidente Innovation de Grenoble INP-UGA, la singularité du territoire Grenoble Alpes tient à la densité exceptionnelle d’acteurs publics et privés de formation, de recherche et d’innovation : « les montagnes concentrent les forces sur quelques kilomètres carrés et façonnent, par cette proximité géographique, la manière de travailler. Grenoble INP-UGA, à l’origine fondé par et pour les industriels, entretient une relation historique, structurante et structurée avec les entreprises. Cette articulation entre public et privé s’inscrit au cœur du modèle de Grenoble INP-UGA et alimente directement le tissu économique local, des grands groupes aux PME, en passant par les jeunes pousses. Cette contribution au développement des entreprises et des filières industrielles dépasse le territoire, avec un rayonnement à la fois régional, national et international. À Grenoble INP-UGA, l’innovation est un processus systémique qui met en synergie toutes les missions de l’établissement, formation, recherche et innovation et qui mobilise tous ses actifs : Talents & Tech, dont des plateformes d’exception, pour franchir des ruptures scientifiques et technologiques, former les élèves à la pointe de l’état de l’art et leur apprendre à le dépasser pour le progrès de la connaissance, la compétitivité des entreprises et la souveraineté de la France et de l’Europe. »
Plus que des équipements, des leviers d’innovation. Grenoble INP-UGA s’appuie sur une multitude de laboratoires et d’équipements, tous plus performants les uns que les autres. En premier lieu, des plateformes technologiques institutionnelles : CIME NANOTECH (le premier pôle européen dédié aux micro et nanotechnologies), le CMTC, le CREMHyG ou encore S.mart Grenoble Alpes. Mais aussi des plateformes technologiques et équipements scientifiques au sein des composantes de recherche et de formation, tels que : Coriolis, la plus grande plateforme tournante au monde dédiée à la mécanique des fluides, Esynov (plateforme technologique dédiée aux systèmes embarqués et radiofréquence pour la formation, la recherche et le transfert de technologies), PREDIS (centre d’innovation, de formation et d’expérimentation sur l’énergie distribuée), MEE (plateformes Mécanique, Eau et Environnement), PTA (Plateforme technologique amont/salles blanches) et TekLiCell (plateforme technologique pour la bioraffinerie, les biomatériaux, la bioénergie et les nouvelles applications des procédés d’impression). Des unités mixtes de service, comme l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble et Grenoble Alpes Recherche – Infrastructure de CAlcul intensif et de Données (GRICAD), complètent le dispositif. Sans oublier le supercalculateur de nouvelle génération CINAURA-Kraken dont la recherche grenobloise s’est dotée en janvier 2026. Ce nouvel outil de calcul intensif présente une puissance de calcul d’environ huit pétaflops, soit près d’un dixième de celle d’un centre national de calcul intensif. Il est conçu pour accompagner l’explosion des données scientifiques et des usages de l’IA. Installé sur le site du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie (LPSC), ce cluster de calcul marque une étape structurante pour l’écosystème de recherche, porté par l’Université Grenoble Alpes, Grenoble INP-UGA, le CNRS et Inria.
Grenoble INP-UGA, alliance de talents et de technologies
Dans un tel écosystème, Grenoble INP-UGA développe une stratégie partenariale. L’institut d’ingénierie et de management de l’Université Grenoble Alpes se présente comme un grand établissement public d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, moteur de transformation right tech des territoires. Sa particularité ? Cette signature right tech et son double front de développement : Talents & Tech. Promouvoir la bonne technologie, la juste technologie, conçue non pas comme une démonstration de puissance technologique, mais comme une réponse juste, raisonnée, adaptée à un besoin industriel, à un enjeu de société et à un usage bien pensé, fruit d’une méthodologie dirigée par l’impact. Sa force ? Sa capacité à mettre en synergie ses missions d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, là où elles sont souvent juxtaposées, placées dans des portefeuilles disjoints. À Grenoble INP–UGA, « nous travaillons ces missions de manière synergique, en faisant de l’innovation aussi bien par la recherche que par la formation et en formant nos élèves à la recherche et à l’innovation. Ainsi, nos diplômés, futurs interlocuteurs en entreprises, y seront de formidables ambassadeurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation pour l’insertion professionnelle, la formation tout au long de la vie, la recherche partenariale ou encore le transfert de résultats de recherche. »
L’innovation commence dans la gouvernance
À Grenoble INP-UGA, la relation avec les entreprises est portée politiquement, centrale à toutes les missions : elle n’intervient pas juste, de manière ponctuelle, lorsqu’il s’agit de recruter un diplômé, de transférer un brevet ou de signer un contrat de recherche. Elle est, au contraire, construite de manière proactive et commence dès les instances de gouvernance. Un point fondamental de l’organisation de l’institut et de chaque école : ici, les entreprises sont présentes au sein des conseils, ce qui leur confère un rôle dans l’orientation stratégique. « Les relations entreprises résident au cœur de la politique de l’établissement, et ce, à deux niveaux de gouvernance. Tout d’abord, les entreprises sont présentes dans tous nos conseils statutaires, c’est-à-dire au conseil scientifique, au conseil de la formation et de la vie universitaire et au conseil d’administration. Ce sont des lieux d’écoute, de partage, de compréhension mutuelle et d’orientation. Les entreprises siègent aussi au sein des conseils de nos écoles, en lien direct avec les spécialités enseignées. » Cette collaboration est déterminante : les dispositifs mis en place pour accélérer l’innovation sont ainsi vus, discutés et validés par les entreprises elles-mêmes. L’établissement ne se contente donc pas de parler d’innovation avec le monde économique : il construit avec lui des conditions de succès partagées. A un point tel que vient d’être créé un conseil stratégique spécifiquement sur le champ de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
Du laboratoire à l’usage : une politique incitative très structurée
Malgré l’excellence de cet écosystème et l’accompagnement expert des projets, la transformation d’une avancée scientifique ou technique en innovation à impact reste difficile et nécessite un engagement important, pouvant dissuader les enseignants-chercheurs de s’y lancer. Aussi, Grenoble INP-UGA a mis en place une politique incitative pour encourager et reconnaître l’engagement en innovation. Le principe est pensé pour être à la fois incitatif et soutenable : plus le potentiel d’un projet se confirme, plus le chercheur est aidé pour pouvoir se concentrer sur celui-ci, que ce soit par un transfert de propriété intellectuelle direct à une entreprise ou par la création d’une startup.
Premier cran du processus d’aide : l’appui pour l’innovation. Ce dispositif de base se présente sous la forme d’une décharge horaire pour les enseignants-chercheurs. Le concept est le suivant : réduire leurs services d’enseignement, jusqu’à 40 heures de décharge par projet et par phase, pour disposer de plus de temps et les placer ainsi en meilleures conditions de succès.
Deuxième cran : le congé pour l’innovation. À l’instar du CRCT en recherche (Congé pour Recherches ou Reconversions Thématiques), les enseignants-chercheurs disposent alors de six mois pour se concentrer exclusivement à leur projet d’innovation.
Enfin, troisième cran d’incitation : la délégation pour l’innovation. Par transposition des délégations auprès d’organismes de recherche comme le CEA, le CNRS ou Inria, ce dispositif permet à l’enseignant-chercheur de basculer dans l’entreprise pour accomplir sa valorisation de la recherche, c’est-à-dire accompagner l’intégration des résultats de recherche par l’entreprise pour en réussir l’exploitation commerciale, l’entreprise pouvant être une startup. « Ces politiques incitatives ont été conçues crescendo pour permettre à l’enseignant-chercheur, au fur et à mesure que la pertinence de son projet d’innovation se confirme, de se concentrer davantage à son projet. »
Former des ingénieurs et des managers capables d’innovation
Une autre force de la politique d’innovation tient au fait qu’elle ne s’arrête pas aux enseignants-chercheurs. Grenoble INP-UGA développe aussi la formation de ses étudiants à l’innovation. « Nous avons, en parallèle, créé un ensemble de programmes complémentaires pour former nos étudiants à l’innovation. Parmi lesquels, depuis deux ans, en partenariat avec l’INPI, une formation certifiante systématique à la propriété intellectuelle pour tous nos élèves ingénieurs-managers de deuxième année, soit environ 1 600 étudiants par an. Pour les entreprises, cette nouveauté offre la garantie que tout diplômé de Grenoble INP-UGA maîtrise les concepts de savoir-faire, de marque, de brevet, etc. et surtout, qu’il est sensible à la valeur des résultats. Soit un avantage concurrentiel majeur pour l’entreprise, aussi par leur capacité à décrypter les avancées et les stratégies des concurrents. » Des vidéos pédagogiques décryptant des objets du quotidien, comme des chaussures de ski ou un masque de plongée, sont disponibles en appui pour illustrer la construction par les entreprises de leur protection. En troisième année, un autre programme prolonge cette logique : PRIME, pour Projet de recherche ingénieur·es managers en entreprise, conçu comme tremplin pour l’innovation. Son principe : ajouter une dimension recherche au stage de fin d’études en entreprise lorsque le sujet s’y prête bien sûr, avec alors un encadrement scientifique par un enseignant-chercheur en plus du tuteur pédagogique. « Ce stage de recherche pourrait dès lors être saisi comme l’opportunité d’une préparation à une éventuelle thèse. En six mois, l’association entre le sujet de recherche, l’entreprise, le laboratoire et l’étudiant est ainsi sécurisée, ce qui place toutes les parties prenantes dans des conditions propices au succès. » Pour une plus forte masse critique, PRIME peut même mobiliser plusieurs élèves, y compris inter-écoles, permettant ainsi aux entreprises de traiter des sujets aux interfaces, comme la santé numérique par exemple, nécessitant d’allier des compétences de plusieurs disciplines. Autre dispositif à venir : l’établissement travaille aujourd’hui la création d’un diplôme d’établissement en innovation & sciences, innovation right tech bien entendu et innovation sous toutes ses formes dont l’entrepreneuriat, pour professionnaliser la formation à l’innovation et valoriser les compétences complémentaires acquises pendant la scolarité dans et hors les murs, y compris dans des parcours internationaux.
InoPulse, un incubateur right tech pour les projets étudiants. Grenoble INP -UGA a également fondé son incubateur étudiant, InoPulse, ouvert à ses élèves et, plus largement, à tout étudiant et, plus tard, salarié désireux de développer des projets entrepreneuriaux. Sa vocation : accompagner les porteurs et viser le meilleur impact de leurs projets en raisonnant la technologie et en les connectant aux bons laboratoires lorsque c’est pertinent. « Toujours pareil, l’idée n’est pas de faire de la techno pour de la techno, mais d’apporter, en contexte, la meilleure proposition de valeur : le juste dosage et le juste usage de la technologie par l’application d’une méthodologie. » Deuxième caractéristique de l’incubateur : savoir renforcer un projet par de la recherche académique lorsque ça s’y prête. « Nos étudiants ont des idées brillantes et sont talentueux, mais ils ne connaissent pas forcément tous les laboratoires. Notre rôle est aussi de mobiliser nos réseaux et de les connecter au laboratoire qui permettra au projet d’apporter un maximum de valeur. » Ici encore, l’innovation est traitée comme un processus : transformer, par la bonne équipe, la bonne idée et la bonne technologie, vers le bon marché au bon moment.
Une innovation plus ouverte, plus longitudinale, plus sociétale
Toutefois, l’innovation ne doit pas être pensée uniquement comme un moment de rencontre entre une idée et son marché. Elle doit être envisagée longitudinalement dans un double processus de Talents&Tech, depuis l’amont de l’intégration des étudiants dans les écoles jusqu’à l’aval, en tant que diplômé, salarié, créateur ou repreneur d’entreprises, avec une ouverture sur la société civile. « Nos élèves ont un vécu avant de rejoindre nos écoles et en auront un après, avec l’éclairage de nouvelles trajectoires. Ils pourront continuer en thèse, devenir enseignant-chercheur, rejoindre, reprendre ou créer une entreprise, et collaborer avec nous par le recrutement, la formation ou l’innovation. Il est stratégique de leur faire connaître l’établissement, mesurer sa puissance plurielle et contribuer à son développement. Nos élèves sont les actifs de demain. Nous les formons aux compétences d’avenir et constituons les viviers sur les filières industrielles actuelles et à venir. Une vive attention notamment à l’attractivité de nos métiers auprès des femmes pour garantir le futur équilibre des genres en entreprise. » Plus largement, une diversité que l’établissement travaille en œuvrant notamment auprès de la société civile qu’il souhaite d’ailleurs impliquer de manière plus précoce et participative dans le processus d’innovation. Toutes ces nouveautés de positionnement et de dispositifs seront au cœur du conseil stratégique en innovation et entrepreneuriat pour un œil expert externe déterminant dans une démarche de partage, de progrès et d’impact.