Nommé directeur de Grenoble INP – Esisar, UGA en janvier 2026, Emmanuel Perrin nous présente ses premiers chantiers de transformation et sa stratégie pour bâtir l’école du futur.
À quoi ressemble Grenoble INP-Esisar, UGA version 2026 – 2027 ?
Grenoble INP-Esisar, UGA est et reste avant tout une école d’électronique reconnue en tant que telle. Notre première compétence consiste à former des ingénieurs électroniciens capables de concevoir des systèmes et des agents électroniques. Notre deuxième caractéristique repose sur notre capacité à intégrer des systèmes intelligents couvrant tous les aspects de la sécurité : logiciels, matériels et humains. Résultat, nos diplômés sont capables d’apporter à l’entreprise une vision technique systémique, d’intégrer les différentes contraintes, puis de conduire des projets ambitieux en cybersécurité, sans oublier aucune facette.
Et vos principales forces ?
Nous évoluons au centre d’un écosystème intéressant pour les entreprises, mêlant enseignement, recherche et transfert de technologie, dans ce double domaine des systèmes électroniques, embarqués ou non, intelligents et sécurisés. Second point fort : notre capacité à nous projeter à l’international sans nous dissocier du territoire valentinois, à l’image du concours européen étudiant de cybersécurité CSAW organisé à l’école, ou du partenariat avec Google. Nous entretenons une relation forte avec nos partenaires internationaux et locaux, tout en menant de front notre mission de service public. Très peu d’écoles proposent ce microclimat : production de connaissances, transfert vers l’entreprise et vers l’étudiant, à la fois par la voie classique et en alternance.
Et d’un point de vue pédagogique ?
Nos méthodes pédagogiques innovantes font la réputation de l’école depuis des années. En 4e année notamment, nous avons la possibilité, au sein même de l’école, de mettre les étudiants, durant tout un semestre, en situation de projet industriel, à la fois en termes de gestion de projet, et d’activités scientifiques et techniques. Nous simulons une entreprise dans une ambiance de type Living Lab et donnons aux élèves les outils nécessaires pour générer de l’innovation. En parallèle, l’IA va modifier les approches pédagogiques. Notre principal enjeu dans les années à venir est de savoir comment utiliser l’IA générative pour accélérer et améliorer le travail de l’ingénieur. Les entreprises, comme les écoles d’ingénieurs, devront former les étudiants à utiliser cette technologie au quotidien dans leur activité professionnelle afin d’en améliorer la fiabilité et de gagner en compétitivité.
Quel message souhaitez-vous transmettre ?
Soyez fiers et humbles ! C’est la caractéristique de tout élève-ingénieur et diplômé de l’Esisar de savoir combiner humilité face aux projets et approche réflexive par rapport à son savoir-faire, tout en étant fier de ses compétences techniques. Mon second message s’adresse aux jeunes diplômés : restez en contact avec l’école ! Une école est d’abord la propriété de ses étudiants et de ses diplômés. Les alumni sont coresponsables du développement de l’école, de sa dynamique et de sa projection à l’international. Un de mes adjoints est lui-même diplômé de l’école. Donc revenez parmi nous.
Grenoble INP-Esisar, UGA du futur : cap sur 2031
En 2031, Emmanuel Perrin terminera son mandat de direction. D’ici là, l’école se sera façonnée au regard de trois volets essentiels. Le premier concerne la pédagogie qui formera les ingénieurs de demain. Le second repose sur le croisement sur lequel l’école se situe aujourd’hui : elle a atteint une taille critique, ce qui implique une mutation interne, en vue de tendre vers la notion d’établissement de taille intermédiaire centré sur l’humain. Une approche humaine qui dessine le troisième axe de travail : celui d’une école où il fait bon vivre et travailler, qui attire à la fois les talents, le personnel compétent et les partenaires efficaces. Transformer une école, c’est aussi une façon de piloter les projets et d’organiser la structure !