L’image de l’assureur croulant sous ses dossiers papier est belle et bien d’un autre temps ! Face aux nouveaux enjeux de la profession (maîtrise du risque, optimisation de l’allocation du capital, développement d’une relation client solide et durable, digitalisation, …), les métiers et les compétences évoluent. Tour d’horizon.

 

Selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FSSA), le secteur emploie plus de 210 000 personnes en France. Et même si les recrutements sont moins nombreux qu’entre 2000 et 2010, durant les fameuses «les dix glorieuses» de l’assurance, le secteur continue de recruter, afin de répondre aux nombreuses mutations qu’il traverse ou va traverser.

UN NOUVEAU MODÈLE ÉCONOMIQUE

Si le marasme économique a bien sûr affecté le secteur, cela l’a été dans une moindre mesure comparé à d’autres, comme la banque ou la finance. La concurrence reste forte, les départs à la retraite nombreux. Surtout de profondes mutations commencent à agiter l’assurance : hausse du consumérisme et digitalisation ! « Les nouveaux usages et les nouvelles attentes des consommateurs (économie collaborative, crowdfunding, assurance en ligne, offre sur mesure, …) nous obligent à nous réinventer », confirme Norbert Girard, secrétaire général de l’Observatoire de l’Évolution des Métiers de l’Assurance. L’évolution de la législation aussi. Les récentes lois (Hamon 2014, …) et accords poussent les compagnies à optimiser la gestion commerciale et à accroitre la fidélisation des clients, avec également deux nouveaux enjeux : la sécurisation des données et la transparence.

COMPLEXIFICATION ET ORIENTATION «CLIENT» DES MÉTIERS ET COMPÉTENCES

De fait, si le modèle économique change, les métiers aussi. « Si les commerciaux et les gestionnaires constituent toujours le plus gros des bataillons en matière de recrutement, leurs profils évoluent tout comme la façon d’exercer leurs métiers, observe Norbert Girard. Les frontières entrent les deux sont de plus en plus floues ». Ainsi la gestion des sinistres, qui s’est longtemps limitée à l’indemnisation financière des assurés, évolue vers une approche plus commerciale : après un sinistre, le gestionnaire peut proposer des services mieux adaptés aux besoins de l’assuré. Suivant cette logique de service client, la double compétence technique et commerciale est donc de plus en plus prisée. A l’inverse, les commerciaux sont de moins en moins sur le terrain et prennent en charge une partie administrative plus conséquente afin de consolider les ventes. Ces évolutions font aussi migrer les marketeurs dans un rôle accru de pilotage et d’animation de projet. Globalement, l’expertise augmente. Le niveau de diplôme des nouveaux entrants continue de croître. Selon le rapport 2014 de la Fédération française des sociétés d’assurances, plus de 75 % des personnes nouvellement recrutées par les sociétés d’assurances étaient titulaires d’un diplôme de niveau Bac + 2. Et 25 % sont désormais au moins titulaires d’un Bac + 5 à leur embauche. Ces dernières années, leur nombre est d’ailleurs en constante hausse. Néanmoins, « même si l’expertise augmente, si les exigences techniques sont toujours fortes, l’assurance aujourd’hui ne gère plus seulement des contrats, elle gère des clients, précise le secrétaire général de l’OEMA. Cette nouvelle logique d’approche suppose donc également des compétences comportementales (accueil, conseil, …) ». A plus long terme, c’est le monde de l’assurance et ses fondements qui vont devoir évoluer. Selon Norbert Girard, « pour le secteur, l’enjeu de demain, est de passer d’une logique événementielle à une logique prédictive, davantage axée sur la prévention et l’accompagnement au quotidien de l’assuré ». Cette approche plus globale du bienêtre du client suppose un repositionnement du métier d’assureur au niveau générique… Presque une révolution !

A SAVOIR

• 25 % des embauches sont des diplômés Bac +5 • « L’enjeu de demain est de passer d’une logique événementielle à une logique prédictive » • La double compétence technique et commerciale est de plus en plus prisée

 

CD