EN MATIÈRE D’INCLUSION ACCOMPAGNÉE, D’ACCUEIL ET D’INSERTION PROFESSIONNELLE, LA SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉE DES HANDICAPÉS ET DE LA LUTTE CONTRE L’EXCLUSION, CONTINUE DE MENER UNE POLITIQUE DYNAMIQUE EN OUVRANT DE NOUVELLES PERSPECTIVES POUR L’ANNÉE EN COURS.

Pouvez-vous nous préciser ce que recouvre la notion d’inclusion accompagnée que vous défendez devant les instances internationales ?

La notion d’« inclusion accompagnée » tire son origine de la Convention des Nations- Unies relative aux droits des personnes handicapées. La France l’a ratifiée en 2010 et s’est engagée, ce faisant, à l’appliquer de façon progressive. L’inclusion accompagnée consiste à rompre avec cette vision compassionnelle du handicap, qui a conduit historiquement les pouvoirs publics à traiter les personnes concernées à part. Le nouveau principe, tout au contraire, incite à prendre en compte les personnes handicapées dans les politiques publiques de droit commun, tout en prévoyant bien évidemment les aménagements nécessaires, les adaptations et les services qui vont permettre aux personnes handicapées de vivre comme tout autre citoyen.

Concrètement, comment ce principe s’applique-t-il ?

Je vais prendre comme exemple le domaine de l’éducation. La prise en compte du principe d’inclusion accompagnée a conduit le Gouvernement à externaliser dans les écoles dites ordinaires un nombre croissant d’unités d’enseignement pour élèves handicapés. Ces unités étaient auparavant placées dans les établissements médico-sociaux. En parallèle, nous avons amorcé une sorte de révolution au regard de la culture de notre pays, puisque les professionnels du secteur médico-social sont, depuis la rentrée 2015, amenés aux-aussi à pénétrer l’enceinte des écoles ordinaires. Ils viennent y soutenir, dans leur parcours scolaire, les élèves en situation de handicap nouvellement accueillis.

Comment pouvez-vous améliorer l’intégration des étudiants handicapés dans l’enseignement supérieur et leur insertion professionnelle ?

L’une des conditions pour permettre un meilleur de la société sur le handicap. En dix ans, les pouvoirs publics ont plus que doublé le nombre d’enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, avec leurs camarades valides. Tous ces jeunes, futurs étudiants et adultes actifs, n’auront pas les préjugés qui persistent aujourd’hui : ceux qui sont valides considèreront comme une évidence le fait que les personnes handicapées ont des compétences ; ceux qui sont en situation de handicap seront plus confiants quant à leurs propres capacités et à leurs chances. C’est pour cela que nous continuons à ouvrir les écoles aux enfants handicapés. Bien sûr, d’autres mesures existent. Je tenais à mettre l’accent sur l’évolution de la société quant à sa perception du handicap et sur le rôle de la jeunesse.

Le budget consacré par l’État à la politique du handicap en 2016 étant stable, pensez-vous pouvoir réaliser de nouvelles avancées en faveur des personnes handicapées et quelles sont-elles ?

Tout d’abord, les dépenses publiques consacrées au handicap continuent de progresser et les engagements de l’Etat sont maintenus et renforcés et ce malgré un contexte financier contraint.
Nous continuons par exemple à créer des services d’accompagnement, des places en établissement quand c’est nécessaire. Il existe plus de 490 000 places, tout confondu, en France et il s’en crée environ 4 000 par an. Il y a aussi l’ensemble des prestations financières qui viennent en aide aux personnes (allocations enfants et adultes handicapés, prestation de compensation du handicap). Au total, la dépense nationale en faveur du handicap représente plus de 40 Mrds d’euros. Mais vous avez raison d’insister sur le fait qu’il est nécessaire d’avancer dans le sens d’une inclusion effective et d’une participation sociale plus importante des personnes handicapées. Les orientations fixées par le Président de la République lors de la Conférence nationale du handicap en décembre 2014 sont claires à ce sujet. Créer des places en établissements et services, c’est bien et nous le faisons. Mais il faut aussi changer les pratiques, faire évoluer les réponses concrètes proposées aux enfants et adultes handicapés à l’école, dans l’emploi, pour accéder à un logement, pour l’accessibilité des lieux recevant du public…

Quelques exemples concrets allant tous dans le sens de l’inclusion

• Nous travaillons sur le développement de l’habitat avec services pour les personnes handicapées. Il s’agit de faire en sorte que les personnes aient un chez soi avec les aides humaines nécessaires. Il existe des expériences en France, des pionniers. Et nous travaillons à ce que cela puisse se généraliser partout en France.

• Je souhaite également développer l’accès et le maintien dans l’emploi ordinaire ce qui suppose là aussi de faire du sur mesure en préparant l’entreprise et en accompagnant les personnes. Cela s’appelle l’emploi accompagné. C’est aussi une priorité pour 2016.

• Dernier exemple, il y a de nombreuses innovations techniques, numériques mais aussi de services qui se développent en France dans le domaine du handicap. Ces innovations apportent la preuve que le handicap constitue aussi un potentiel social et économique pour notre pays. L’un des objectifs pour 2016 c’est donc aussi de soutenir ces innovations et d’évaluer leur impact social. Des avancées concrètes seront faites d’ici fin 2016 pour valoriser et soutenir financièrement les entreprises, les associations qui portent ces innovations.

 

Patrick Simon