Sésame vers l’emploi, antre des élites, vivier pour les recruteurs… Comment les Français voient-ils vraiment les grandes écoles ? Le point avec les résultats de la dernière enquête de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) révélés les 3 & 4 octobre derniers à l’occasion de son congrès annuel.

 

Les études supérieures ça sert à quoi ? Pour les Français, elles doivent avant tout répondre à un double objectif : une meilleure insertion professionnelle et un réel épanouissement personnel. Du côté des étudiants, elles servent surtout à mieux se projeter dans leur trajectoire. S’ils savent qu’elles leur permettent d’entrer plus vite et mieux dans la sphère professionnelle, ils restent dans un mood step by step. Résolument ouverts aux opportunités, ils expriment une loyauté modérée vis-à-vis de leur employeur. Sincère, leur engagement est aussi éphémère ! Mais alors, comment fidéliser ses talents quand on est une entreprise ? D’abord, en ouvrant des perspectives dès la phase de recrutement. Ensuite, en s’imposant comme une entité formatrice permettant à ses collaborateurs d’acquérir de nouvelles compétences. Objectif : les projeter déjà dans le coup d’après !

What did you expect ?

Les Millennials cherchent un travail et un environnement inspirants. Rien de nouveau sous le soleil vous dites-vous ? Ils souhaitent être drivés par un management moderne (adieu la verticalité, bonjour le manager coach) et évoluer dans un environnement souple faisant la part belle à l’autonomie et la QVT (équilibre vie pro – vie perso, home-office…). Et surtout, ils sont en quête de sens ! Qu’on se le dise, l’heure est à l’utilité sociale, plus au bullshit job. De fait, le cadre de travail et la construction de parcours professionnels sont désormais prioritaires pour les employeurs.

La recette pour recruter dans un monde en pleine mutation ?

Des employeurs qui cherchent des profils de plus en plus adaptables pour répondre à leurs enjeux stratégiques d’aujourd’hui… et de demain. Atout maitre pour cela : les fameuses soft skills. Personnalité, centres d’intérêt, activités annexes… Le savoir-faire ne suffit plus, le savoir-être des candidats est aussi entièrement passé au crible. Sur les 3 premières marches du podium : autonomie, sens du collectif et détermination. Ça vous parle ?

We want you !

Le diplôme n’arrive d’ailleurs plus qu’en 4e position des critères des recruteurs, largement devancé par le savoir-être, la personnalité et l’expérience. La singularité de chacun voilà ce qui compte aujourd’hui ! Un changement de paradigme qui implique de repenser les approches de recrutement. La méthode classique, c’est over ! Aujourd’hui, on n’attend plus de recevoir un CV, on va à la rencontre des candidats. Des candidats qu’on met tout de suite en situation pour repérer leurs aptitudes. Entretien groupé, serious game, questionnaire de personnalité : tout est bon pour mieux les cerner.

Quelle place pour les diplômé·e·s des grandes écoles ?

Un repère ! Dans cet environnement en pleine mutation, voilà ce que représentent les grandes écoles pour les recruteurs. Elles incarnent en effet un système de valeurs positif où se mêlent, entre autres, sérieux, puissance d’analyse, grande capacité d’apprentissage et autonomie. Une bonne image auprès des recruteurs, mais aussi du grand public. Le caractère sélectif de la formation restant en effet un gage de qualité aux yeux de tous (81 % du côté entreprise, 70 % du côté grand public).

Grandes écoles, on croit en vous !

Les grandes écoles arrivent ainsi en tête des formations qui inspirent le plus confiance pour obtenir un emploi. Loin devant les BTS, les universités, les IUT et les formations à l’étranger ? Les arguments les plus convaincants en leur faveur ? La possibilité de se créer un réseau professionnel, de travailler plus facilement à l’étranger et de trouver un CDI. Elles s’imposent aussi comme une des meilleures voies pour préparer aux métiers d’avenir.

Même si des concurrents émergent, à l’image de la disruptive Ecole 42. Car des voix s’élèvent, se demandant si les grandes écoles sont vraiment capables de s’adapter aux nouvelles tendances du marché de l’emploi. Nouveaux contenus, passerelles, doubles diplômes sont autant d’outils qu’elles devront développer pour faire émerger les profils hybrides dont ont et auront besoin les entreprises. A suivre…

Source infographies : Congrès 2019 de la Conférence des Grandes Ecoles – Présentation des résultats d’études CGE – Ipsos 03/10/2019