Le développement des nouvelles technologies du numérique apportent des solutions techniques, permettant de répondre à des usages ou à des problématiques nouvelles. Dans ce contexte, mettre cette ingéniosité au service du handicap est apparu comme une évidence. On voit ainsi émerger sur le marché des solutions techniques portées par des entreprises, des associations, des écoles d’informatique et d’ingénieurs ou encore des chercheurs.

 

De nombreuses startups se sont donc développées autour de cette problématique. Leka est une startup qui développe un robot permettant de faciliter les interactions sociales entre les enfants autistes. L’idée étant de stimuler l’enfant par le jeu afin de l’aider à progresser. RogerVoice est une application, permettant aux personnes sourdes de téléphoner. Il s’agit ni plus ni moins d’une application de VoIP, à l’instar de Skype, mais qui retranscrit instantanément les sons en texte. http://www.rogervoice.com/

Capture d’écran 2016-06-14 à 09.39.59Le logiciel ACAT (Assistive Context-Aware Toolkit), quant à lui, vient de passer dans le monde du libre et peut donc être téléchargé. Ce logiciel est développé par Intel Labs et est utilisé par le célèbre scientifique Stephen Hawking, atteint de paraplégie. Le logiciel permet de communiquer via un synthétiseur vocal et un système de prédiction des mots. Il permet également de naviguer sur internet ou encore de consulter ses e-mails.

LES JEUNES INGÉNIEURS AU SERVICE DU HANDICAP

Les startups, les chercheurs et les grandes entreprises ne sont pas les seuls à innover sur la question. Parmi les actions menées pour faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap, on trouve des initiatives plus modestes destinées à développer des projets avec des moyens financiers et techniques accessibles à tous. Le projet FabLab de Rennes, par exemple, consiste à fabriquer un bras synthétique afin de tenir des objets et ainsi remplacer l’avant bras ou la main manquante. Ces projets sont réalisables en achetant du matériel peu onéreux, la main étant pour la plus grande partie, imprimée via une imprimante 3D. Il s’agit d’une alternative non négligeable lorsque l’on sait que les prothèses professionnelles actuellement sur le marché peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros. La plupart du temps, ces projets sont open hardware, c’est à dire que les plans d’impressions 3D et les manuels de fabrication sont disponibles gratuitement sur internet. On retrouve, en effet, beaucoup de communautés « Maker » rendant disponible gratuitement sur internet les plans des objets qu’ils ont imaginés. Ce type de projet naît souvent de petites associations avec des profils variés, des curieux qui mettent en commun leurs compétences. On retrouve également beaucoup d’étudiants désireux de partager ce qu’ils ont appris.

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LE DÉFI H

Une grande entreprise de services du numérique organise chaque année un concours autour de la problématique du handicap, le Défi H. Les groupes d’étudiants doivent donc soumettre une idée de projet, et auront 5 mois pour la mettre en oeuvre, s’ils sont retenus par le premier jury. Beaucoup d’écoles sont partenaires du Défi H et les idées sont d’autant plus variées qu’il y a de compétences et de profils différents. Certains étudiants de L’ETNA, l’école des technologies numériques avancées, y ont participé et ont donné naissance à des projets très pertinents :
– HIPS : Le projet HIPS, porté par des premières années de l’ETNA, consistait en la réalisation d’un boitier connecté, à placer sur des places de parking handicapé, ainsi qu’une application. L’objet connecté permet ainsi de déterminer la disponibilité des places, et le cas échéant les places les plus proches non occupées. Le boitier, imprimé via une imprimante 3D et contenant un Raspberry pi muni de capteurs soniques communiquent alors avec un serveur, mettant les données à jour pour les retranscrire sur l’application smartphone. Plusieurs mairies ont accepté de jouer le jeu et ont permis de réaliser des tests qui se sont avérés concluants. Le prix du prototype n’excède pas une centaine d’euros et le groupe composé de Sofiane Abdelfettah, Adrien Alexandre, Erwan Boehm, Steven Boehm, Gracia Charles et Bastien Chevallier (ETNA promo 2019), à gagner le prix jeune pousse du défi H 2015.

– Orthofunny : Le projet Orthofunny, gagnant du défi H 2015, a été réalisé par des étudiants de l’ETNA en dernière année. Florent Chamault, Mathieu Chamois, Pierre Dorisca, Sami Larech et Vijai Subramaniam (ETNA promo 2015) ont donc travaillé sur une application proposant aux orthophonistes de s’appuyer sur une plateforme en ligne pour mieux suivre leurs patients. Les orthophonistes peuvent ainsi leur préparer des exercices qu’ils devront réaliser par le biais de la plateforme. Cela permet un suivi plus régulier puisqu’il peut y avoir beaucoup d’attente entre deux rendez-vous. Cette idée a été développée en partenariat avec des professionnels du secteur qui ont pu réellement expliquer leurs besoins.

Voici des exemples de projets qui montrent que le développement de solutions innovantes autour du handicap est une réalité et que tous, des étudiants aux ingénieurs, y sont sensibles. De plus en plus de solutions continuent d’émerger et trouvent et trouveront du financement et une clientèle dans les années à venir transformant ainsi des projets de fin d’études en entreprise de demain.

Par Robin Le Querec,
Directeur pédagogique Prep’ETNA
robin.lequerec@etna-learning.fr