Interview Stéphanie Cervetti BPCE Infogérance & Technologies
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Vous avez moins de 30 ans ? BPCE Infogérance & Technologies vous attend pour créer les SI du futur ! – L’interview de Stéphanie Cervetti

Cybersécurité, cloud interne, data centers, intelligence artificielle : ça vous parle ? Alors, rejoignez l’aventure technologique et humaine de BPCE Infogérance & Technologies . Stéphanie Cervetti (Télécom SudParis 95), sa Directrice Générale, revient sur les enjeux clés de l’IT bancaire, l’impact de l’IA et les profils qui construiront la banque de demain.

BPCE Infogérance & Technologies a un rôle central au cœur du système BPCE. Oui mais lequel ?

Interview Stéphanie Cervetti BPCE Infogérance & Technologies
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Le Groupe BPCE compte 12 000 collaborateurs qui travaillent dans l’informatique, répartis dans différentes entités, et BPCE Infogérance & Technologies supervise toute la production informatique du groupe. Nous opérons les data centers, les infrastructures, la cybersécurité, le poste de travail et la production applicative. Nous faisons en sorte que des milliers d’applications fonctionnent au quotidien pour l’ensemble des clients et des collaborateurs du groupe.

Quels défis façonnent votre rôle de dirigeante IT ?

Le premier défi, c’est la continuité. Dans la banque, le système d’information ne peut jamais s’arrêter. Nous devons garantir un service continu, 24h/24 7j/7, tout en faisant évoluer en permanence nos infrastructures. C’est un équilibre complexe entre exploitation et transformation. Le second défi est la pérennité. Il ne s’agit pas seulement de faire fonctionner le SI aujourd’hui, mais d’anticiper et de s’assurer qu’il sera toujours performant demain. Cela suppose de rester à l’état de l’art technologique, d’investir dans les bonnes architectures et de disposer d’experts capables d’accompagner ces évolutions sur le long terme. Bien sûr, le défi de la sécurité et de la souveraineté des données est central dans un groupe bancaire.

Pourquoi avoir fait le choix de data centers en propre et d’un cloud interne ?

Dans la banque, les données de compte, de paiement ou d’épargne sont directement liées à l’argent des clients. Les perdre ou les exposer est inenvisageable. Nous avons fait le choix de construire et d’opérer nos propres data centers dans lesquels nous hébergeons nos applications sur des plateformes de cloud interne. Cela nous permet de maîtriser totalement nos infrastructures, notre sécurité et notre résilience. Tous nos data centers sont redondés. Si l’un dysfonctionne, un autre est capable de reprendre immédiatement la charge. Une application – comme par exemple l’application de votre banque en ligne – est installée sur plusieurs data centers. En cas d’incident, le service continue à fonctionner sans impact pour le client.

La cybersécurité est un enjeu majeur. Comment faites-vous face à l’augmentation des menaces ?

La menace augmente en permanence, en volume comme en sophistication. Nous avons donc fortement renforcé nos équipes et nos investissements. Ils sont désormais 400 experts dédiés à cette thématique. C’est l’un des domaines où les effectifs ont le plus progressé. Nous disposons notamment d’un Security Operation Center et d’équipes qui surveillent en continu les alertes et déclenchent les réponses adaptées. Nous investissons dans la protection, la détection et la capacité de réaction. Sans ces dispositifs, il serait impossible de sécuriser un système d’information de cette taille.

En quoi l’IA transforme-t-elle vos usages et vos métiers ?

C’est avant tout un outil d’automatisation avancée. Elle nous aide à trois niveaux : détecter, assister et, à terme, opérer. En cybersécurité l’IA est plus efficace que l’humain pour détecter des signaux faibles dans des volumes massifs de données. Elle assiste ensuite nos experts en leur fournissant des analyses plus rapides et plus complètes. Mais aujourd’hui, elle ne remplace personne. En revanche, sans elle, nous serions incapables de traiter l’ensemble des données de nos systèmes. Elle diminue la complexité et absorbe les volumes supplémentaires.

Diriger un acteur clé de l’IT bancaire, est-ce aussi un défi humain ?

C’est même indissociable. Nous devons nous transformer en permanence : améliorer notre performance collective, automatiser, adopter des méthodes agiles, intégrer l’IA. Cela implique de faire évoluer nos façons de travailler et d’accompagner nos équipes dans ces transformations. Mon rôle est de donner une vision, fixer des axes stratégiques et de m’assurer que les équipes sont alignées. Nous avons une organisation structurée avec un comité de direction et des leaders de domaines techniques. Au total, plus de 3 000 personnes contribuent directement à la production IT sous ma responsabilité.

Quelles opportunités offrez-vous aux jeunes ingénieurs ?

Nous recrutons des jeunes en cybersécurité, cloud, réseau, système et IA. Nous misons sur les moins de 30 ans, bien formés aux technologies actuelles. Cette année, nous en avons embauché soixante-quinze. Nous favorisons les stages de fin d’études et l’alternance. Dès leur arrivée, ils participent à des projets technologiques concrets : évolution des plateformes de cloud interne, déploiement de solutions de sécurité, projets d’intelligence artificielle, ou contribuent à des projets de développement de services bancaires. Nous cherchons des gens autonomes, force de proposition et créatifs. Chez nous, ils progressent à la fois sur le plan des compétences et de leur employabilité. L’intérêt d’un grand groupe réside aussi dans les opportunités de mobilités entre les différents métiers de l’informatique et partout en France. On peut commencer à l’infrastructure, avant d’évoluer vers la sécurité ou à la production, au sein de la filière IT du groupe ou dans les autres entités comme BPCE Soutions Informatiques (axée sur les métiers du développement). Au-delà des compétences techniques, nous cherchons un état d’esprit : la curiosité, l’envie d’apprendre et de travailler en collectif. L’expertise n’a de valeur que si elle est partagée.

Parlez-nous de votre engagement pour le leadership de femmes.

Être une femme dans les métiers de la technologie n’a jamais été un obstacle pour moi, au contraire être une femme dans un secteur où elles sont peu nombreuses est une opportunité. Mais je suis engagée au sein du réseau les Essenti’elles du Groupe BPCE où je fais du mentorat. Chez BPCE IT aussi c’est un enjeu et cette année, nous avons embauché 27 % de femmes. C’est un bon score pour nos métiers et sachant leur représentation dans les écoles d’ingénieurs. Notre objectif ? Atteindre d’ici deux ans une représentation de femmes leaders proportionnelle à leur présence dans l’entreprise, soit 21 %.

Vos conseils à un jeune qui hésite entre startup et grand groupe ?

Choisissez ce qui vous motive vraiment ! Un grand groupe comme le nôtre offre des moyens importants, tout en fonctionnant dans certains domaines comme un écosystème de petites startups internes. Ainsi nous avons des labs, pour expérimenter, nous organisons des hackathons pour créer, des suscitons des initiatives IA portées directement par les collaborateurs. On peut innover, et transformer, avec un impact immédiat et à grande échelle. Pour un ingénieur passionné de technologie, c’est un terrain de jeu exceptionnel. Nous sommes en transformation permanente et nous avons donc besoin de leaders pour emmener perpétuellement des équipes vers la nouveauté. Alors, rejoignez-nous !

L’IA n’est plus un outil mais un nouvel acteur de l’entreprise. Vous êtes prêt à négocier avec elle ? C’est avant tout un acteur qui nous assiste. On parle, d’ailleurs d’employés augmentés. Nous ne sommes pas encore dans une logique de négociation avec l’IA, ni dans le pilotage d’une armée d’agents autonomes. En revanche, nous travaillons déjà en collaboration étroite avec ces outils qui nous aident à détecter, analyser, et opérer plus efficacement.

Télécom SudParis

L’école fait très bien son job de double formation : on y acquiert un socle technique solide en cybersécurité, en réseau, en data et en IA, mais on y réalise aussi de nombreux projets concrets qui développent le travail en équipe, la capacité à décider collectivement et le leadership. Autant de compétences qui préparent au monde de l’entreprise. Un jeune diplômé recruté est opérationnel très rapidement. Il a les bases, la posture et les bons réflexes pour s’intégrer immédiatement dans notre écosystème.

Contact : stephanie.cervetti@bpce-it.fr